Alcool au volant : qui sont les pires, les hommes ou les femmes? - Chroniques

Dossiers spéciaux

Alcool au volant : qui sont les pires, les hommes ou les femmes?

Les statistiques de la SAAQ sont sans équivoque, il y a une réelle et grande disparité entre les hommes et les femmes en termes de capacités affaiblies sous l’effet de l’alcool au Québec.

17 décembre 2020

Lors de mon reportage dans RPM+ sur les capacités affaiblies, nous avons démontré hors de tout doute qu’il est extrêmement dangereux d’être aux commandes d’une automobile ou même d’un simple vélo après avoir consommé de l’alcool. Nous allons maintenant, preuves et statistiques à l’appui, démystifier qui, de l’homme ou de la femme, reçoit plus d’infractions liées à la conduite avec facultés affaiblies.

Dans la foulée du reportage sur les capacités affaiblies, nous avons découvert une foule de statistiques qui mettent en lumière l’état de la situation au Québec face à l’alcool au volant. Qui sont les pires, les hommes ou les femmes ?  

La dernière année complète comptabilisée par la SAAQ, dont les données sont publiques, est 2018. Dans ce rapport, on apprend qu’il y a eu 11 054 infractions au Code criminel liées à la conduite avec facultés affaiblies. En clair, il y a eu 11 054 arrestations de personnes en état d’ébriété avec un taux d’alcool dans le sang supérieur à 80 milligrammes/100 millilitres. De ce nombre, on compte 2 371 femmes et 8 683 hommes.

POURRAIT VOUS INTÉRESSER

:: Capacités affaiblies, premier test : l'alcool

:: Arrestation pour conduite en état d'ébriété


Sans aucun doute et sans équivoque, les personnes de sexe masculin ont une plus grande représentativité face à la conduite avec facultés affaiblies sous les effets de l’alcool que les femmes. Les hommes représentent donc 78,55 % des arrestations alors qu’ils représentent pourtant presque 50 % de la population du Québec. Voici un tableau qui illustre les 10 dernières années en matière d’arrestation à la suite d’une infraction au Code criminel liée à la conduite avec facultés affaiblies.

 2009   2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
 Masculin  10997 10902 9574  9765  12664  12197  10726  10403  10829  8683
 %  85,84%  84,29%  82,52%  82,33%  82%  81,14%  81,06%  80,25%  78,52%  78,55%
 Féminin  1814  2032  2028  2095  2779  2834  2506  2559  2962  2371
 %  14,16%  15,71%  17,47%  17,66%  18%  18,85%  18,94%  19,75%  21,48%  21,45%
 Total  12811  12934  11602  11860  15443  15031  13232  12962  13791  11054

 

Si l’on fait une comparaison avec l’année 2009, à cette époque, les hommes représentaient alors 85,8 % des arrestations et les femmes 14,2 %. En tout temps, les hommes demeurent surreprésentés.  On constate aussi qu’il n’y pas réellement de constance d’une année à l’autre.



Selon la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) et plusieurs autres organisations gouvernementales, conduire avec un taux d’alcoolémie entre 51 et 80 milligrammes/100 millilitres multiplie par 4 le risque d’accident. Il importe de souligner qu’être entre 51 et 80 milligrammes/100 millilitres demeure une situation légale. Quand on arrive dans la zone entre 81 et 150 milligrammes/100 millilitres, le risque augmente jusqu’à 23,6 fois et 176,5 fois quand on est dans l’échelle de 151 à 210 milligrammes/100 millilitres. La consommation d’alcool doit donc être prise au sérieux par le consommateur. Pour déterminer le nombre de consommations et la période de temps nécessaires pour demeurer en toute légalité, il est possible de se rendre sur le site d’Educ’Alcool au pour le savoir.

Malheureusement, descendre sous la barre des 11 000 infractions semble difficile. Avec une moyenne de plus de 30 arrestations en capacités affaiblies sous l’effet de l’alcool par jour au Québec, il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire. L’alcool au volant demeure la troisième cause d’accident au Québec. 

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer