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Kia Sorento 2016

Benoit Charette

1 mars 2015

Conduite agréable
Insonorisation efficace
Intérieur spacieux
Coffre volumineux

Visibilité arrière limitée
Moteur de 2,4 L quelconque
Précision de la direction perfectible


Standard

Données techniques

Marque

Kia

Version

LX+ Turbo

Échelle de prix

30 695 $ + 1 665 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

LX+ Turbo

Marque

Moteur

4-cyl. turbo, 2,0 litres, DACT, 240 ch @ 6 000 tr/min, 260 lb-pi @ 1 450-3 500 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise constante

Consommation annoncée (ville)

12,3 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

9,3 L aux 100 km

Garantie de base

5 ans / 100 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

Le 16 novembre 2009, un utilitaire Sorento blanc quitte la chaîne de montage de l’usine Kia Motors Manufacturing Georgia (KMMG) de West Point, dans le sud des États-Unis. C’est le premier véhicule de la marque à être assemblé en Amérique du Nord et le constructeur est optimiste. Ce jour-là, il annonce fièrement que son usine ultramoderne produira bientôt 300 000 véhicules par an. Ce pari, qui semblait audacieux, a pourtant été tenu. Le 11 juillet 2013, la KMMG produisait son millionième véhicule, un Sorento 2014. Blanc, cela va de soi.

Le 24 février 2015, me voilà au volant d’un Sorento.Un 2016. Mais ce qui est blanc, c’est l’environnement où je roule. Dame Nature a choisi de neiger sur le Québec en soufflant un vent léger. Des conditions idéales pour découvrir la troisième génération de cet utilitaire populaire.

Le Sorento de nouvelle génération sort de l’usine de West Point depuis le 17 novembre dernier. Le constructeur a choisi de le millésimer 2016 pour le distinguer clairement des modèles de l’ancienne génération. Après tout, les changements esthétiques n’ont rien de révolutionnaire, à première vue du moins. Un néophyte pourrait facilement confondre un modèle 2016 avec un 2015. La nouveauté est plutôt « évolutionnaire ». Et c’est parfaitement logique. Après tout, changeriez-vous de façon radicale une formule qui marche bien ? Sûrement pas. Donc Kia l’a raffinée, voilà tout.

À l’apparition de la seconde génération du Sorento, à la fin de 2009, le vent a tourné pour ce produit. Il a remplacé un modèle au succès mitigé apparu au début des années 2000. Au terme de sa meilleure année au Canada, en 2005, le Sorento original n’a attiré qu’un peu plus de 3 000 consommateurs vers la marque. Un score timide.

Le Sorento de seconde génération a contribué à changer l’image de ce modèle et, du même coup, celle de la marque. En 2011, ses ventes étaient cinq fois supérieures au meilleur score accompli par son prédécesseur. L’an dernier, il occupait la seconde place au palmarès des ventes de Kia au pays, derrière la petite Rio. Aux États-Unis, il occupait la troisième marche du podium aux côtés de l’Optima et de la Soul; un succès qui se traduit là-bas par des ventes annuelles dépassant les 100 000 exemplaires. Cela en dit long sur l’importance de ce véhicule et pourquoi son constructeur a fait autant d’efforts pour l’améliorer sans le dénaturer.

Des changements significatifs
Le profil de la carrosserie demeure donc relativement intact avec une ceinture de caisse plutôt haute et des tôles aux moulages renouvelés. Le montant arrière large demeure, mais le vitrage y inscrit désormais une forme triangulaire plus accentuée. Les arches de roues adoptent une forme circulaire au rayon constant qui s’harmonise parfaitement aux roues en alliage de 17, 18 ou 19 po, selon la version.

L’élément qui distingue le modèle 2016, c’est naturellement son nouveau « museau ». Un terme qui s’applique parfaitement puisque les designers de Kia associent ses formes à celle d’un museau de tigre ! Cette nouvelle calandre, plus travaillée, plus délicates, n’a pas l’apparence massive de celle du modèle 2015. Ses formes semblent empruntées à celle de la fourgonnette Sedona. Un lien de parenté frappant que la grille alvéolée, très jolie, révèle au premier coup d’oeil.

Les blocs optiques avant et arrière ont changé. On a poussé l’audace jusqu’à doter la version haut de gamme SX d’antibrouillards à DEL quadruples. Faites le calcul : avec les faisceaux de croisement et de routes, qui utilisent deux projecteurs circulaires (au xénon sur le Sorento SX), ça fait un total de 12 projecteurs sur le museau de cette bête. Impossible de passer inaperçu !

Pourtant, au-delà de ces changements esthétiques, les dimensions du Sorento ont peu changées. Par rapport au modèle 2015, l’empattement a allongé de 80 mm et la carrosserie de 75 mm. Cet utilitaire a gagné 5 mm en largeur, alors que sa hauteur a diminué de 55 mm, du moins dans le cas extrême. Cette dernière cote tient d’ailleurs compte de la présence de longerons de toit qui sont eux-mêmes désormais plus bas.

La garde au sol, par contre, demeure inchangée à 185 mm; une hauteur qui ne gêne pas l’embarquement. D’ailleurs, un moulage différent appliqué à la section intérieure des portes et la réduction de la largeur du seuil du châssis facilitent également l’embarquement. Des changements qui réduisent même le risque de se salir le bas des pantalons en embarquant. Un détail que notre ancien collègue du CAA-Québec, Reynald Côté, aurait relevé !

Un peu plus d'espace à bord
Si l’encombrement extérieur change peu, le constructeur a tout de même réussi à grappiller quelques millimètres ici et là pour accroître le confort des passagers dans l’habitacle. Cette amélioration concerne surtout le dégagement pour la tête, les épaules et les jambes, et dans ces deux derniers cas, c’est surtout au niveau de la banquette médiane et de la banquette arrière (pour les versions qui en ont une) que les gains sont les plus significatifs. Car il faut rappeler que le Kia Sorento offre l’option d’un habitacle à 7 places, du moins pour les versions LX+, EX et SX équipées du V6.

Le coffre conserve des cotes de volume utile très semblables à celles du modèle 2015. Pour le nouveau Sorento, elle varient de 320 à 1 077 à 2 006 L (257, 1 046 et 2 051 L pour le modèle antérieur) selon l’usage qui est fait de la banquette médiane et, dans les cas où cela s’applique, la banquette arrière. On dispose donc d’un coffre qui peut être très volumineux et dont le plancher, qui n’est pas trop haut, est plat lorsqu’on escamote tous les sièges repliables. Idéal pour les virées chez les antiquaires !

Choix de trois moteurs
En matière de moteurs, l’acheteur a le choix. Ils ont tous l’injection directe et sont jumelés à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports avec mode manuel. Un mode manuel auquel il manque des palettes montées derrière le volant, ne serait-ce que sur les versions plus cossues. Quoi qu’il en soit, les Sorento les plus humbles, les versions LX à deux et quatre roues motrices, se contentent du 4-cylindres atmosphérique de 2,4 L (185 ch/178 lb-pi). Ce moteur, qui figurait au catalogue des modèles 2015, a perdu 6 ch et 3 lb-pi, des différences peu significatives.

Pour les versions LX+, EX et SX les plus luxueuses, et pour les tâches de remorquages les plus exigeantes, Kia propose de nouveau le V6 de 3,3 L offert en 2015. Ce moteur atmosphérique conserve les mêmes cotes, soit 290 ch et 252 lb-pi de couple, mais la capacité de remorquage qu’on lui attribue a augmenté radicalement. Elle passe de 1 588 à 2 268 kg (3 500 à 5 000 lb) grâce à des améliorations apportées au châssis, qui a gagné en robustesse et en rigidité.

La vedette de la gamme 2016 est cependant le nouveau 4-cylindres de 2,0 L à turbocompresseur. Ce moteur nourri au carburant régulier livre 240 ch et il produit 260 lb-pi de couple de 1 400 à 3 500 tours. Moteur de série pour les versions LX+, EX et SX, il est souple, performant et pas trop gourmand, tant qu’on ne le sollicite pas hardiment. Le constructeur lui attribue une consommation moyenne de 10,2 ou 10,8 L/100 km, selon qu’on choisit une version à deux ou quatre roues motrices. Des cotes qui ne sont que 5 % plus élevées que celles du 4-cylindres atmosphérique de 2,4 L. Et le V6 ? Selon le constructeur, sa consommation moyenne serait de 11,4 L/100 km.

Kia offre deux versions à deux roues motrices (avant) du nouveau Sorento : les LX et LX+ de base. La transmission intégrale réactive DynaMax constitue une options valant 2 000 $ pour ces deux versions. Par contre, dans le cas des Sorento EX et SX, elle fait partie de la dotation de série. Mis au point par l’équipementier canadien Magna International, ce système transmet 95 % du couple aux roues avant en conditions normales. Par contre, dès que le système détecte une perte d’adhérence à l’avant, la répartition du couple peut varier jusqu’à 50/50, dans les pires conditions. Cette transmission intégrale dispose aussi d’un dispositif permettant de le verrouiller pour fournir autant de couple aux trains avant et arrière jusqu’à 30 km/h, lorsqu’il faut se déprendre d’un banc de neige !

Si l’esthétique ne suffit pas à vous convaincre que ce véhicule a subi des changements importants, alors il faut conduire un modèle 2015 et un modèle 2016 l’un après l’autre. On constate alors combien le niveau de l’insonorisation a augmenté. Les plus critiques pourront peut-être aussi ressentir les nuances dans le comportement routier, qui est désormais plus homogène grâce à une géométrie repensée de la suspension arrière indépendante.

Tableau de bord mieux conçu
À l’instar du museau qui a radicalement changé, l’aménagement du tableau de bord a subi une réelle cure de rajeunissement. Mais l’amélioration n’est pas simplement de nature esthétique. Son aménagement est désormais plus logique. En plus de lui donner un style aussi simple qu’élégant, ses designers ont réussi à mettre de l’ordre dans la multitude de commandes qui s’y trouvent. En passant d’un Sorento 2015 à un 2016, j’ai eu l’impression de passer d’un aménagement anarchique à un aménagement harmonieux. Tout, de l’emplacement des commandes à leurs dimensions, semble avoir été l’objet d’une réflexion critique, et c’est le conducteur qui en bénéficie.

Une chose n’a pas changé toutefois : la piètre visibilité vers l’arrière. Impossible de faire mieux avec une ceinture de caisse aussi haute, une lunette aussi courte et des montants de toit aussi massifs. Pour pallier cette situation, le constructeur équipe toutes les versions de gros rétroviseurs et, à l’arrière, de capteurs d’obstacles avec avertisseur sonore. Les versions LX+, EX et SX disposent aussi d’une caméra arrière. La version SX+ V6 du Sorento est même bonifiée d’un ensemble à quatre caméras qui donnent une vision périmétrique (ou vue à vol d’oiseau, si vous préférez). On se retrouve alors avec le Sorento le plus cossu. C’est le seul à être doté des trois nouveaux dispositifs d’aide à la conduite : une alarme de louvoiement, un régulateur de vitesse adaptatif et une alarme d’imminence de collision avant. Avec tout le reste de l’équipement, cela porte le prix à 46 695 $. Heureusement, les dispositifs de détection d’obstacles dans les angles morts et l’alarme de trafic arrière transversale font partie de l’équipement de tous les Sorento EX et SX. Et les sièges avant chauffants ? Ça, tous les Sorento en ont !

Il faut rappeler que l’éventail de prix de cette gamme d’utilitaires est très étendu et qu’il débute à 27 495 $ — le prix du Sorento LX 2RM le plus humble. Or, avec un écart d’environ 20 000 $, qui sépare le Sorento d’entrée de gamme de sa contrepartie la plus luxueuse, Kia dispose d’un utilitaire capable de rivaliser avec une foule de véhicules rivaux provenant de deux créneaux très différents. Les Sorento les moins chers peuvent servir d’alternative à des utilitaires compacts cossus comme, par exemple, les versions SE à Touring du Honda CR-V. Par rapport à ces utilitaires, le Sorento offrira l’avantage d’un intérieur plus spacieux et, dans certains cas, une capacité de remorquage supérieure (1 588 kg pour le 4-cylindres turbo). Quant aux versions plus chères du Sorento 2016, grâce à leur dotation fournie, leur habitacle à 7 places et leur consommation plus raisonnable, elles pourraient se substituer à des versions d’entrée de gamme d’utilitaires de taille moyenne du genre Ford Edge SE et SEL.

Naturellement, tout dépend du point de vue de l’acheteur. Mais avec la multitude de versions offertes par Kia, ce dernier risque de trouver un Sorento qui satisfera ses besoins. Et il ne sera pas obligatoirement blanc !


Photos originales : Luc Gagné

Marque

Kia

Version

LX+ Turbo

Échelle de prix

30 695 $ + 1 665 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

LX+ Turbo

Marque

Moteur

4-cyl. turbo, 2,0 litres, DACT, 240 ch @ 6 000 tr/min, 260 lb-pi @ 1 450-3 500 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise constante

Consommation annoncée (ville)

12,3 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

9,3 L aux 100 km

Garantie de base

5 ans / 100 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

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