Volkswagen Jetta TDI 2015 : une formule qui mène loin - messages.columnarticles-details.Columns

Standard

Volkswagen Jetta TDI 2015 : une formule qui mène loin

Benoit Charette

15 mai 2015

Conduite stimulante
Couple généreux
Autonomie considérable
Gamme très étoffée

À-coups causés par la boîte automatique DSG
Dossiers arrière rabattables à partir du coffre seulement
Pas de palettes de changement de rapports au volant (BVA)
Silhouette quelconque

Standard

Données techniques

Marque

Volkswagen

Version

Highline TDI BVA

Options

Boîte automatique : 1 400 $; Groupe Technologie : 2 495 $ (chaîne audio Fender Premium à huit haut-parleurs, lecteur de CD, écran tactile et disque rigide de 30 Gb, système de guidage par satellite RNS 510, Phares à projecteurs bixénon adaptatifs et feux de jour à DEL)

Échelle de prix

29 690 $ + 1 395 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

Highline TDI BVA

Marque

Moteur

4-cyl turbodiesel, 2,0 litres, DACT, 150 ch @ 3 500 tr/min, 236 lb-pi @ 1 750-3 000 tr/min

Transmission

Automatique (séquentielle à double embrayage) à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation annoncée (ville)

7,5 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

5,3 L aux 100 km

Consommation enregistrée

5,8 L aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

Une auto éconergétique doit-elle être nécessairement « plate » à conduire ? Depuis plusieurs années, Volkswagen démontre que la réponse à cette question est : non.

Avec le moteur turbodiesel TDI, ce constructeur allemand a réussi à combiner pour des véhicules petits et gros, allant de la Golf au Touareg, un agrément de conduite indéniable à une consommation de carburant raisonnable.

La Jetta illustre ce dernier point éloquemment. Cette berline compacte, le modèle le plus vendu de la marque au Canada (à hauteur de 41 % au terme du premier trimestre de 2015), peut être livrée avec un moteur souple et puissant, néanmoins capable de se contenter d’aussi peu que 5,8 L/100 km à 100 km/h sur l’autoroute. Voilà la cote obtenue avec une Jetta Highline TDI 2015 équipée de la boîte de vitesses automatique Tiptronic dont nous avons fait l’essai en avril. Et je sais que certains conducteurs pourraient faire mieux sans grands efforts.

Cette cote met en valeur une autre qualité du TDI : la grande autonomie qu’il procure. Faites le calcul : logiquement, notre voiture d’essai nous aurait permis de parcourir environ 1 000 km avant qu’il ne soit nécessaire d’arrêter pour faire le plein.

MOTEUR TDI… PAREIL, PAS PAREIL
La vedette de notre performance est un moteur amélioré. Le TDI de cette Jetta Highline fait partie d’une nouvelle famille de moteurs désignés par l’acronyme MDB (pour Modular Diesel Matrix). Inscrit également aux catalogues 2015 des Golf, Passat et Beetle, il produit 150 ch, soit 10 de plus que le TDI offert en 2014. Par contre, le couple n’a pas changé puisqu’il développe toujours 236 lb-pi dès qu’il tourne à 1 750 tours.

Le constructeur affirme que ce moteur produit jusqu’à 40 % moins de particules polluantes comparativement à celui qu’il remplace. Sa consommation sur autoroute aurait aussi diminué d’environ 10 %. Cela se reflète dans les chiffres (modérés) publiés par Ressources naturelles Canada. Les trois cotes de consommation (ville/autoroute/moyenne) d’une Jetta TDI à boîte automatique sont 7,5, 5,3 et 6,5 litres/100 km et celles de la version à boîte manuelle 7,7, 5,2 et 6,5 litres/100 km.

Il est vrai que ces chiffres sont moins alléchants que les cotes de la Jetta hybride 2015 (5,6, 4,9 et 5,3 L/100 km). Cependant, on revient vite sur terre en constatant que la Jetta TDI est offerte à partir de 23 890 $, alors que le prix de base de la Jetta hybride est 36 890 $. Une différence de 13 000 $ plus difficile à avaler lorsqu’on soulève le couvercle du coffre. On découvre alors un espace à bagages qui est 27 % moins volumineux. C’est sans compter la batterie du moteur électrique qui constitue une masse encombrante au fond du coffre; un obstacle de taille qui complique le chargement des gros objets qu’on pense pouvoir transporter parce que la banquette arrière a des dossiers asymétriques rabattables.

SAVOIR TIRER LE MAXIMUM DU TDI
Volkswagen propose son turbodiesel avec un choix de boîtes de vitesses à 6 rapports : une manuelle et une automatique. La boîte manuelle, qui fait partie de la dotation de série même pour la Jetta Highline, bénéficie de rapports bien étagés et d’un maniement précis. Elle est agréable à utiliser même dans le trafic à basse vitesse. En fait, le moteur produit tant de couple à bas régime qu’il est possible de suivre un piéton sans passer au 2e rapport !

On imaginerait tirer le même agrément d’une Jetta équipée de la boîte automatique, une Tiptronic à double embrayage offerte pour un supplément de 1 400 $. Malheureusement, le double embrayage, qui est désigné par l’acronyme DSG (de l’allemand Direkt Schalt Getriebe), cause souvent un léger délai en plus d’un à-coup désagréable au moment de mettre la voiture en mouvement. Un passager pourrait imaginer que le conducteur n’a pas bien embrayé le premier rapport, comme s’il conduisait une auto à boîte manuelle. Pourtant, le constructeur clame que ce mécanisme devrait adoucir le passage des rapports (ce qui est le cas lorsque la voiture est en mouvement), en plus de contribuer à réduire la consommation de 10 % dans les meilleurs cas. Où est l’erreur ?

La combinaison de la boîte automatique et du TDI rend aussi la Jetta morne. Le système de gestion du moteur est visiblement conçu pour optimiser la consommation, un choix logique pour un turbodiesel, c’est vrai. Or, lorsqu’on appuie légèrement sur la pédale de l’accélérateur, le moteur réagit faiblement. L’accélération tarde à venir et le régime se stabilise très rapidement autour de 1 200 à 1 400 tours. Dans ces conditions, oubliez l’image de la Jetta TDI performante. Pour retrouver un brin de sportivité, il faut appuyer plus fort et plus loin sur cette pédale, tout simplement. Au-delà d’environ un tiers de sa course, la magie s’opère et la berline s’élance prestement lorsque nécessaire. Alors, on peut abattre les 100 km/h en un peu plus de 8 secondes.

Naturellement, il existe une autre façon de tirer le maximum du couple abondant que livre ce moteur : en utilisant le mode manuel de la boîte Tiptronic — avec une pression adéquate de l’accélérateur. Toutefois, cela se fait à l’aide du levier de vitesses, car Volkswagen n’a pas jugé nécessaire de doter la Jetta (même la Highline) de palettes de changement de rapports fixées au volant.

2015, L’ANNÉE D’UNE MISE À JOUR
La Jetta 2015 est nouvelle. Du moins, c’est ce que laisse valoir Volkswagen. En réalité, il s’agit d’une mise à jour du modèle de sixième génération, qui avait été lancé en septembre 2010, au Canada. Un modèle dont déjà 135 000 exemplaires environ ont été vendus. Le quart ont un TDI.

La voiture dont nous avons fait l’essai a la même silhouette de profil qu’une Jetta 2014. Pour la différencier de cette dernière, il faut chercher les petites différences comme la calandre, dont la grille a trois lattes chromées transversales plutôt que deux, et la prise d’air inférieure, qui adopte un fond noir. Les blocs optiques avant et arrière, de même que l’enveloppe des pare-chocs et le couvercle du coffre ont également subi des retouches. Bref, des changements mineurs qui devraient permettre au constructeur d’étirer la sauce encore trois ou quatre ans.

On peut aussi reconnaître la Jetta Highline TDI 2015 par ses nouvelles roues : des Lancaster de 17 po qui remplacent les Queensland utilisées jusqu’ici. Cette version haut de gamme se pare de roues en alliage plus grosses que celles de 16 po des deux autres TDI : la Trendline + (de base) et Comfortline (de gamme moyenne).

C’est connu, le constructeur de Wolfsburg n’exploite pas beaucoup les modes éphémères. Il s’est toutefois permis une entorse à cette attitude conservatrice en introduisant des feux de jour à diodes électroluminescentes (DEL) sur la Jetta Highline TDI. Toutefois, cet élément de style coûte cher. Pour obtenir ces DEL, il faut débourser 2 495 $, soit le coût de l’ensemble optionnel « Technology » dont ils font partie. Un ensemble réservé à la Highline, qui comprend aussi de puissants projecteurs bixénon adaptatifs, de même qu’une chaîne audio multimédia Fender Premium avec écran tactile, GPS, disque rigide de 30 Gb et huit haut-parleurs.

HABITACLE AGRÉABLE
Une autre chose n’a (heureusement) pas changé dans cette mise à jour. À l’instar des anciennes Jetta, cette version 2015 a un habitacle assez spacieux pour quatre adultes. À l’avant, les sièges baquets sont moulants et confortables. Ils supportent bien le corps dans les courbes. Le conducteur dispose aussi d’un volant inclinable et télescopique.

Le tableau de bord a un aménagement sans reproche, avec des commandes à portée de main et faciles à repérer d’un bref coup d’oeil. Les touches tactiles, peu nombreuses (heureusement aussi !) sont limitées à certaines commandes de l’écran de la chaîne audio. Elles sont relativement grandes, ce qui permet de les repérer facilement. Malgré tout, leur utilisation oblige le conducteur à cesser de regarder la route. Impossible de faire autrement avec des commandes tactiles !

Pour répondre aux critiques qui ont décrié l’aspect bon marché du tableau de bord des Jetta 2011-2014, le constructeur allemand a adopté des plastiques plus souples pour les surfaces mattes, celles que l’automobiliste risque de toucher régulièrement. De plus, pour rehausser l’apparence intérieure des versions Comfortline et Highline, il a ajouté des garnitures noires miroitantes rappelant la surface d’un piano. La Highline en a plus que l’autre version. C’est joli, oui, mais leur brillance rend toutes saletés, traces de doigts et poussières visibles. Le constructeur devrait donc inclure un ensemble de nettoyage dans la dotation de série de la Jetta Highline…

DU COFFRE
Comme les autres Jetta (l’hybride mise à part), la TDI dispose d’un des coffres les plus volumineux de sa catégorie. Fort de ses 440 litres de volume utile, il fait meilleure figure que celui des quatre berlines compactes les plus populaires au pays : la Honda Civic (353 litres), la Toyota Corolla (369 litres), la Hyundai Elantra (420 litres) et la Mazda3 (350 litres).

Le coffre a une ouverture large et relativement profonde, ce qui facilite le chargement des colis. En outre, l’accoudoir de la banquette arrière des Comfortline et Highline à moteur TDI cache un petit panneau amovible. La fenêtre qu’on découvre en le déposant permet de charger des objets longs, comme des skis. Mais puisqu’il n’est pas fixé du dossier de la banquette, ce petit panneau est facile à égarer. Par ailleurs, les dossiers asymétriques escamotables communs à la Comfortline et la Highline (et que la Trendline + n’a plus...) se replient presque à plat. La surface de chargement qu’on obtient permet alors de transporter de gros objets, comme un vélo. Toutefois, les mécanismes servant à déverrouiller ces dossiers pour les replier ne sont accessibles qu’à partir du coffre, ce qui s’avère souvent agaçant. Notons, enfin, que le couvercle du coffre est maintenu par des structures métalliques courbées qui, au moment de le refermer, peuvent écraser tout objet se trouvant directement en dessous.

L’insonorisation de l’habitacle de la Jetta TDI est perfectible, mais ce n’est pas à cause du bruit généré par le moteur. Lui, il est étonnamment discret. C’est plutôt le frottement des pneus et les cognements de la suspension, surtout sur mauvais revêtement, qui sont très (trop ?) audibles. Lorsqu’on compare la Jetta TDI à une Nissan Sentra 2015, la différence est marquée. Une comparaison qui en surprend plus d’un.

En revanche, la Jetta se distingue par ses qualités dynamiques. Elle a une servodirection électromécanique précise avec une assistance bien dosée, des freins à disque qui se modulent aisément et une suspension indépendante qui la maintient sur sa trajectoire de manière prévisible. La surface vitre généreuse de sa carrosserie donne aussi un champ de vision satisfaisant, auquel les rétroviseurs extérieurs relativement grands et la caméra arrière (de série) contribuent également. De plus, la version Highline 2015 bénéficie également de deux dispositifs d’aide à la conduite utiles : un système de détection d’obstacle dans l’angle mort et un système d’alerte de risque de collision avant.

UN CHOIX QUI SE DOIT D’ÊTRE RAISONNÉ
La Jetta TDI n’est pas une voiture bon marché. C’est clair. Lorsqu’on entend le constructeur annoncer cette berline compacte « à partir de 14 990 $ », il faut se rappeler qu’il ne parle pas de la même voiture. À ce prix-là, on obtient une Jetta « minimum » : une Trendline animée par un 4-cylindres atmosphérique de 2,0 L et 115 ch jumelé à une boîte manuelle à cinq rapports. Et sa dotation à l’image du prix.

Le TDI la moins chère, appelée Trendline +, est offerte à partir de 23 890 $ (8 900 $ de plus) et la Highline, à l’autre bout de l’échelle, à partir de 28 290 $. Dans chaque cas, il s’agit d’une version à boîte manuelle. Or, les prix des TDI sont environ 2 300 à 3 200 $ plus élevés que ceux des Jetta TSI équipées de manière comparable (il s’agit d’une version à moteur turbo à essence de 1,8 L très performant, mais naturellement plus gourmand en carburant).

Mais encore, en ajoutant la boîte automatique et l’ensemble Technology à la dotation de la Jetta Highline, pour en faire une voiture « tout équipée » comme celle dont nous avons l’essai, le prix atteint 32 185 $. En ajoutant à cela les frais de transport et de préparation, et les taxes, ça ressemble au prix d’une BMW 320i ! Cela dit, une Toyota Prius haut de gamme (équipée de l’ensemble optionnel Technologie) coûte plus cher encore : 34 390 $. Bien entendu, cette japonaise est « plus éconergétique », mais certes pas aussi agréable à conduire que la Jetta TDI, même avec sa boîte automatique !


Photos originales : Luc Gagné

 

Marque

Volkswagen

Version

Highline TDI BVA

Options

Boîte automatique : 1 400 $; Groupe Technologie : 2 495 $ (chaîne audio Fender Premium à huit haut-parleurs, lecteur de CD, écran tactile et disque rigide de 30 Gb, système de guidage par satellite RNS 510, Phares à projecteurs bixénon adaptatifs et feux de jour à DEL)

Échelle de prix

29 690 $ + 1 395 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

Highline TDI BVA

Marque

Moteur

4-cyl turbodiesel, 2,0 litres, DACT, 150 ch @ 3 500 tr/min, 236 lb-pi @ 1 750-3 000 tr/min

Transmission

Automatique (séquentielle à double embrayage) à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation annoncée (ville)

7,5 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

5,3 L aux 100 km

Consommation enregistrée

5,8 L aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

RPM est fière de vous livrer des opinions 100% indépendantes. Nos essais routiers et nos essais comparatifs ne sont pas exigés ni commandités par les constructeurs automobiles.

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer