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Mitsubishi Mirage G4 2017

Essai de la Mitsubishi Mirage G4 2017

Samuel Lessard

3 août 2016

Garantie alléchante
Consommation minimaliste (sans effort mécanique)
Maniabilité en milieu urbain
Places arrière généreuses

Prix trop élevé
Performances épouvantables (CVT)
Niveau sonore élevé
Présentation générale triste

Standard

Données techniques

Marque

Mitsubishi

Version

SEL

Échelle de prix

18 298$ + 1 450$ (transport et préparation)

Version à l’essai

SEL

Marque

Moteur

3 cyl, 1,2 litre, DACT, 78 ch @ 6 000 tr-min, 74 lb-pi @ 4 000 tr-min

Transmission

Automatique à variation continue

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation annoncée (ville)

6,9 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

5,7 l aux 100 km

Consommation enregistrée

6,1 l aux 100 km (5,2 l aux 100 km sur autoroute, 10,2 l dans les cotes de Charlevoix)

Garantie de base

5 ans / 100 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

10 ans / 160 000 km

Les choses ne tournent pas rondement chez Mitsubishi. Bien sûr, le scandale des moteurs truqués n’a pas fait bonne figure, mais cela n’a pas d’impact direct sur les produits destinés au marché nord-américain. On a toutefois confirmé ne pas avoir l’intention de renouveler la berline Lancer, maintenant âgée de près de dix ans, en plus d’annoncer cette semaine le report d’un Outlander hybride enfichable, qui se fait attendre depuis 2014. Décidément, on ne s’aide pas beaucoup. En fait, on ne met cette année l’espoir que sur la nouvelle berline Mirage G4, venant seconder le modèle à hayon. Ce dernier, qui a jusqu’ici connu un certain succès, a d’ailleurs droit à plusieurs retouches d’importance pour 2017. Hélas, le constructeur nous en refuse l’accès, considérant que les dommages collatéraux causés par la presse lors de son arrivée en 2014 ont été suffisants…

 

Évidemment, nous ferons notre possible pour vous livrer nos impressions sur ce modèle, qu’on annonce finalement à moins de 10 000$, afin de demeurer compétitif avec les Spark et Micra. Mais en attendant, attardons-nous à la berline Mirage G4, qui compte elle aussi percer le marché de la sous-compacte.

 

La concurrence?
Mitsubishi vante les mérites de sa berline en mentionnant qu’il s’agit de la plus économique à la pompe, de la plus spacieuse et de la mieux garantie de sa catégorie. Or, il faut d’abord définir la catégorie en question. Doit-on la comparer à des berlines comme les Fiesta, Accent, Rio et Yaris? Sans doute que oui, puisqu’il n’existe pas de Micra ou de Spark en version berline. Et dans les faits, les énoncés de Mitsubishi ne sont pas faux. Maintenant, est-ce que ces arguments de vente sont béton, ou y a-t-il place à la contestation?

En fait, cette voiture destinée à la base aux marchés émergents rappelle à plusieurs niveaux la défunte Nissan Versa berline, toujours commercialisée aux États-Unis. Une voiture à la fois minimaliste et spacieuse, simple et efficace (nous dit-on), mais qui ne joue aucunement la carte de l’élégance pour séduire. D’ailleurs, la Mirage G4 est loin d’être une réussite esthétique. On peut plutôt parler ici d’un design triste, voire moche, qui ne risque pas d’attirer les foules. Sur cet aspect, le modèle à hayon est nettement plus attrayant.

De base…ou vraiment de base?
Deux versions de la G4 sont proposées, soit la ES et la SEL. Évidemment, la seconde propose un look un peu moins bon marché, grâce à l’ajout d’un pilier B peint en noir, de jantes de 15 pouces et de feux antibrouillards. Or, la majorité des distinctions sont visibles à l’intérieur, puisque la version SEL reçoit un équipement plus cossu. Pensez à la climatisation automatique, au régulateur de vitesse, à la caméra de recul, aux sièges chauffants ainsi qu’à l’application AppleCarPlay/AndroidAuto. Quelques éléments décoratifs supplémentaires y sont également visibles, mais rien qui permettent d’enrichir réellement la présentation intérieure, tout aussi morne que la carrosserie.

En fait, cet habitacle laisse tout simplement croire à une voiture d’une autre époque. Présentation simpliste et matériaux de piètre qualité sont donc au menu, même dans la version SEL qui pourtant, est équipée d’éléments décoratifs et d’une sellerie de tissu « de qualité supérieure ». En d’autres termes, comprenez que la version ES propose un habitacle préparé par le plus bas soumissionnaire.

Côté confort, la Mirage pèche par des sièges avant hautement fixés qui ne permettent pas d’obtenir une bonne position de conduite. L’ajustement vertical de l’assise (uniquement offert sur la version SEL) est à peu près inutile, si bien que seules les personnes de petite taille y trouveront leur compte. Qui plus, aucune version ne propose d’accoudoir rabattable ou de volant télescopique, des éléments pourtant communs chez la plupart des rivales.

Mitsubishi rétorque toutefois en mentionnant que l’espace aux places arrière est le plus généreux du segment, ce qui est vrai. Trois personnes peuvent s’y installer en bénéficiant d’un certain dégagement. Même l’espace à la tête est généreux, malgré la hauteur de l’assise. Hélas, le coffre, lui aussi très volumineux, ne peut être transformé, puisque le dossier de la banquette est fixe. Oui, vous avez bien lui. En 2017, on nous sert toujours une banquette non rabattable !

La plus économique, mais…
La berline G4 partage avec sa petite sœur son moteur trois cylindres de 1,2 litre, baptisé Mivec, qui fait cette année un gain de 4 chevaux. Au total, 78 chevaux sont livrés par ce moteur, qui affiche des cotes de consommation d’essence plutôt intéressantes, directement comparables avec celles de la Toyota Yaris berline. Une moyenne combinée à 6,4 litres aux 100 km. Et j’ai pu conserver sur route une moyenne de 5,2 litres aux 100 km, ce qui est excellent. Il faut cependant comprendre que la compétition propose généralement des mécaniques plus puissantes et nettement plus agréables. L’Accent, par exemple, nous sert un moteur quatre cylindres de 138 chevaux, drôlement plus nerveux et disons-le plus raffiné. Ici, une désagréable cacophonie se fait entendre lors de l’accélération, alors que les vibrations mécaniques sont palpables en tout temps. Qui plus est, les performances sont presque dangereuses. J’ai bouclé le 0-100 km/h en 16,1 secondes avec le modèle SEL (livré avec la boîte CVT), une cote qui est montée à 19,8 secondes en ajoutant un passager et en activant le climatiseur…

Bien sûr, la consommation impressionne, mais il faut aussi être conscient des limites de cette mécanique, qui m’a fait rager dans les cotes de Charlevoix. Pour y maintenir une moyenne de 100 km/h, il me fallait souvent appuyer à fond pendant plusieurs minutes, en faisant crier la mécanique de façon ridicule. Tout ça, avec pour objectif de suivre le trafic. Depuis La Malbaie jusqu’à Québec, la consommation d’essence affichée s’est conséquemment soldée à 10,2 litres aux 100 km. Et attention, j’étais seul à bord ! Imaginez avec trois autres passagers et des bagages…

Bien sûr, le poids plus élevé de cette berline par rapport au modèle à hayon impacte sur les performances et sur la consommation, dès le moindre effort. Peut-être qu’en milieu urbain, on s’en sort sans trop de dommages, mais en dehors des zones limitées à 50 ou 70 km/h, cette voiture n’a rien d’efficace.

Vive les 15 pouces
De série, la Mirage G4 nous sert des roues de 14 pouces, sur pneus de taille P165/65R14. Essentiellement, des savonnettes qui rendent la conduite hasardeuse. Heureusement, le modèle SEL reçoit des pneus de 15 pouces qui permettent de conserver une meilleure stabilité. Attention, le roulis demeure prononcé, mais drôlement moins qu’avec le modèle de base. Il faut également applaudir le très court diamètre de braquage qui permet à la voiture de se faufiler partout et sans effort. Retenez cependant que les deux pires irritants du comportement de cette voiture concernent le manque d’insonorisation et de puissance, surtout avec la boîte à variation continue.

Quoi? Combien?
Mitsubishi propose la Mirage G4 à compter de 14 498$ (+ 1 450$ pour le transport et la préparation), un prix plus élevé que celui des actuelles berlines Hyundai Accent et Kia Rio, mieux équipées. Quant à la version SEL, elle frôle les 20 000$ en incluant les frais. Un prix d’à peine 1 000$ moins élevé que celui d’une Lancer SE mieux équipée, ou encore d’une Honda Civic LX à boîte CVT avec laquelle la comparaison n’a tout simplement pas lieu d’être. Faut-il en dire plus?

La Mirage G4 à RPM
Il y a quelques semaines, nous mettions à l’essai la Mirage G4 SEL pour l’émission RPM. En toute honnêteté, nous ne nous attendions pas à être emballés par ce produit, technologiquement très conservateur. Or, l’événement qui s’est produit sur la piste a donné des sueurs froides à toute l’équipe, puisque de nombreux problèmes d’ordre mécaniques sont survenus, principalement causés par un commutateur défectueux. Vous en saurez davantage en visionnant l’épisode qui sera diffusé cet automne. Cela dit, il ne faut pas craindre la fiabilité de ce produit, qui devrait être aussi bonne que celle de sa petite sœur, et que celle de la plupart des produits de la marque.

Maintenant, il existe plusieurs raisons pour ne pas acheter ce produit. La principale étant son prix, à mon avis 4 000$ trop élevé, mais aussi sa conception archaïque qui nous ramène à une autre époque. Le seul fait de planter le microphone et le processeur Bluetooth sur la planche de bord, en laissant le filage apparaître comme si vous l’aviez installé vous-même, tient du ridicule. Et il ne s’agit que d’un élément parmi tant d’autres. Ironiquement, la version hatchback se défend mieux parce que davantage cataloguée comme citadine. Plus mignonne, moins lourde et plus attrayante, elle coûte aussi moins chère en raison des rabais qu’on lui octroie. Cela dit, Mitsubishi se met à mon avis le doigt dans l’œil jusqu’au coude avec cette voiture. Ainsi, plutôt que de mettre ses énergies sur un produit qui n’a pas sa place en Amérique du Nord, il vaudrait mieux concentrer ses efforts à la refonte de la Lancer ou à l’importation du Outlander PHEV, qui brille toujours par son absence. Parce qu’en attendant, c’est comme si on lançait sa ligne dans la chaloupe !

Marque

Mitsubishi

Version

SEL

Échelle de prix

18 298$ + 1 450$ (transport et préparation)

Version à l’essai

SEL

Marque

Moteur

3 cyl, 1,2 litre, DACT, 78 ch @ 6 000 tr-min, 74 lb-pi @ 4 000 tr-min

Transmission

Automatique à variation continue

Autre conduite

Roues motrices avant

Consommation annoncée (ville)

6,9 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

5,7 l aux 100 km

Consommation enregistrée

6,1 l aux 100 km (5,2 l aux 100 km sur autoroute, 10,2 l dans les cotes de Charlevoix)

Garantie de base

5 ans / 100 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

10 ans / 160 000 km

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