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Mazda CX-3 2016 : le bon produit au bon moment

Benoit Charette

1 mai 2015

Ligne audacieuse
Faible consommation d'essence
Bel agrément de conduite
Finition surprenante
Prix compétitif
Puissance modeste
Espace arrière réduit
Visibilité moyenne


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Données techniques

Marque

Mazda

Marque

Moteur

4 cyl, 2,0 litres, DACT, 146 ch @ 6 000 tr-min, 146 lb-pi @ 2 800 tr-min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Consommation annoncée (ville)

8,2 l aux 100 km (2RM), 8,8 l aux 100 km (4RM)

Consommation annoncée (route)

6,7 l aux 100 km (2RM), 7,3 l aux 100 km (4RM)

Consommation enregistrée

7,1 l aux 100 km (2RM)

Petit constructeur nippon, Mazda se doit d’être prudent à chaque refonte d’un modèle. Alors imaginez à quel point on se doit de l’être lorsqu’il est question d’un tout nouveau modèle, sans précédent. Les trop nombreuses erreurs stratégiques des années 90 (929 Serenia, Millenia et 323 1995) ont été longtemps coûteuses, sans compter ce partenariat avec Ford qui n’a pas toujours été positif. Il n’est donc plus question de prendre de risques, ou de laisser les choses au hasard.

Ainsi, après avoir annoncé le report de l’introduction de la nouvelle Mazda2 en Amérique du Nord, la firme d’Hiroshima mise fort sur son nouveau cheval de bataille, le CX-3. Ici, la stratégie est simple. On vise directement l’acheteur des Honda HR-V, Jeep Renegade et Nissan Juke, tous des véhicules récents se trouvant dans un segment très jeune, mais qui devrait d’ici peu représenter 5% des ventes totales en Amérique du Nord. On peut également inclure dans le lot le Chevrolet Trax, la nouvelle Fiat 500x, le Mitsubishi RVR et même la XV Crosstrek de Subaru.

À lire également - Premières impressions du Honda HR-V 2016

En vidéo : Premières impressions du Mazda CX-3 2016

Kodo
Incontestablement, Mazda mise sur la séduction par le design pour attirer la clientèle. L’ADN de la marque est ici ressenti dans les moindres détails esthétiques, qui se rallient à la philosophie de design KODO, introduite en premier lieu avec le concept Shinari.  Museau massif et plongeant, croisement d’une double ceinture de caisse, jantes surdimensionnées et proportions uniques sont au cœur de la conception de chaque véhicule Mazda, ce qui explique non seulement leur élégance, mais aussi le fait qu’on puisse facilement les distinguer dans le paysage automobile.

Le CX-3 ne fait donc pas exception à cette règle et nous livre une robe audacieuse, distinctive, affichant un fort sex-appeal et un caractère unique. Comme de coutume, le véhicule est livrable en trois versions (GX, GS, GT), la GT étant bien sûr la plus cossue. Cette dernière se démarque esthétiquement par ses feux au DEL, ses immenses roues de 18 pouces, ainsi que par cette moulure argentée au bas de caisse, apportant une jolie touche d’élégance. Curieusement, on ne propose toutefois pas de glaces fumées à l’arrière, comme sur le CX-5 ou sur la plupart des modèles rivaux de haut de gamme. Voilà qui est d’autant plus surprenant, considérant que le pilier D, peint en noir, crée un effet contrastant qui se marie à merveille avec un verre intimité.

À bord, difficile d’être dépaysé, surtout après avoir pris le volant d’une Mazda3. L’instrumentation est identique, tout comme le volant et l’écran de 7 pouces qui surplombe la planche de bord. Maintenant, le souci du détail en matière de finition est ici repoussé d’un cran. Les versions GS et GT marient à merveille les surpiqûres, les teintes de rouge et de noir et les matériaux de belle facture, laissant ainsi de côté l’aspect monochrome et sans saveur des habitacles des dernières années chez Mazda. Ici, même les bouches de ventilation constituent de jolis éléments de design. Maintenant, vous risquez d’être déçu par la qualité de la sellerie du modèle GX, comme c’est aussi le cas sur les autres modèles de base de la marque. Cela dit, vous pourrez aussi choisir une sellerie de tissu de catégorie supérieure (GS), de cuir synthétique (GS) ou de cuir véritable (GT).

Comme chez la plupart des produits de la marque, la position de conduite demeure l’un des éléments clé de l’habitacle. On obtient ainsi une position optimale qui favorise à la fois la conduite sportive, le confort et ce sentiment de sécurité tant recherché. Les sièges sculptés de mains de maître sont d’ailleurs à souligner, tout comme l’ergonomie générale. Maintenant, impossible de considérer le CX-3 comme un véhicule familial. Les places arrière sont étroites, plus difficilement accessibles, tandis que le volume du coffre, au seuil élevé,  se résume essentiellement à celui d’une sous-compacte. Certes, il est plus spacieux que le Nissan Juke, mais moins que certains rivaux comme le Mitsubishi RVR, à la Subaru.

Héritage de la Mazda2
Malgré ce que son nom pourrait laisser croire, le CX-3 ne dérive pas de la Mazda3, mais plutôt de la récente Mazda2, qui adopte elle aussi la philosophie SKYACTIV. Reposant sur un tout nouveau châssis ultra léger et très rigide, le véhicule est donc passablement plus court qu’une Mazda3 Sport.

Bien sûr, le CX-3 ne reprend pas le petit quatre cylindres de 1,5 litre de la 2, qui aurait certainement été trop poussif. On opte plutôt pour le moteur SKYACTIV-G de 2,0 litres, aussi offert sur la Mazda3 et le CX-5. Hélas, on lui retranche ici quelque 9 chevaux en raison d’une restriction supplémentaire au niveau du système d’échappement, réussissant tout de même à faire grimper le couple à 146 lb-pi, dès les 2 800 tr-min. Pourquoi ne pas offrir le 2,5 litres? Par simple souci d’économie, notamment en matière de consommation. Et à ce chapitre, il faut admettre que la moyenne de 7,1 litres aux 100 kilomètres enregistrée sur une route où le véhicule a souvent été sollicité s’est avérée très honorable.

Comme le veut de plus en plus la tendance, seule la boîte automatique à six rapports est proposée. Mazda ne met pas une croix sur la manuelle, mais concentre pour l’instant ses énergies sur ce qui sera assurément plus populaire. Concurrence oblige, on propose également en option le rouage intégral i-ACTIV, un système de type réactif qui selon les gens de Mazda, aurait été finement étudié pour anticiper le patinage des roues où la circulation sur surfaces inégales. Le constructeur osait même affirmer lors de la présentation média que le système surclasse celui de Subaru, ce qu’il nous faudra vérifier l’hiver prochain. Mais en attendant, permettez-moi d’avoir de sérieux doutes…

Vroum vroum?
Bien installé au volant, le CX-3 donne au départ l’envie de prendre la route. Encore une fois, la position de conduite est géniale. Toutefois, on réalise rapidement que la visibilité l’est moins, surtout au ¾ arrière, où la ceinture de caisse ascendante engendre une diminution marquée de la surface vitrée.

Il ne suffit ensuite que de quelques tours de roue pour réaliser que la puissance est un peu juste. Pas insuffisante, mais juste. Le mode « sport », qui permet d’étirer les rapports de la boîte automatique pour exploiter plus efficacement la puissance, prend donc tout son sens, particulièrement sur des routes montagneuses. La version GT vous permettra aussi un passage manuel des rapports via des commandes placées derrière le volant, alors que les autres vous obligeront à jouer manuellement du levier.

Sur route, la géométrie comme la calibration de la suspension permet à la fois d’obtenir de belles sensations, tout en bénéficiant d’un confort très honnête. Et franchement, la présence d’une poutre de torsion arrière n’affecte en rien la tenue de route du véhicule. La direction affiche pour sa part une belle fermeté et s’avère relativement précise. Maintenant, vous aurez une tout autre sensation de la route avec le modèle GT, le seul à proposer des roues de 18 pouces de série. En version GX et GS, les roues de 16 pouces engendrent une conduite un peu moins incisive.  

Puisque ce n’est qu’une question de temps avant que la concurrence ne le fasse, Mazda a choisi de tout de suite proposer des technologies de sécurité normalement offertes sur des modèles plus cossus. Ainsi, le modèle GT peut recevoir le système i-ACTIVSENS, qui consiste en divers dispositifs de détection d’obstacles, pouvant même en de certaines circonstances, ralentir le véhicule jusqu’à un arrêt complet.

Cannibalisation des ventes?
Perdra-t-on des ventes de la Mazda3 et du CX-5, au profit du CX-3. Sans doute que oui, surtout du côté de la Mazda3 Sport, qui ne propose toujours pas de traction intégrale. Maintenant, les stratèges de la marque ont visiblement fait beaucoup d’heures supplémentaires pour accoucher d’une gamme offrant le juste équipement, à prix compétitif. On constate ainsi qu’il est possible d’obtenir un véhicule franchement bien équipé, voire même luxueux, à moins de 25 000$, la version GT Technologie dépassant à peine le cap des 30 000$. En comparaison avec Le Chevrolet Trax, ou même le Jeep Renegade, les prix semblent donc plutôt avantageux.

Avant même son arrivée sur le marché, prévue à la fin mai, on peut donc crier victoire. Difficile de confirmer qu’on réussira à séduire 12 000 acheteurs dès la première année au pays, ce que souhaite atteindre Mazda. Maintenant, dans un créneau très en vogue, le CX-3 se distinguera. Et mon petit doigt me dit qu’en raison de sa fougue et de son caractère distinctif, les Québécois s’y intéresseront tout particulièrement.

 

Marque

Mazda

Marque

Moteur

4 cyl, 2,0 litres, DACT, 146 ch @ 6 000 tr-min, 146 lb-pi @ 2 800 tr-min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Consommation annoncée (ville)

8,2 l aux 100 km (2RM), 8,8 l aux 100 km (4RM)

Consommation annoncée (route)

6,7 l aux 100 km (2RM), 7,3 l aux 100 km (4RM)

Consommation enregistrée

7,1 l aux 100 km (2RM)

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