Qui achète une Bentley par les temps qui courent? - Chroniques

Question du jour

Qui achète une Bentley par les temps qui courent?

Ce lecteur s’interroge sur le type de consommateur qui achète une Bentley dans une économie mondiale instable.

12 septembre 2020

Guillaume Fournier

« Bonjour,
J’ai vu sur Facebook que vous avez récemment mis les Bentley Continental GTC et Flying Spur à l’essai. Bentley vend-elle encore autant de voitures par les temps qui courent ? Les clients font-ils financer leur auto ou paient-ils en argent comptant ? »
Mathieu Laforêt

Bonjour Mathieu,

Effectivement, les voitures de prestige comme les Bentley Continental GTC et Flying Spur que nous avons récemment mises à l’essai n’attirent qu’un très faible pourcentage de la population. Cependant, vous serez surpris d’apprendre qu’il se vend beaucoup plus de Bentley au Canada que vous pourriez l’imaginer, et ce, même en temps de pandémie.



C’est précisément le type de recherche que nous avons tenté d’effectuer lorsque Bentley nous a invités à conduire ses plus récents modèles. Étant donné que nous savons très bien qu’un conseil d’achat lié à ces véhicules serait somme toute inutile, nous avons plutôt tenté de creuser pour découvrir une autre réalité frappante du milieu de l’automobile : il se vend encore un bon nombre de Bentley au Québec.

 



Bentley vend, en moyenne, 12 000 véhicules par année à l’échelle mondiale. Ils sont tous assemblés à la main en Angleterre, et ce, malgré une administration allemande. 



Certes, ce chiffre est petit quand on le compare à celui qui représente les ventes des véhicules destinés à la classe moyenne. À titre d’exemple, il se vend quelque 500 000 Toyota RAV4 par année sur notre continent. Mais il est tout de même rigolo de constater qu’il s’est vendu plus de Bentley Continental GT au Canada en 2019 que d’Acura RLX !

Selon Maurice Assor, représentant aux Ventes chez Moteurs Décarie – concessionnaire Bentley pour la grande région de Montréal – en moyenne, 47 modèles de Bentley sortent de sa concession par année, soit l’équivalent d’environ 4 véhicules par mois. Pas si mal pour des bolides qui affichent un prix avoisinant un quart de million de dollars !



« Il faut comprendre que, dans mon monde, les clients achètent purement par émotion. Par exemple, mon client, qui vient de se blesser au dos à bord de sa Ferrari, entre en furie dans ma concession pour acheter un véhicule plus confortable. Et ça presse ! Si je ne lui vends pas une Bentley sur-le-champ, je le perds. » - nous a avoué M. Assor.

C’est la réalité des gens riches et célèbres qui sont, selon M. Assor, étonnamment nombreux dans la grande région de Montréal.



M. Assor avoue toutefois que la pandémie de coronavirus a ralenti les ventes de véhicules Bentley. Cependant, l’achalandage demeure néanmoins continu et impressionnant. C’est surtout le VUS Bentayga qui se vend le plus ; il représente pas moins de 50 % des ventes totales de la marque.

« J’ai au moins un nouveau client par mois qui s’intéresse à ce véhicule. »



Pour ce qui est de la transaction de ces modèles d’exception, M. Assor nous a expliqué que sa concession offre des plans de financement, mais que ses clients paient majoritairement en argent comptant, surtout pour les modèles Continental GT et Flying Spur, celles qui se rangent habituellement dans une collection aux côtés d’autres bagnoles renommées.

Toutefois, on remarque un taux de location plus élevé du côté du Bentayga. Selon Maurice Assor, le Bentayga est un véhicule pratique, utilisé pour les besoins quotidiens, ce qui explique ce fort taux de location.



Enfin, lorsqu’on a demandé à M. Assor si les consommateurs de véhicules Bentley du Québec s’intéressent à l’électrification – comme le Bentayga hybride rechargeable, par exemple –, la réponse du représentant a été un non catégorique. En effet, il semble que la classe bourgeoise du grand Montréal ne soit pas encore rendue là.


Une recommandation ?

En ce qui a trait aux Bentley Continental GTC (pour décapotable) et Flying Spur 2020, le partage des composants avec les voitures allemandes n’a en aucun cas brimé la signature anglaise de ces bagnoles. Au contraire, le fait que ces bolides reposent sur une plateforme empruntée à la Porsche Panamera ne fait qu’améliorer la qualité de l’assemblage, l’ergonomie générale et le dynamisme de ces légendaires routières.



Représentant la quintessence du grand tourisme, de l’abondance et du prestige, les Bentley Continental GTC et Flying Spur sont aussi des voitures étonnamment rapides, affichant une tenue de route remarquable en conduite sportive et délivrant des accélérations époustouflantes, et ce, malgré leur poids imposant. Encore une fois, merci aux Allemands !



Mais si nous avions une recommandation à vous faire quant à l’achat d’une Bentley neuve, à moins que ce soit un modèle spécial, comme une Speed ou une Supersport, ce serait de la louer au lieu de l’acheter. Car sa valeur de revente est si tristement mauvaise que votre chère anglaise de grand luxe risque de perdre pas loin de la moitié de sa valeur en l’espace de quelques années.  

Merci de faire confiance à l’équipe de RPM.

 

POURRAIT VOUS INTÉRESSER

VIDÉO: Bentley : 100 ans d'Histoire

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer