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Mini Clubman Cooper 2016 : la nouvelle méga Mini

Benoit Charette

21 décembre 2015

Silhouette élégante
Habitacle polyvalent
Conduite amusante
Couple des moteur très généreux

Bruits éoliens à haute vitesse
Prix élevés (après options)
Espace à l'arrière plutôt moyen


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Données techniques

Marque

Mini

Version

Cooper et Cooper S

Options

Boîte de vitesses automatique : 1 500 $; ensemble Éclairage à DEL : 1 150 $; phares adaptatifs à DEL : 250 $; ensemble Navigation branchée : 1 000 $.

Échelle de prix

24 990 $ et 28 990 $ + 1 985 $ (transport et préparation) + 399 $ (frais de gestion du concessionnaire)

Version à l’essai

Cooper et Cooper S

Marque

Moteur

(Cooper) L3 biturbo, 1,5 litre, DACT, 134 ch @ 4 400 tr/min, 162 lb-pi @ 1 250 tr/min; (Cooper S) L4 biturbo, 2,0 litres, DACT, 189 ch @ 5 000 tr/min, 207 lb-pi @ 1 250 tr/min

Transmission

Manuelle à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

Il n’y a pas si longtemps, l’expression « méga Mini » désignait l’utilitaire Countryman. Mais les choses changent vite dans le monde automobile et il y a désormais plus gros que cela au sein de cette marque germano-britannique. Il s’agit de la familiale de la gamme : la nouvelle Clubman. Selon le constructeur, c’est même la plus grosse Mini jamais fabriquée. Belle antithèse ambulante !

IL Y A MINI... ET MINI
Lorsqu’on dit Mini, on veut dire petit. L’ingénieur Alec Issigonis pensait ainsi lorsqu’il a esquissé son « bébé Austin » à la fin des années 50. Certains qualifiaient sa voiture de minimaliste, mais il y avait plus petit encore : l’Isetta, la Goggomobil et tous ces autres microbes motorisés nés dans l’Europe d’après-guerre.

Puis en 2000, BMW a fait sienne cette marque jusqu’alors purement britannique. Depuis, la Mini n’a cessé de gagner centimètres et kilos. Si bien qu’un Countryman 2016 se révèle presque aussi volumineux qu’un Buick Encore. Les stratèges de Munich savent que les Étatsuniens, un des principaux publics ciblés par cette marque, aiment les « gros chars ». Cet attrait explique l’arrivée de la nouvelle méga Mini.

N’allez surtout pas croire qu’une familiale au sein de cette marque constitue une nouveauté. La Clubman 2016 inaugure même la seconde génération de la familiale Mini telle qu’imaginée par BMW. La première, apparue fin 2007, était nettement plus petite et rappelait davantage les familiales lancées en 1961 en versions jumelles : les Austin Mini Countryman et Morris Mini Traveller. Ces ancêtres étaient 25 cm plus longs que la puce originale lancée par Issigonis deux ans plus tôt.

Ces toutes premières familiales ont été fabriquées jusqu’en 1969. Puis, dans la foulée de la création de British Leyland (un conglomérat qui a réuni Austin, Morris et plusieurs autres grands noms aujourd’hui disparus), Mini est devenue une marque à part entière. La familiale a subi de légères retouches esthétiques, en plus d’être rebaptisée Clubman. Elle a été fabriquée jusqu’en 1982.

NOM EMPREINT D'HISTOIRE
Voilà donc d’où vient le nom de la nouveauté dont nous avons fait l’essai dans la région de Savannah, en Géorgie, à l’invitation de BMW Canada. Un nom empreint d’histoire, une incontournable composante des produits Mini puisqu’elle entretient le culte de la marque et nourrit la nostalgie de nombreux acheteurs. D’ailleurs, le rétro est récurrent dans la recette de toutes Mini, celle-là comme les autres. À travers cela, on découvre les nombreuses nouveautés qu’affiche cette Clubman : un nouveau châssis (celui du BMW X1), une nouvelle silhouette, de nouvelles dimensions, de nouveaux groupes motopropulseurs, etc.

Par rapport à la Clubman de 2007, la version 2016 est 27 cm plus longue et 9 cm plus large. L’empattement de son châssis a augmenté de 10 cm et ses voies ont beaucoup élargi. Chaussée de roues légèrement plus grosses, sa version Cooper S, plus cossue et plus puissante, se pare désormais de roues de 17 po.

Le constructeur a aussi adopté le concept d’une carrosserie à 6 portes. Oubliez l’unique porte latérale arrière côté passager de l’ancien modèle, celle qui ouvrait à contresens et seulement après avoir ouvert la porte du passager avant. Cette formule se révélait peu pratique et causait beaucoup d’irritants. Or, pour faciliter l’accès à la banquette arrière, le constructeur a doté sa nouvelle familiale de quatre grandes portes normales, qui rendent l’espace arrière nettement plus invitant. En revanche, pour le coffre, on a conservé les deux portes battantes, un attribut rétro emprunté aux Traveller/Countryman/Clubman d’antan.

Comme sa devancière, la nouvelle Clubman affiche une carrosserie de forme allongée, large et plutôt basse, avec une ceinture de caisse horizontale qui tranche avec le découpage en delta commun dans l’industrie. Le profil est plutôt quelconque, certes. Par contre, le pavillon et les coques de rétroviseurs qu’il est possible d’avoir (sans frais) en blanc, en noir ou en argent pour créer un contraste avec la carrosserie, de même que la grande calandre hexagonale à contour chromé encadrée de phares circulaires qui ressemblent à des yeux, tout cela préserve le style caractéristique de la marque. Impossible de ne pas reconnaître la bouille sympathique d’une Mini lorsqu’elle surgit quelque part. On aime ou on déteste. Au moins, on ne reste pas indifférent devant cette voiture !

INTÉRIEUR UN BRIN CONSERVATEUR
L’intérieur de la nouvelle Clubman a beaucoup changé, surtout le tableau de bord qui adopte un style nettement moins excentrique. Ainsi, sa portion encavée a disparu, il est désormais beaucoup plus massif et les commandes réunies dans sa portion centrale ont été simplifiées. Les buses circulaires ont aussi été remplacées par des buses de formes polygonales quelconques. Le socle dans lequel il fallait auparavant glisser (avec difficultés) la clé électronique pour lancer le moteur a disparu. Heureusement, cette clé de contact conserve sa forme de bulle aplatie caractéristique.

La portion centrale du tableau de bord demeure dominée par un pavé circulaire. Cependant, il ne sert plus à loger un indicateur de vitesse surdimensionné. Ce cadran se retrouve maintenant dans l’espace qui lui est traditionnellement réservé derrière le volant, encadré par un petit compte-tours sur la gauche et un curieux indicateur de niveau d’essence à multiples témoins lumineux.

Au centre du tableau de bord, dans un grand pavé circulaire on trouve des commandes et un écran servant à la chaîne multimédia, au système de guidage par satellite (optionnel) et à la caméra arrière. En optant pour l’ensemble Câblé (optionnel aussi), on obtient un imposant écran tactile de 8,8 po.

Le constructeur annonce un habitacle à cinq places, ce qui s’avère plus réaliste qu’avec l’ancienne Clubman. Ses cotes d’habitabilité ont augmenté de manière substantielle, si bien que cette voiture se compare désormais à une Volkswagen Golf à 5 portes. La carrosserie de chacune a les mêmes dimensions à quelques millimètres près. La Mini a même des voies et un empattement marginalement plus importants. Et comme on peut s’y attendre, leurs cotes d’habitabilité sont également très proches. La Golf a l’avantage d’offrir plus de dégagement au niveau des jambes, à l’arrière, et son coffre un volume utile supérieur, que la banquette arrière soit rabattue ou non du coffre. Dans la VW, il peut varier de 490 à 1 520 L, alors que la Mini doit se contenter de 360 à 1 250 L.

Fait à noter, la Clubman a une carrosserie nettement plus longue que celle de la Mini 5-portes. Son habitacle est aussi plus spacieux, sauf pour ce qui est du dégagement au niveau des jambes, curieusement.

LA MINI À L'ÈRE DU TURBO
La Clubman partage les deux nouveaux moteurs offerts pour la Mini 5-portes. Pour la Cooper, le modèle d’entre de gamme, il s’agit d’un tricylindre biturbo (TwinPower) de 1,5 L qui développe 134 ch et 162 lb-pi de couple. La Cooper S, pour sa part, bénéficie d’un 4-cylindre biturbo de 2,0 L qui livre 189 ch et 207 lb-pi.

De petits moteurs, pensez-vous ? On est tout de même loin du 4-cylindres à soupapes latérales de 848 cc qui, selon l’époque, a fourni 34 à 39 ch à la Mini originelle. Évidemment, cette puce pesait moins de 700 kg, soit moitié moins qu’une Clubman 2016. À tout le moins, comme leur ancêtre, les deux TwinPower sont montés en position transversale et ils entraînent les roues avant.

Ces moteurs suralimentés se distinguent par le couple important qu’ils déploient à très bas régime. Dès qu’ils tournent à 1 250 tr/min, le conducteur dispose d’une énergie vive qui permet à cette petite familiale de s’élancer. L’effet est particulièrement marqué dans le cas de la Cooper S, qui peut accélérer de 0 à 100 km/h deux secondes plus vite que la Cooper. Le constructeur annonce 7,2 secs pour une version S à boîte manuelle et 9,1 secs pour la Cooper tricylindre équivalente. Pour cette dernière, ce temps d’accélération est d’ailleurs une seconde plus long qu’il ne l’est pour un Mini 5-portes. Serait-ce à cause des quelque 165 kg qu’elle doit déplacer en plus ?

La Cooper partage les deux boîtes de vitesses à 6 rapports offertes pour la Mini 5-portes, une manuelle et une automatique. Pour la Cooper S, c’est différent. La boîte manuelle, qui a aussi 6 rapports, a des rapports supérieurs plus longs à partir du troisième. De plus, ce modèle inaugure une nouvelle boîte automatique à 8 rapports. Cette boîte Sport Steptronic réduit encore plus les temps de passage de rapports et dispose d’un mode manuel qu’il est possible d’utiliser à l’aide de palettes de commande fixées derrière le volant. Elle offre même une fonction « Launch » devant dynamiser l’accélération lors d’un départ arrêté en accroissant la motricité.

Les Clubman sont également dotées d’un système de gestion mécanique « Mini Driving » offrant au conducteur trois niveaux de sportivité et/ou de performance éconergétique. Ces modes Mid, Sport et Green, qu’on choisit au moyen d’un commutateur situé à l’embase du levier de vitesses, modifient, chacun à leur manière, la réactivité de l’accélérateur, la tension et la sensibilité de la servodirection, de même que les temps de passage des rapports. Naturellement, le mode Green sert à optimiser la consommation. D’ailleurs, il agit même sur le climatiseur pour minimiser la charge énergétique qu’il applique au moteur.

Dans le même esprit, les deux moteurs sont munis d’un dispositif d’arrêt-démarrage automatique (d'arrêt au ralenti) qui contribuera assurément à réduire la consommation. C’est le dispositif idéal pour économiser des litres du carburant super, surtout si vous êtes accro aux services à l’auto des commerces de restauration rapide !

Soulignons, enfin, qu’à l’instar de la Mini 5-portes, la Clubman a une servodirection électromécanique, une suspension indépendante et des freins à disque aux quatre roues.

CHOUETTE À CONDUIRE
Sur route, on redécouvre la magie de la Mini. Depuis la renaissance de cette marque, cela se traduit par un plaisir indéniable de conduire. Voilà le sentiment qu’on ressent au volant de cette petite familiale, d’abord par l’agilité que lui donne sa servodirection précise, qui bénéficie d’une assistance bien dosée, ensuite par la nervosité des deux moteurs qui ne manquent jamais de souffle, gracieuseté du principe TwinPower qui libère un couple plus que généreux à bas et moyen régime.

L’amateur de conduite se plaît au volant d’une Clubman, c’est indéniable. Naturellement, le féru de performances préférera la Cooper S, à laquelle le 2,0 L donne une sportivité qu’on associe pas naturellement à la silhouette discrète d’une familiale. Ses capacités d’accélération et les reprises soutenues en témoignent. Certes, les 7 secs qu’on met à atteindre 100 km/h n’en font pas un foudre de guerre, mais c’est assez pour justifier l’occasionnel étirement vers le haut des commissures des lèvres du conducteur !

Il faut être honnête et admettre que n’importe quelle automobile, même une vulgaire Lada Samara, paraîtrait bien sur les routes droites et plates (lire : sans dénivellation majeure) de la Géorgie côtière. Outre les capacités d’accélération et de reprise que nous avons pu apprécier, avec retenue précisons-le, les lieux où nous avons essayé les nouvelles Clubman nous ont surtout permis de constater qu’elles sont d’agréables routières; des voitures qui rendent agréables de longs périples sur autoroute.

Les éléments de suspension ont rendu le roulement feutré (ce qui était normal sur des autoroutes et des routes régionales à surfaces lisses). De plus, l’insonorisation nous est aussi apparue convenable, bien que nous ayons perçu certains bruits éoliens parasites à 100-120 km/h (et causés par les essuie-glaces ? les rétroviseurs ?). Les boîtes de vitesses manuelles, par ailleurs, bénéficient d’étagements qui mettent bien en valeur les deux moteurs. Le maniement de leur levier est aussi précis que celui d’une Mazda MX-5 (lire : fun !).Enfin, le freinage se module avec précision, ce qui suggère une conduite agréable dans un environnement comme les Laurentides.

Dans un vieux quartier de Savannah appelé River Street, découvert par hasard, la précision de la servodirection à basse vitesse sur une chaussée couverte de pavés s’est révélée aussi pratique qu’agréable. Ces rues étroites étaient aussi l’endroit idéal pour mettre à l’épreuve la manoeuvrabilité de cette voiture, qui a un faible rayon de braquage (11,3 m; il était de 11,0 pour l’ancienne Clubman). Cela dit, la Golf 5-portes fait un peu mieux à ce chapitre avec un rayon de braquage de 10,9 m.

L’essai dans le Vieux-Savannah nous a également permis d’apprécier la visibilité tous azimuts que procure une ceinture de caisse basse et horizontale, de même que les gros rétroviseurs de cette nouvelle Clubman. À l’arrière, par contre, il faut se faire à un champ de vision scindé en deux en permanence par les deux portes. C’est le tribut qu’impose l’aspect rétro de cette Mini.

L'ACHETEUR, CET INCONNU
La Clubman a beaucoup changé et, dans le contexte nord-américain, c’est assurément pour le mieux. Ses dimensions plus généreuses, sa conception un tantinet plus traditionnelle (à l’intérieur) et ses mécaniques plus jouissives lui assurent un potentiel qui faisait cruellement défaut aux modèles antérieurs. En prime, elle conserve les qualités dynamiques qu’on associait à ces dernières.

Reste à voir si cette voiture, vendue jusqu’ici au compte-gouttes, saura attirer plus d’acheteurs. De janvier à novembre 2015, BMW n’a vendu qu’un peu plus de 5 000 automobiles de marque Mini au Canada (sans préciser combien de Clubman…), pendant que Honda écoulait plus de 60 000 Civic ! Et quels seront ces acheteurs de Clubman ? Compte tenu des maigres ventes réalisées avec le modèle actuel, les stratèges de BMW Canada ne savent trop comment le dépeindre.

À priori, on pourrait croire que cette petite voiture à carrosserie polyvalente attirera naturellement des acheteurs d’Audi A3 Sportback, de Mercedes-Benz Classe B, de Lexus CT 200h ou de Golf GTI 5-portes, ou encore des acheteurs de véhicules comme le Buick Encore ou le Nissan Juke. Elle détournera peut-être aussi l’attention d’acheteurs qui auraient envisagé l’achat d’une Mini 5-portes (moins volumineuse, moins spacieuse, mais aussi moins chère) ou d’un utilitaire Countryman (plus cher, légèrement moins spacieux, mais doté d’une transmission intégrale très attrayante pour nos hivers québécois).

La commercialisation de la Clubman, qui doit débuter durant le premier trimestre de 2016, nous permettra, au fil des mois, de découvrir la nature de la clientèle de cette nouvelle venue. Une voiture qui, il faut l’admettre, ne manque pas de charmes, tant pour les amateurs de conduite que pour les nostalgiques des Mini d’antan !

Photos originales : Luc Gagné

Marque

Mini

Version

Cooper et Cooper S

Options

Boîte de vitesses automatique : 1 500 $; ensemble Éclairage à DEL : 1 150 $; phares adaptatifs à DEL : 250 $; ensemble Navigation branchée : 1 000 $.

Échelle de prix

24 990 $ et 28 990 $ + 1 985 $ (transport et préparation) + 399 $ (frais de gestion du concessionnaire)

Version à l’essai

Cooper et Cooper S

Marque

Moteur

(Cooper) L3 biturbo, 1,5 litre, DACT, 134 ch @ 4 400 tr/min, 162 lb-pi @ 1 250 tr/min; (Cooper S) L4 biturbo, 2,0 litres, DACT, 189 ch @ 5 000 tr/min, 207 lb-pi @ 1 250 tr/min

Transmission

Manuelle à 6 rapports

Autre conduite

Roues motrices avant

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

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