Volvo XC90 2016 : vent nouveau - messages.columnarticles-details.Columns

Standard

Volvo XC90 2016 : vent nouveau

Benoit Charette

28 février 2015

Habitacle cossu et polyvalent
Design réussi
Version T8 enfichable surprenante
Plusieurs innovations technologiques
Confort remarquable
Fiabilité à prouver
Système d'infodivertissement complexe et peu intuitif
Sécurité en option
Sonorité du moteur quatre cylindres décevante

Standard

Données techniques

Marque

Volvo

Marque

Moteur

L4, 2,0 litres, DACT, turbcompressé et suralimenté (320 ch.) - L4, 2,0 litres, DACT, turbcompressé et suralimenté + moteur électrique(400 ch.)

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation enregistrée

11,4 l aux 100 km (T6), 8,6 l aux 100 km (T8)

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

Janvier 1991, j’avais quatorze ans. Je me remémore encore cette Volvo 240 DL rouge pompier, trônant au cœur du Stade Olympique, dans le cadre du Salon de l’auto de Montréal. On annonçait alors la mort imminente de ce modèle mythique qui allait finalement perdurer une année de plus. Je comprenais alors, malgré mon jeune âge, qu’il s’agissait de la fin d’une époque. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que pour la remplacer, il fallait repartir de zéro, ce qu’on a fait. Vous vous rappelez, la 850? Eh bien…voilà !

Aujourd’hui, l’heure est donc une fois de plus au changement chez Volvo. Un changement marqué par la seconde génération du XC90, aussi différent de la première génération, que la Volvo 850 pouvait l’être face à l’emblématique 240. Certes, vous me direz que le marché a évolué, et que de conserver un véhicule inchangé pendant douze ans sur le marché, frise aujourd’hui l’indécence. Et vous avez raison. Sauf que le changement va ici au-delà du produit. Pour Volvo, c’est un vent de liberté. L’association avec Ford est révolue, et le retour à la base permet de repartir d’une feuille blanche en créant bien sûr de nouveaux modèles, mais aussi une toute nouvelle philosophie d’entreprise.

Maintenant sous le règne de la chinoise Geely, qui a investi plus de 11 milliards de dollars pour sa relance, Volvo est fin prête à faire feu. Le tout débute en termes de produits avec le XC90, qui sera suivi des berlines S90 et familiales V90 Cross Country, d’ici 2017. Volvo confirme également son intention de commercialiser chez nous la prochaine génération de la V40, et travaille sans doute déjà sur la prochaine génération du XC60. Bref…terminé le respirateur artificiel.

D’une feuille blanche
Nouvelle philosophie, nouveau produit. Ainsi, du précédent XC90, Volvo ne conserve absolument rien. Pas même les technologies en matière de sécurité, qui ont toutes été revues, de la première à la dernière. On a aussi pris soin d’étudier le marché pour offrir un véhicule répondant aux attentes de la clientèle, perdue au fil des ans, et que l’entreprise compte bien regagner.

Ne soyez donc pas étonnés si la ligne de ce nouvel utilitaire joue à la fois la carte de l’élégance et du muscle, le tout avec un parfait dosage. Ainsi, même si les lignes diffèrent grandement de celle de son devancier, on parvient sur le champ à identifier le produit, tout en se laissant charmer par une robe unique.

Conscient que les deux plus grands marchés du XC90 demeurent les États-Unis et la Chine, Volvo ajoute bien sûr une touche de bling-bling à l’ensemble, jouant plus que jamais la carte du chrome et des accents métalliques. On va même jusqu’à offrir des jantes d’alliage pouvant atteindre 22 pouces de diamètre. Eh oui, même Volvo succombe…

Bye bye console flottante
Introduite en 2004 sur les défuntes S40/V50, la console flottante s’est retrouvée jusqu’ici dans la quasi-totalité des modèles de la marque. Ce concept consistant à incliner la planche de bord vers le conducteur pour offrir une meilleure ergonomie allait aussi permettre à Volvo de se démarquer sur le plan du design, avec des habitacles sobres et contemporains. Hélas, cette ère est elle aussi révolue, si bien que Volvo nous propose cette fois un poste de conduite très techno, d’une rare élégance, revêtant des matériaux de très belle facture.

