Lincoln Navigator 2015 : carte cachée ou talon d’Achille? - messages.columnarticles-details.Columns

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Lincoln Navigator 2015 : carte cachée ou talon d’Achille?

Benoit Charette

3 décembre 2014

Niveau de confort
Espace intérieur
Travail du moteur EcoBoost


Produit vieillissant
Rapport qualité/prix
Dépréciation qui fait peur (plus de 50% sur trois ans)


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Données techniques

Marque

Lincoln

Version

De base, 4RM

Options

Groupe 101A, incluant des roues de 22 pouces et un toit panoramique (7250$)

Échelle de prix

82 660 $

Version à l’essai

De base, 4RM

Marque

Moteur

V6 de 3,5 litres EcoBoost

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation annoncée (ville)

16,2 litres aux 100 kilomètres

Consommation annoncée (route)

11,8 litres aux 100 kilomètres

Consommation enregistrée

14,4 litres aux 100 kilomètres

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

6 ans / 110 000 km

En 1998, lorsque Lincoln a introduit le Navigator, elle a frappé un grand coup. Le phénomène des véhicules utilitaires sport était relativement nouveau. Jamais n’avait-on vu débarquer une bibitte d’une telle dimension, d’un tel poids.

Ce n’était pas trop grave, le litre d’essence se négociait à 65 sous.

Cadillac a emboité le pas l’année suivante. D’autres constructeurs ont suivi. Certaines stars bien en vue se sont procuré ce genre de véhicule, avec l’effet d’entraînement que l’on imagine.

Ces monstres de la route ont connu leur heure de gloire, mais avec la hausse graduelle des prix du carburant au cours des années 2000, il était clair qu’ils vivaient sur du temps emprunté.

Du moins leur survie a-t-elle été souvent remise en question.

Aujourd’hui, leur place demeure précaire sur le marché. Ils s’écoulent au compte-goutte, mais demeurent parallèlement importants au sein de leurs bannières respectives.

L’été dernier, Cadillac réinventait son Escalade, meilleur que jamais, plus « économique » à rouler que jamais. On imagine mal aujourd’hui la gamme Cadillac sans un Escalade.

Mais qu’en est-il de Lincoln? Peut-elle imaginer se passer un jour de son Navigator?

2007

C’est en 2007 qu’a lieu la dernière refonte en profondeur du Navigator. En gros, ça fait huit ans, si on considère que le modèle avait alors été introduit en 2006. Dans l’industrie actuelle, c’est une éternité.

En conséquence, son style n’a pas évolué depuis ce temps. En fait, il n’a pas beaucoup évolué depuis 1998. Heureusement, la cuvée 2015 arbore un nouveau faciès plus actuel. La grille adopte la nouvelle signature Lincoln qui met de l’avant des lamelles horizontales. À l’arrière, les feux ont également été revus et sont désormais reliés par une bande... horizontale.

Les changements sont les bienvenus, mais c’est d’une refonte complète dont la Navigator a besoin. Son style, on peut vivre avec, mais plusieurs éléments de son contenu devront être mis au goût du jour si Lincoln veut lui permettre d’être concurrentiel.

Habitacle

L’âge du Navigator est apparent lorsqu’on monte à bord. Si le niveau de confort est correct, un simple regard à la planche de bord et à nombre de commandes nous fait réaliser l’âge du produit. Certaines touches sont les mêmes que celles que l’on retrouvait à bord des premières Ford Fusion, par exemple. Également, la qualité des matériaux recouvrant certaines surfaces laisse à désirer.

Pour un véhicule dont la facture est de plus de 80 000 $, la pilule est difficile à avaler. Heureusement, la compagnie a procédé à quelques mises à jour, notamment avec l’inclusion de cadrans analogiques et du système MyLincoln Touch. Cependant, la désuétude de l’ensemble se fait sentir ça et là.

Au niveau de l’espace, heureusement, il n’y a rien à redire. Partout où l’on prend place, on se sent à l’aise, même à la troisième banquette. Puis, la joie lorsqu’on rabat cette dernière, car on obtient un plancher plat qui favorise l’accueil d’une tonne de matériel

Un bien faible baume.

Mécanique

Jusqu’à l’an dernier, un V8 de 5,4 litres était de service dans le Navigator. L’année 2015 marque un grand changement alors que le V8 est abandonné pour un V6 EcoBoost de 3,5 litres. En gros, ça fait baisser la consommation de quelques litres au cent, mais il ne faut pas s’attendre à des miracles. Ma semaine d’essai s’est soldée par une moyenne de 14,4 litres aux cent. Il faut dire qu’avant, on dépassait aisément les 18 litres par 100 kilomètres.

Au niveau du rendement, ce moteur EcoBoost continue d’impressionner. Lorsqu’on le sollicite, il répond très bien à l’appel et déplace avec une aise relative les quelque 2700 kilos du Navigator.

Une boîte automatique à six rapports lui est jumelée.

Ce qui est intéressant, cependant, c’est de regarder vers l’avant. Le prochain Navigator est prévu pour 2017 et la machine à rumeur (de même que la logique) nous fait comprendre que cette mécanique sera de service et même qu’elle pourrait être mariée à un module électrique pour un rendement encore plus efficace à la pompe. Aussi, l’architecture du prochain Navigator sera dérivée du nouveau F-150 et l’aluminium serait aussi LE matériel retenu pour tout le véhicule.

On parle même de la fameuse boite automatique à 10 rapports qui est développée conjointement par Ford et General Motors.

Ce jour-là, le Navigator pourra se mesurer au nouveau Cadillac Escalade.

Vous comprendrez qu’avec ce genre d’anticipation, il est difficile de vanter les attributs du modèle actuel.

Comportement

Au volant d’une pièce qui fait 6000 livres, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Sans surprise, on sent le Navigator bien planté au sol, mais il est facile à déplanter si on se présente avec trop d’enthousiasme à l’entrée d’un virage ou si l’on ne respecte pas les lois de la physique lorsqu’on manœuvre dans la circulation. Le freinage est de son côté efficace, mais encore là, il faut respecter la masse que l’on souhaite immobiliser.

Du reste, le confort est princier et le comportement demeure prévisible. La direction serait plus agréable si elle était un tantinet plus précise. La visibilité demeure bonne lorsqu’on effectue des angles morts, il faut le souligner.

Conclusion

Alors, un atout ou un boulet, ce Navigator? En date d’aujourd’hui, on doit parler d’un boulet pour la marque. Chez Ford, la refonte de l’Expédition rend ce dernier plus intéressant que le mastodonte de Lincoln de qui on exige plus de billets verts à l’achat.

Un non-sens.

Vivement la refonte de 2017. Pour l’instant, on passe son tour. Les qualités du présent Navigator ne suffisent pas pour justifier son achat.

Lincoln travaille à sa réingénierie, bien amorcée avec le MKC, il faut le dire. Le Navigator ne fait pas, pour l’instant, partie de la solution. 

Marque

Lincoln

Version

De base, 4RM

Options

Groupe 101A, incluant des roues de 22 pouces et un toit panoramique (7250$)

Échelle de prix

82 660 $

Version à l’essai

De base, 4RM

Marque

Moteur

V6 de 3,5 litres EcoBoost

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation annoncée (ville)

16,2 litres aux 100 kilomètres

Consommation annoncée (route)

11,8 litres aux 100 kilomètres

Consommation enregistrée

14,4 litres aux 100 kilomètres

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

6 ans / 110 000 km

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