Mercedes-Benz Classe G 2016 - messages.columnarticles-details.Columns

Standard

Mercedes-Benz Classe G 2016

Essai du Mercedes-Benz Classe G 2016

Pierre Michaud

1 mai 2016

Robustesse et solidité
Look indémodable
Luxe et finition de haut niveau
Moteurs performants
Faible dépréciation malgré le prix

Comportement routier hasardeux
Lacunes ergonomiques à bord
Consommation gargantuesque
Prix indécent

Standard

Données techniques

Marque

Mercedes-Benz

Version

G550

Options

Roues peintes en noir (500$), Cuir Designo (2 200$), Suspension réglable (1 850$)

Échelle de prix

131 750$ + 3 000$ (transport et préparation) = 134 750$

Version à l’essai

G550

Marque

Moteur

V8, 4,0 litres biturbo, 416 ch à 5 250 tr-min, 450 lb-pi à 2 250 - 4 750 tr-min

Transmission

Automatique à 7 rapports

Autre conduite

4 roues motrices avec gamme basse

Consommation annoncée (ville)

19 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

16,5 l aux 100 km

Consommation enregistrée

18,2 l aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

Il y a de cela six ou sept ans, j’avais eu l’occasion de prendre le volant d’un Mercedes-Benz G320 CDI à moteur diesel importé d’Europe, alors que le constructeur songeait à l’importer chez nous. Quelques dizaines de kilomètres parcourus en pleine tempête hivernale n’avaient toutefois pas suffi à étancher ma soif, moi qui rêver depuis toujours de goûter au plaisir de ce monstre anticonformiste. C’était à l’époque où Mercedes-Benz commercialisait chez nous le G500 et le G55 AMG, lesquels ne s’écoulaient alors qu’à quelques dizaines d’unités annuellement au Canada.

À quelques reprises au cours des années qui suivirent, j’allais tenter de remettre la main sur un Galendewagen (nom d’origine du Classe G), en vain. Mais soudainement, il y a quelques semaines, on me proposait d’en prendre le volant, le constructeur ayant choisi de mettre un G550 à la disposition de la presse automobile.

Soyons francs, notre métier nous amène à découvrir de plus en plus de bolides technologiquement très évolués, plus verts, plus connectés, mais souvent moins passionnants. Ainsi, dans un menu sans sucre, sans sel et sans gluten, il fait parfois bon de lâcher son fou avec un gâteau triple chocolat. Et pour cause, ma cédule d’essais routiers allait me faire passer d’une Ford C-Max Energi à ce G550, aux allures de bad boys.

En apercevant le bolide, j’ai d’abord eu l’impression qu’il s’agissait d’un G63 AMG. Tout de noir vêtu, arborant de belles jantes noires de 19 pouces et possédant les pare-chocs et les ailes élargies des modèles AMG, il ne laissait pas croire à un modèle « d’entrée de gamme ». C’est qu’en fait, Mercedes-Benz ajoute ces éléments de série pour 2016, ce qui inclut aussi les feux de position au DEL et l’échappement sport situé devant les pneus arrière.

 

 

 

Débutons l’aventure
À elle seule, l’ouverture d’une portière ou pire, du hayon à battant, est une expérience en soi. Sans accès sans clé, on appuie sur un bouton circulaire sur lequel vous devrez mettre une certaine pression. En refermant la portière, vous aurez l’impression qu’il s’agit de celle du coffre-fort de la Banque du Canada. Il se peut également qu’au moment de la fermer, le chien de votre deuxième voisin se mette à japper, tellement l’exercice n’a rien de subtil.

Une fois installé au volant, vous vous sentirez aux commandes d’un fourgon blindé. Cela dit, la beauté des cuirs et des différents matériaux vous séduiront rapidement, surtout à bord des versions AMG, qui reçoivent des baquets de cuirs surpiqués, franchement sublimes. Rapidement, vous réaliserez que l’équipement est cossu et moderne, mais que la conception vieillotte du véhicule occasionne quelques irritants. Par exemple, les espaces de rangement s’y font très rares et le dégagement pour les jambes à l’arrière est plutôt limité. Quant à l’unique porte-gobelet ajouté à la hâte, il se juche à la paroi droite de la console centrale, ce qui le rend difficilement accessible pour le conducteur.

Tournez ensuite la clé (donc, pas de bouton-poussoir) et vous aurez immédiatement des frissons, grâce au son plutôt violent qui émane des pots d’échappement. Un petit coup sur l’accélérateur, et vous êtes assuré que ce même chien, à deux portes de chez vous, devienne complètement dingue. De l’intérieur, le son est lourd, profond, mais très agréable. De l’extérieur, c’est digne d’une Shelby GT500 !

G550…pour 4,0 litres !
Ne cherchez plus de lien entre la nomenclature et la cylindrée des modèles. Chez Mercedes-Benz, cette logique ne tient plus. À preuve, le G550 se voit greffer cette année un nouveau V8 de 4,0 litres biturbo à injection directe, lequel produit 416 chevaux. Dérivé des mécaniques utilisées dans l’AMG GT et la C63 AMG, ce moteur vrombit fort et propose une puissance capable de lui faire boucler le 0-100 km/h en 6 secondes. Évidemment, le poids gigantesque du véhicule (2 595 kg) se fait sentir, ce qui explique une consommation moyenne se situant toujours autour des 18 litres aux 100 km. Et que vous rouliez en ville comme sur autoroute, la consommation se ressemblera beaucoup. Cela s’explique par un coefficient aérodynamique de 0,54, comparable à celui d’un congélateur, qui engendre par conséquent un effort supplémentaire du véhicule à plus grande vitesse.

Passez au G63 AMG, et la puissance grimpera de 120 chevaux. Et si ce n’est pas assez, Mercedes-Benz assouvira vos désirs avec la G65 AMG, lequel vous sert un V12 biturbo de 621 chevaux et 738 lb-pi de couple. Un véritable monstre mécanique qui pourra même donner des leçons de musculation au nouveau Bentley Bentayga !

Injection directe…et direction à billes
Aussi moderne soit la motorisation, le Classe G continue de nous servir une architecture digne d’une autre époque. Le camion repose donc sur un châssis à échelle, en nous servant une suspension à essieu rigide devant comme derrière, ainsi qu’une direction à billes. Par chance, les freins sont à disques (!), ceux-ci étant d’ailleurs très performants. Néanmoins, le comportement du véhicule demeure hasardeux. La direction est aussi imprécise que celle de la vieille Oldsmobile de grand-papa, et le centre de gravité vous force à calmer vos ardeurs à l’approche d’un virage. En milieu urbain, on travaille également fort pour tricoter, la direction étant plutôt lourde.

Malgré tout, on prend rapidement plaisir à composer avec ces imperfections. Le G550 nous force bien sûr à demeurer concentrés au volant, mais nous exprime le bonheur de sa différence. Évidemment, éviter un obstacle ou une collision avec ce mastodonte ne serait pas tâche facile, et ce malgré tous les systèmes d’aide à la conduite. Mais il s’agit du prix à payer pour être si hautement juché dans la hiérarchie des VUS de luxe.

En six jours
En six jours, je me suis fait complimenter des dizaines de fois. Impossible de s’immobiliser quelque part sans que quelqu’un vous intercepte ou vous envoie le pouce en l’air. Et vous auriez dû voir le nombre d’enfants qui, à l’intérieur d’une cour d’école, se précipitaient vers la clôture à la vue du véhicule et en m’attendant circuler à 25-30 km/h. Comme s’ils apercevaient la toute dernière Ferrari ! Pourtant, ce camion roule sa bosse depuis près de 40 ans…

En six jours, j’ai aussi réalisé un fantasme. Le Galendewagen faisait en effet partie d’une longue liste de voitures que je rêve de conduire, liste qui comporte aussi bien une Renault 5 Turbo qu’une Tucker ou qu’une Porsche 959. Alors, comme on dit en bon français : check !

En six jours, j’ai néanmoins compris que jamais je ne posséderais un tel camion. Car même s’il est indémodable et plus cool que n’importe quelle star de hip-hop, son prix est indécent. Même d’occasion, la facture demeure inaccessible pour la plupart des gens. Et à cela, ajoutez qu’en six jours, j’ai brûlé 235$ d’essence, pour ne parcourir que 900 kilomètres…
 

Marque

Mercedes-Benz

Version

G550

Options

Roues peintes en noir (500$), Cuir Designo (2 200$), Suspension réglable (1 850$)

Échelle de prix

131 750$ + 3 000$ (transport et préparation) = 134 750$

Version à l’essai

G550

Marque

Moteur

V8, 4,0 litres biturbo, 416 ch à 5 250 tr-min, 450 lb-pi à 2 250 - 4 750 tr-min

Transmission

Automatique à 7 rapports

Autre conduite

4 roues motrices avec gamme basse

Consommation annoncée (ville)

19 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

16,5 l aux 100 km

Consommation enregistrée

18,2 l aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

RPM est fière de vous livrer des opinions 100% indépendantes. Nos essais routiers et nos essais comparatifs ne sont pas exigés ni commandités par les constructeurs automobiles.

Appuyez Entrée pour rechercher ou Échapper pour fermer