Là encore, on incline la partie centrale du tableau de bord vers le conducteur, lequel incorpore un écran tactile, façon tablette électronique. Toutefois, le vide servant de rangement derrière la partie centrale de la planche de bord n’est plus.

Selon les dires de Volvo, les fonctions dirigées via le volant constitueraient l’essentiel, les autres étant secondaires ou du moins, source de confort. Sauf qu’entre vous et moi, l’essentiel sera d’abord d’apprivoiser les rouages du système, complexe au point où il a fallu deux ingénieurs de la marque et dix bonnes minutes pour effectuer une simple réinitialisation de l’odomètre journalier. Pas facile la techno…

Pour sept, réellement
Offrant de série sept places assises, le XC90 propose avec simplicité un système de rabat des sièges afin de bénéficier d’un plancher totalement plat. L’accès à la troisième rangée est également on ne peut plus simple, cette dernière pouvant confortablement accueillir deux adultes dont la taille pourrait atteindre 1,70 mètre. On va même jusqu’à offrir un système de climatisation à quatre zones, incluant un contrôle séparé pour les occupants de la troisième rangée. Et fait intéressant, le volume de charge pouvant atteindre 1 868 litres demeure fort généreux, même lorsque tous les sièges sont relevés.

De V8 à T8
Jusqu’à tout récemment, Volvo proposait dans son XC90 un moteur V8 Yamaha de 4,4 litres, préalablement offert pour satisfaire les acheteurs nord-américains. Or, ce dernier cadrait difficilement avec l’image de l’entreprise comme des acheteurs, si bien que plusieurs fervents amateurs de la marque l’avaient décrié. Hélas, pour rivaliser avec les Audi Q7 et BMW X5 de ce monde, il fallait à Volvo trouver la solution miracle afin d’offrir un moteur à la fois écoénergétique, et très puissant.

Ainsi, à compter de 2016, la grande majorité des modèles de la gamme (exception faite des vieillissantes XC70 et S80), n’aura droit qu’à différentes applications d’un moteur quatre cylindres de 2,0 litres. Oui, vous avez bien lu. Le XC90 2016 s’équipe d’un quatre cylindres, armé pour rivaliser avec les V6 et les V8 de la compétition.

Ainsi, la version T6 (moteur de base) du XC90 se voit greffer un quatre cylindres développant 320 chevaux, grâce au mariage de la turbocompression et de la suralimentation par compresseur volumétrique. Ajoutez à cela un moteur électrique de 80 chevaux positionné sur l’essieu arrière, et vous obtenez une version T8 Twin Engine, affichant une puissance maximale de 400 chevaux. Cette dernière se démarque en plus par le fait qu’elle soit enfichable, ce qui lui permettrait de parcourir environ 40 kilomètres en mode 100% électrique, avant que le moteur à essence ne se joigne à l’aventure. Volvo estime ainsi qu’une utilisation quotidienne de cette version pour l’acheteur type résulterait en une consommation d’essence moyenne d’environ 2,5 litres aux 100 kilomètres. Personnellement, après un trajet d’environ 185 kilomètres, la moyenne chiffrée était de 8,6 litres aux 100 kilomètres, moyenne qui a ensuite grimpé à 11,4 litres aux 100 kilomètres, pour le même trajet avec la version T6.

Conduite à la carte
Histoire de suivre la parade, on propose ici cinq modes de conduite, allant d’une fonction pro-environnement à la performance, en passant par un mode traction intégrale, qui verrouille le dispositif en proposant une distribution de couple 60/40. Confortable à souhait, extrêmement bien insonorisé et doté d’une chaine audio Bowers and Wilkins à 19 haut-parleurs à faire rêver, le XC90 nous berce sur la route dans un environnement vaste et éclairé, où la visibilité est exceptionnelle sous tous les angles. La conduite en mode confort sera donc sans doute celle qui sera favorisée par la grande majorité des utilisateurs.

Malgré un poids inférieur d’environ 200 kilos par rapport à celui de la concurrence, la conduite sportive n’est d’ailleurs pas la plus grande qualité du XC90. Tout ici est question d’équilibre. Volvo décrit d’ailleurs le comportement de son véhicule en utilisant l’expression « relax confidence », que l’on pourrait traduire par une conduite prévisible, mariant la tranquillité d’esprit et le confort.

Et la puissance, elle?
Honnêtement, la version T6 à moteur de 320 chevaux propose une puissance honnête. Rien d’impressionnant, mais la très grande majorité des acheteurs sauront s’en satisfaire. Je vous avoue cependant avoir été déçu par le son du moteur, qui nous rappelle constamment qu’il s’agit d’un quatre cylindres. Il est certes puissant, mais n’a clairement pas la douceur d’un six cylindres.  

En revanche, la version T8 à laquelle se greffe la motorisation électrique, impressionne drôlement plus. Les envolées se font d’abord en mode électrique avec un couple démesurément élevé, le moteur à essence venant ensuite lui prêter main-forte (lorsque bien sûr, les 40 kilomètres d’autonomie en mode 100% électrique sont parcourus). Ainsi, non seulement la puissance impressionne davantage, mais la sonorité un brin disgracieuse se voit de beaucoup atténuée. Volvo prévoit qu’environ 20% des acheteurs se laisseront séduire par cette version, mais mon instinct me laisse croire que la vague sera plus fort pour ce modèle.

Il faut aussi considérer que Volvo ne compte aucunement nous offrir sa version D5 à moteur diesel, laquelle aura pu rivaliser avec les Audi Q7 TDI et Mercedes-Benz GLE350 BlueTEC (jadis ML350 BlueTEC). Mais puisque Volvo souhaite d’abord réintégrer efficacement le marché avec des modèles à essence, la carte de l’hybride enfichable constituera selon moi un sérieux atout. D’ailleurs, il s’agit de l’unique VUS offrant ce genre de motorisation, à offrir sept places assises. Voilà qui est considérable.

Sexy, la sécurité?
Avec sa Vision 2020, qui consiste à créer des véhicules dans lesquels il sera impossible de perdre la vie d’ici 2020, Volvo prouve encore une fois son implication sur le plan des avancées technologiques en matière de sécurité. Hélas, les gens se laissent rarement convaincre par cet élément, sachant que la plupart des constructeurs proposent eux aussi des véhicules sécuritaires, fardés de gadgets. Il faut cependant mettre le XC90 à l’essai pour véritablement découvrir les vertus de systèmes comme la détection de piéton, de collision potentielle et d’avertisseur de collision arrière. Ces systèmes sont efficaces et surtout, différents de ce que propose chez la concurrence. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on apprend que certains de ces dispositifs sont offerts…en option. Parce qu’à plus de 60 000$...on fait encore la différence entre ceux qui passeront à côté de la mort, et ceux qui n’auraient même pas la chance d’effectuer une réclamation d’assurance…

Terminons en mentionnant que le XC90 se décline en trois versions, soit Momentum, R-Design et Inscription, cette dernière se situant au sommet de la gamme. Selon la motorisation choisie, les prix varient entre 60 700$ et 75 000$, ce à quoi il vous sera possible d’ajouter bien sûr, quelques options. Les premiers modèles toucheront le sol canadien quelque part en mai, mais puisque les 300 premières unités sont déjà toutes vendues, prévoyez qu’il vous faudrait attendre en septembre, voire octobre, pour prendre livraison d’un véhicule que vous commanderiez aujourd’hui même. Maintenant, reste à voir si Volvo saura convaincre un nombre considérable d’acheteurs, à qui le marché propose en 2016 une pléiade de modèles rivaux. Avouons-le, jamais la compétition dans ce segment n’a été aussi féroce. Et ça, Volvo en est bien conscient.  

 

Marque

Volvo

Marque

Moteur

L4, 2,0 litres, DACT, turbcompressé et suralimenté (320 ch.) - L4, 2,0 litres, DACT, turbcompressé et suralimenté + moteur électrique(400 ch.)

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation enregistrée

11,4 l aux 100 km (T6), 8,6 l aux 100 km (T8)

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

RPM est fière de vous livrer des opinions 100% indépendantes. Nos essais routiers et nos essais comparatifs ne sont pas exigés ni commandités par les constructeurs automobiles.

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer