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Polestar 1 2020, le premier opus du nouveau constructeur

Nous avons fait l’essai routier du Polestar 1, un coupé hybride rechargeable exclusif destiné à montrer le savoir-faire du nouveau constructeur Polestar.

11 août 2020

- Modèle exclusif et nouveau dans le marché
- Attention marquée aux détails
- Bonne autonomie électrique

- Habitacle trop similaire aux modèles Volvo
- Puissance très linéaire, manque de punch
- Places arrière étriquées

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Données techniques

Marque

Polestar

Échelle de prix

198 000$

Version à l’essai

Polestar 1

Polestar, c’est le préparateur suédois qui développait certains modèles Volvo à vocation plus sportive, un peu comme le font AMG pour Mercedes-Benz et BMW Motorsport pour la division M de BMW. En 2015, Volvo a fait l’acquisition de Polestar, et les deux constructeurs appartiennent maintenant au groupe chinois Geely. Si Polestar collabore toujours avec Volvo en offrant, cette année, les V60/S60 Polestar Engineered, l’entreprise a décidé de voler de ses propres ailes et de passer de préparateur à constructeur. On a mis à l’essai le premier opus de la nouvelle marque, la Polestar 1 2020.

La Polestar 1 2020, c’est le premier véhicule du nouveau constructeur, mais il n’est pas totalement issu des écuries Polestar. Les ingénieurs ont pigé dans le savoir-faire actuel de la famille Volvo pour développer un premier modèle, mais Polestar a tenté de s’assurer que l’opération prendrait un certain sens. On comprend qu’il s’agit d’un véhicule Volvo - les étiquettes Volvo sont omniprésentes sous le capot - on retrouve, à l’instar des V60/S60, un groupe motopropulseur Polestar Engineered.

Toutefois, le constructeur a poussé au maximum l’ingénierie et le design au point d’en faire un modèle vendu tout près des 200 000 $ et produit en quantité très limitée afin de créer une certaine rareté et de hausser l’intérêt. Polestar ne produira que 500 exemplaires chaque année ; 15 exemplaires seulement seront destinés au marché canadien.

 



La Polestar 1 se présente sous les traits d’un coupé de grand tourisme, ce qui veut dire qu’il allie performance et confort sur la route. Son style ultra moderne nous fait presque penser à un véhicule concept. Il vous vaudra beaucoup d’attention et de questions comme ç’a été le cas lors de notre essai. Les gens apprécient son style dynamique avec ses larges épaulements et ses magnifiques jantes de 21 pouces laissant entrevoir les étriers de frein peints en jaune. À l’instar de la Tesla Model S, les poignées se déploient des portières à votre arrivée, mais l’ouverture n’est pas simple, il faut tirer fort pour déclencher le déverrouillage, on a l’impression qu’on va tout casser.

L’un des éléments responsables de son prix assez corsé, c’est sa carrosserie en fibre de carbone. Non seulement apporte-t-elle une légèreté supérieure (230 kilos) compensant le poids supplémentaire du système hybride rechargeable, mais elle aura aussi laissé encore plus de latitude aux stylistes en permettant de créer des formes impossibles à réaliser avec de la tôle.

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Lorsque je me suis retrouvé à bord de ce modèle sensé être hautement exclusif, j’ai été à la fois épaté et déçu. Le toit entièrement vitré vaut à lui seul le coup d’œil, on dirait effectivement un véhicule concept. Le souci du détail est omniprésent, le choix ainsi que la qualité des matériaux vont de pair avec la facture. J’ai bien apprécié le pédalier métallisé, tout comme le sélecteur de vitesses en cristal, une belle attention remarquée de mes passagers.

Cependant, les origines de Volvo sont bien perceptibles à bord. Plusieurs commandes, systèmes ainsi que toute la partie centrale du tableau de bord sont presque identiques à ceux de la Volvo V60 Polestar Enginereed, ce qui est très décevant pour un véhicule de ce prix et qui est censé attirer les amateurs d’exclusivité. Même les ceintures de sécurité jaunes étaient identiques à la Volvo V60 Polestar Enginereed.

La Polestar 1 se présente sous les traits d’un coupé 2+2, c’est-à-dire qu’on peut asseoir deux passagers de plus à l’arrière, mais pas véritablement des adultes puisque l’espace est plus que compté, et ils auront la tête dans le toit. C’est surtout pratique pour y déposer vos effets personnels. Comme beaucoup de coupés, il convient d’apprécier les déplacements à deux, sinon il faudra souffrir un peu.

Quand on ouvre le coffre, l’œil est rapidement attiré par les nombreux composants du système hybride (câblages, modules électroniques…) qui, au lieu d’être camouflés comme c’est le cas normalement, sont mis bien en évidence dernière des panneaux transparents. On a même poussé l’audace jusqu’à décrire chaque composant ; c’est unique et l’idée renforcie l’effet de voiture prototype. Les discussions atour de votre valise prendront un tout autre sens.

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En termes de technique, une seule motorisation est offerte, mais elle est assez complexe. Alors que tous les futurs véhicules de Polestar seront électriques, la « 1 » est une hybride rechargeable. On retrouve tout d’abord un moteur 4 cylindres de 2,0 litres à injection directe de carburant qui développe à lui seul une puissance de 326 chevaux. Le moteur, qui provient de chez Volvo, profite à la fois de la turbocompression et de la surcompression, ce qui permet de profiter des avantages des deux technologies tout en éliminant les inconvénients. Un moteur électrique à l’avant assume la fonction de régénération et assure le démarrage du moteur à essence. Il ajoute une puissance de 71 chevaux et assiste également la transmission automatique à 8 rapports.

Deux autres moteurs sont placés à l’arrière et propulsent les roues arrière. D’une puissance de 114 chevaux (85 kilowatts) chacun, il développe une puissance de 232 chevaux. L’ensemble déploie un total de 620 chevaux, une puissance équivalant à plusieurs superbolides. Jumelé à en ensemble de batteries lithium-ion de 34 kilowattheures, vous obtenez une autonomie électrique d’un peu plus de 120 kilomètres. Il vous sera possible de circuler sur le mode électrique jusqu’à une vitesse de 160 kilomètres/heure, bien assez pour vous retrouver dans le pétrin.  

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Sur la route, les sièges sont d’un confort difficile à égaler, certainement dans les plus moulants et confortables qu’il nous ait été donné d’essayer. On trouve rapidement une bonne position de conduite, et le large repose-pied permet de bien nous ancrer en place lors des séances de conduite plus dynamiques.

Malgré son poids, la voiture demeure assez maniable, et les transferts de poids sont bien maitrisés par la suspension et les barres antiroulis réglables à votre guise directement grâce à des vis d’ajustement sous le capot. L’utilisation de la fibre de carbone permet, selon le constructeur, une rigidité de 45 % supérieure par rapport à une carrosserie conventionnelle et un aileron actif à l’arrière se déploie lorsqu’on circule à plus de 100 kilomètres/heure et se rétracte lorsque vous ralentissez sous les 70 kilomètres/heure.

L’autonomie sur le mode tout électrique est d’environ 124 kilomètres, ces qui permet d’effectuer la majeure partie de nos déplacements quotidiens en mode électrique. Il y a toutefois une attrape. Si vous circulez sur le mode électrique, la voiture se comporte comme une propulsion puisque les deux moteurs électriques arrière n’alimentent que le train arrière de la voiture. On dispose aussi d’une puissance d’accélération plus limitée. Si jamais vous voulez profiter du rouage intégral, en condition hivernale, à titre d’exemple, il faut alors sélectionner le mode hybride qui mise aussi sur le moteur à essence et assure donc une motricité aux quatre roues. Les comportements dynamiques sont totalement différents en fonction du mode de conduite.

Le mode « Power » est censé exploiter toute la cavalerie, mais lorsque j’ai décidé d’enfoncer l’accélérateur, je n’ai pas réellement ressenti de force d’accélération, la puissance est très linaire et je n’avais certainement pas l’impression d’avoir 620 chevaux sous le pied droit, ce qui est assez étonnant compte tenu du fait que les moteurs électriques nous surprennent normalement par leur mordant. Le tout renforce l’idée que la Polestar 1 est une voiture de grand tourisme, beaucoup plus qu’une grande sportive. Elle nous rappelle d’ailleurs le comportement de la BMW i8.

Cliquez sur Conclusion pour la suite de l'essai.

Marque

Polestar

Échelle de prix

198 000$

Version à l’essai

Polestar 1

Marque

Moteur

quatre cylindres de 2,0 litres - 326 chevaux

Transmission

Automatique 8 rapports

Longueur (mm)

4 623 mm

Largeur (mm)

2 023 mm

Hauteur (mm)

1 352 mm

Empattement (mm)

2 742 mm

Poids à vide

2 340 kg

Réservoir d’essence

60 l

Garantie de base

4 ans/80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans/80 000 km

La Polestar 1 est une véritable vitrine technologique pour la marque, sauf qu’elle dispose de plusieurs technologies déjà vues chez Volvo. Elle apporte toutefois un élément d’exclusivité certain et elle vous assure de ne pas passer inaperçu à tout coup. Son affiliation avec Volvo lui retire une certaine originalité, ce qui risque de jouer avec l’engouement des collectionneurs.

Impossible de vous recommander de dépenser autant d’argent pour la Polestar 1, il lui manque de solides arguments pour justifier un tel investissement.

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