Les coups de cœur 2019 de Sylvain Raymond - Chroniques

Opinion

Les coups de cœur 2019 de Sylvain Raymond

Notre journaliste Sylvain présente ses véhicules coup de cœur de l’année 2019.

30 décembre 2019

Pixabay

« Et puis Sylvain, quels véhicules intéressants as-tu conduits cette année? » ou bien « Quel véhicule t’a le plus impressionné cette année? » Voilà des questions qui reviennent en boucle en fin d’année et plus les années passent, plus la réponse est complexe. Après 18 ans dans le métier, le temps fait son effet et si à mes débuts une simple Ford Focus SVT ou Lexus IS 300 suffisait à m’empêcher de dormir, il en faut bien plus de nos jours pour susciter le même effet, et ce, même si l’on doit constamment se rappeler la chance que l’on a de prendre le volant de plus de 60 nouveaux véhicules chaque année. Alors pour répondre à la question, voici mon top trois 2019. 

Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio – que pour la passion

Frissons et VUS vont rarement ensemble, à moins que l’on prenne le volant de modèles à vocation ultrasportive comme le Lamborghini URUS et son cousin l’Audi RS Q8 2021 que j’ai eu la chance de conduire, mais qui ne m’ont pas assez emballé avec leur prix. C’est plutôt l’Alfa Romeo Stelvio dans sa version la plus débridée, la Quadrifoglio, qui m’aura procuré le plus de plaisir à bord d’un VUS cette année. 

Il faut toutefois bien se comprendre, le véhicule ne fait appel qu’à la partie passionnelle du cerveau. Il n’est pas des plus fiables, son habitacle est loin d’être le plus moderne, et il est affreusement dispendieux, mais il a peu d’égaux côté sportivité et plaisir de conduite. Sa présentation comporte une panoplie de détails rappelant une voiture de course et tout est poussé à l’extrême afin de vous faire vivre les sensations d’un bolide, à commencer par le moteur de 505 chevaux, dérivé de chez Ferrari, dont la sonorité vous fait sourire chaque fois que vous enfoncez l’accélérateur. Peu de VUS m’ont procuré la sensation d’être autant connecté avec la route, je devais constamment me surveiller pour ne pas dépasser les limites de vitesse tant le Quadrifoglio était engageant. Bien ancré dans les sièges en fibre de carbone, j’ai pu le faire déraper des quatre roues en virage de la même manière qu’on peut le faire avec une voiture sport. Bref, malgré ses défauts, voilà le VUS qui m’a le plus surpris cette année.

Kia Soul EV – la méconnue 

J’avais été emballé par le dévoilement de la Nissan Leaf+ au CES de Las Vegas en janvier passé et il faut avouer qu’elle ne m’avait pas déçu lors de mon essai routier. Toutefois, mon essai de la Kia Soul EV s’est avéré encore plus marquant et le véhicule m’a véritablement fait bonne impression. Lorsque l’on pense à un véhicule électrique, plusieurs penseront à Chevrolet avec la Bolt, à Tesla avec la Model 3 ou à Nissan avec la Leaf, mais Kia sait tout autant y faire et la Soul EV en est la preuve.

Avec sa forme carrée, la Soul EV profite d’une meilleure habitabilité, c’est encore plus vrai dans le cas de cette nouvelle génération qui est un peu plus longue. On obtient plus d’espace pour les jambes, mais également un volume de chargement bonifié et vraiment plus pratique que dans bien des concurrents électrifiés. Selon votre budget, vous pourrez opter pour deux versions ayant beaucoup ou encore plus d’autonomie. De base, vous disposerez d’environ 248 km grâce à un ensemble de batteries de 39,2 kWh, notre modèle en offrait 383 km grâce à sa batterie de 64 kWh. J’ai même obtenu 427 km d’autonomie un certain matin, un chiffre assez impressionnant. 

Les qualités de la Soul EV ont rapidement relégué aux oubliettes l’anxiété de l’autonomie, pas la peine de recharger le véhicule chaque jour. Quel plaisir de passer devant les stations-service sans jamais s’arrêter, surtout lorsque le prix du litre d'essence joue au yo-yo à l’approche de la fin de semaine ou des vacances. Bref, la Kia Soul EV s’est avérée non seulement très pratique, mais la puissance et le couple de son moteur électrique rendent aussi sa conduite très agréable. Il faut toutefois composer avec un prix d’achat assez corsé, surtout dans le cas de la version Limitée à plus grande autonomie, et d’un taux d’intérêt plus élevé que son équivalent à essence, un autre élément qu’il faut considérer. 

Dodge Challenger Hellcat Redeye Widebody 2019 – le voyage dans le temps

Prendre le volant de la Dodge Challenger Hellcat Redeye Widebody s’est avéré un véritable voyage dans le temps, un retour à l’époque des V8 beaucoup trop puissants pour le véhicule lui-même. Avec sa puissance phénoménale de 797 chevaux, la Challenger Hellcat n’a laissé personne de mon entourage indifférent. Plusieurs m’ont d’ailleurs demandé une ride et ce fut un véritable plaisir que de voir leur réaction alors que je circulais à vitesse modérée pour ensuite enfoncer l’accélérateur. Aucun n’a pu retenir son étonnement en ressentant toute la puissance et le couple du moteur alors que le train arrière patinait inévitablement de droite à gauche, le tout accompagné d’une sonorité unique.  

Tous étaient impressionnés par la férocité de la bête et convenaient qu’il ne fallait pas la laisser entre les mains d’un débutant. C’est pour cette raison qu’elle m’a impressionnée. En cette ère de rectitude politique où les nombreux systèmes électroniques contrôlent les véhicules et dictent notre conduite en nous déresponsabilisant, qu’il est bon d’être volant d’une voiture qui impose le respect et qui nous tient en haleine à chaque balade!

La Dodge Challenger Hellcat Redeye symbolise un passé malheureusement déjà révolu, mais un jour, on s’ennuiera de ce type de véhicule. Quand nos enfants ou petits-enfants rouleront à bord de leur véhicule autonome, on leur racontera comment on prenait un virage en dérapage avec les roues avant pointant en sens opposé. 

POURRAIT VOUS INTÉRESSER:

VIDÉO : Dodge Challenger Hellcat Redeye Widebody 2019: 10 choses qu’on aime… ou pas!

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer