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Toyota Yaris Berline 2016

Benoit Charette

3 septembre 2015

Conduite dynamique
Consommation d'essence symbolique
Direction très précise


Freinage peu performant
Style excessif de la partie avant
Boîte manuelle sur version de base seulement


Standard

Données techniques

Marque

Toyota

Version

Groupe amélioré

Version à l’essai

Groupe amélioré

Marque

Moteur

4 cyl, 1,5 litre, DACT, 106 ch @ 6 000 tr-min, 103 lb-pi @ 4 000 tr-min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation enregistrée

5,4 litres aux 100 km

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

En 2012, Toyota abandonnait la version berline de sa Yaris, souhaitant plutôt mettre l’emphase sur la Corolla, à peine plus chère. Mais puisque seuls les fous ne changent pas d’idée, on revient à la charge en 2016 avec une seconde tentative, qui a bien sûr pour objectif de regagner une partie de la clientèle des sous-compactes, perdue au fil des ans.

Ironiquement, la Yaris berline qui nous est proposée pour 2016 n’a absolument rien de commun avec la version à hayon. Certes, elle porte le même nom, mais là s’arrêtent les comparaisons. En fait, cette voiture n’a rien d’une Toyota. Le constructeur nippon a plutôt choisi de mettre à profit son association avec Mazda (qui profiterait prochainement de technologies empruntées à Toyota), en commercialisant la toute nouvelle Mazda2 sous l’appellation Yaris. Oui, vous avez bien lu ! Bien sûr, puisque la Yaris à hayon est toujours produite par Toyota, on ne nous sert que la berline Mazda2. En d’autres termes, vous retrouverez en 2016 deux différentes Yaris chez votre concessionnaire Toyota. Un modèle à hayon, fait maison, et une berline provenant de chez Mazda.

Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il ne s’agira pour 2016 que de la seule façon pour le consommateur canadien d’accéder à la Mazda2. En effet, Mazda a retardé l’introduction de sa nouvelle sous-compacte, préférant mettre l’emphase sur le multisegment CX-3. Voilà qui n’est pas surprenant lorsqu’on sait à quel point la précédente génération de la Mazda2 n’a pas levé…

Du pif !
Regardez là, et vous réaliserez rapidement que cette sous-compacte possède plusieurs traits communs avec la berline Mazda3. Comme quoi en dépit de son logo, elle ne peut renier ses origines. Toyota a tout de même pris soin d’apporter quelques changements sur le plan esthétique, de la façon à modifier sa personnalité. Résultat, on lui sert un museau drôlement agressif et proéminent que celui de la l’authentique Mazda2, pour un résultat qui entre vous et moi, est passablement discutable. D’ailleurs, la tendance de Toyota à vouloir greffer d’immenses grilles de calandre à ses véhicules est vivement contestable, ne cadrant plus ou moins avec l’approche généralement conservatrice des produits de la marque. Au final, voilà une berline sous-compacte relativement élégante, mais qui pèche sur le plan esthétique par un déséquilibre au niveau du pif !

Sans surprise
Si l’habitacle de la Yaris à hayon est fort décevant, celui des plus récentes créations de la marque l’est drôlement plus. Pensez au poste de conduite de la récente Camry, ou même à celui de la Corolla, moderne et extrêmement ergonomique. En ce qui concerne celui de notre sujet, inutile de vous dire qu’on ressent là aussi l’effet Mazda. D’ailleurs, la présentation est à peu près similaire à celle du poste de conduite de la Mazda3 et d’un CX-3. Même instrumentation, même volant, même écran central juché au sommet de la planche de bord. Du Mazda mur à mur. En fait, la seule distinction à bord, par rapport à cette Mazda2 que nous n’avons pas, c’est le logo placé sur le volant !

On compose donc ici avec les avantages, mais aussi avec les inconvénients que l’on connaît de Mazda. Présentation moderne, ergonomie d’ensemble et équipement complet, surtout pour la version la plus cossue. Celle-ci inclut notamment le système HMI avec molette pour gestion de l’écran multifonction, les sièges chauffants et la caméra de recul. En revanche, bien que la qualité de finition soit généralement très bonne, celle du tissu des sièges déçoit. On reconnaît ici le matériel utilisé dans la confection des sièges de la Mazda3 GX, qui incite sans doute certains acheteurs à passer à la version supérieure. Hélas, pas d’alternative du côté de la Yaris berline à ce chapitre.

Mentionnons également que l’espace est honnête, sans plus, mais que sur de longs trajets, l’absence d’un volant télescopique et d’un accoudoir central dérange. La position de conduite pourrait donc être améliorée avec l’ajout de ces deux éléments, qu’on retrouve pourtant chez la plupart des rivales, comme les berlines Ford Fiesta ou Hyundai Accent.

Un p'tit nerveux
Sous le capot, vous remarquerez deux choses. D’abord une étiquette sur laquelle on peut lire Mazda Motor Corporation, puis un quatre cylindres qui sur papier, est identique à celui du modèle à hayon ! En effet, la Yaris nous sert ici un petit quatre cylindres de 1,5 litre, proposant 106 chevaux et 103 lb-pi de couple, mais qui contrairement au modèle maison, profite de l’injection directe de carburant et d’une boîte manuelle ou automatique à six rapports. On est donc loin de la boîte automatique à quatre rapports toujours offert avec le modèle à hayon, et carrément archaïque.

Doté de la technologie SKYACTIV qu’on ne promeut évidemment pas du côté de Toyota, ce petit quatre cylindres démontre une verve plutôt impressionnante. Bien sûr, la puissance est modeste, mais l’impression de pouvoir exploiter au maximum chacun des 106 chevaux offerts est toujours présente. La boîte automatique impressionne également par son rendement, qui sera modifié à la mise en fonction d’un mode sport, dont vous vous lasserez probablement très vite. Vous serez également surpris par la très faible consommation de carburant de cette voiture, qui conservera une moyenne oscillant autour des 5,5 litres aux 100 kilomètres. D’ailleurs, j’ai personnellement pu maintenir une moyenne sur route de seulement 4,8 litres aux 100 kilomètres, bien sûr dans des conditions estivales, mais non pas irréalistes. C’est vous dire à quel point ce groupe motopropulseur est efficace en matière de rendement énergétique.

En milieu urbain, la voiture se comporte comme un charme. Maniable et affichant un très court diamètre de braquage, elle se faufile partout, encore une fois avec l’énergie d’un marathonien. Le châssis rigide été la suspension bien calibrée font également d’elle, et contrairement au modèle à hayon, une voiture stable et plutôt agréable à vitesse d’autoroute. Le plaisir de conduite se transmet quant à lui via une direction à assistance électrique, typiquement Mazda, c’est-à-dire communicative, précise et rapide comme l’éclair.

Hélas, comme rien n’est parfait dans ce bas monde, Toyota doit aussi composer avec les points faibles connus du côté de Mazda, notamment en matière de freins. Ici, la voiture est sous-équipée par des disques avant au diamètre minuscule, par de petites plaquettes de frein ainsi que par des tambours arrière. Voilà ce qui explique les très longues distances d’arrêt, ainsi que la faible endurance des disques, qui ont tendance à s’échauffer rapidement. J’ajouterais les résultats sont d’autant plus décevants, considérant le très faible poids de la voiture, inférieur à 1 100 kilos.

Conclusion
Plusieurs questions méritent ici d’être posées. D’abord, est-ce que la fiabilité et la durabilité de la Mazda2 sauront faire honneur à la réputation de Toyota en la matière? Est-ce qu’on risque d’assister à l’arrivée d’une Mazda2 à hayon du côté de chez Toyota, après la carrière du modèle Yaris à hayon actuel? Est-ce que Mazda aurait plutôt choisi de commercialiser sa sous-compacte en lui greffant un nom plus populaire, et ce même si elle affiche un logo différent? Est-ce que Mazda serait rendu là?

Chose certaine, cette berline dynamise l’ensemble de la gamme Yaris, qui n’avait jusqu’ici comme seul argument que la fiabilité et la durabilité. Bien sûr, le nez de Pinocchio ne fera pas l’unanimité, mais la clientèle risque comme avec plusieurs autres produits de la marque de passer par-dessus un look quelconque, ne serait-ce que pour obtenir la tranquillité d’esprit que le nom Yaris leur procure. Voilà une stratégie toute simple, mais qui risque de porter ses fruits.

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Marque

Toyota

Version

Groupe amélioré

Version à l’essai

Groupe amélioré

Marque

Moteur

4 cyl, 1,5 litre, DACT, 106 ch @ 6 000 tr-min, 103 lb-pi @ 4 000 tr-min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation enregistrée

5,4 litres aux 100 km

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

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