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Jaguar XE 2017

Essai de la Jaguar XE 2017

Pierre Michaud

21 juin 2016

Ligne sublime
Châssis très solide
Comportement routier remarquable
V6 puissant
Silence de roulement

Aucun quatre cylindres à essence
Puissance modeste (diesel)
Console centrale mal conçue
Fiabilité à prouver

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Données techniques

Marque

Jaguar

Version

Prestige 35t AWD

Options

Groupe climat hivernal (1 000$), Radio satellite (450$), Couleur Italian Red (600$)

Échelle de prix

50 550$ + 2 470$ (transport et préparation) = 53 020$

Version à l’essai

Prestige 35t AWD

Marque

Moteur

V6, 3,0 litres, 340 ch @ 6 500 tr-min, 332 lb-pi @ 4 500 tr-min

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

Joueur plutôt symbolique dans le monde des voitures de luxe, Jaguar prend cette fois d’assaut le marché avec l’introduction de deux nouveaux produits. D’abord, le F-Pace, premier VUS du constructeur, puis la nouvelle berline compacte XE, laquelle a pour mandat de rivaliser avec les A4, Série 3 et Classe C de ce monde. Bien sûr, pour agacer sérieusement l’indétrônable trio de berlines allemandes, Jaguar a beaucoup à faire. Les tentatives d’immersion dans ce segment ont été nombreuses, et plusieurs constructeurs tentent toujours de s’y tailler une place de choix. Acura, Cadillac et Infiniti sont notamment bien placées pour le savoir…

 

Une première?
Jaguar mentionne que la XE constitue pour la marque une première tentative dans ce segment. Il ne faut pourtant reculer que de quinze ans pour se remémorer l’introduction de la X-Type, laquelle était construite sur les bases de la Ford Mondeo (Ford Contour). En posant la question, les stratèges de la marque ont timidement admis que la X-Type pouvait effectivement être considérée comme une digne devancière de la XE, ne souhaitant toutefois pas élaborer sur le sujet. A-t-on besoin de vous expliquer pourquoi?

Heureusement, la XE se veut plus sérieuse que la X-Type dans son approche. Les arguments lui permettant de bien rivaliser avec la féroce compétition allemande sont plus nombreux, à commencer par sa ligne splendide. Inutile d’élaborer sur les formes sensuelles de cette carrosserie, la XE est tout simplement sublime.

L’habitacle n’est toutefois pas aussi séduisant que les lignes extérieures. Certes, quelques-uns des matériaux de belle facture éveillent les sens, mais la présentation manque quelque peu d’originalité. On apprécierait aussi bénéficier de plus d’espace de rangement à la console centrale, sur laquelle repose pourtant qu’un minuscule bouton d’activation du frein à main ainsi qu’une molette circulaire en guise de levier de vitesse. Fort heureusement, les sièges sont magnifiquement sculptés, offrant de surcroit toute la latitude nécessaire pour bénéficier de la meilleure position de conduite qui soit.

Techno à gogo
Envie d’une voiture connectée? Pas de problème, la XE vous propose l’accès Internet, ainsi qu’une multitude de gadgets technos. De série, la voiture est livrée avec un écran tactile de 8 pouces permettant de gérer notamment la navigation, le système audio, la climatisation et les outils de communication. En option, il est cependant possible d’opter pour un écran de 10,2 pouces, fonctionnant à la façon d’une tablette électronique, lequel est particulièrement efficace. Quelques instants suffisent pour s’y familiariser, et ainsi découvrir les innombrables fonctions qui y sont offertes.

50 : 50
Avec un châssis et une carrosserie fortement composée d’aluminium, Jaguar parvient à obtenir une voiture plus légère que la moyenne, ainsi qu’un équilibre des masses se rapprochant du 50 : 50 (lire…49 :51, ou 48 :52). Pour une berline de ce segment, il s’agit d’un exploit. Le rouage intégral à prise permanente propose quant à lui une distribution de couple égale de 50/50 avant/arrière, laquelle peut varier selon les conditions et le type de conduite en redistribuant jusqu’à 90% du couple, sur l’un ou l’autre des deux essieux.

De série sur toutes les versions vendues au Canada, le rouage intégral nous empêche d’avoir accès à un moteur quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres, offert uniquement sur des versions propulsées au sud de notre frontière. Selon les dires des ingénieurs, une incompatibilité technique rendrait impossible le mariage de ce moteur avec le rouage intégral. Voilà qui est curieux, considérant que ce moteur d’origine Ford est aussi greffé sous le capot des Range Rover Evoque et Land Rover Discovery Sport…à traction intégrale! Pour combler ce vide, Jaguar propose donc comme moteur d’entrée de gamme un quatre cylindres de 2,0 litres turbodiesel qui, bien entendu, possède un couple ultra généreux et fort agréable en conduite quotidienne.

Autrement, la XE propose un V6 bien connu chez Jaguar, soit le 3,0 litres suralimenté de 340 chevaux, capable de tenir tête aux plus puissants V6 de la compétition. Tout comme le moteur diesel, ce V6 fait équipe avec une boîte ZF automatique à huit rapports. Ironiquement, ce moteur est identifié sur la XE par l’appellation 35t, alors que le diesel reçoit l’acronyme 20d.

Première impression
Bien installé au volant, j’avais la tâche ardue de prendre la route en tentant le plus souvent possible de comparer les réactions de la voiture avec la compétition. Est-elle plus sportive, plus confortable, mieux insonorisée qu’une Q50, qu’une A4 ou qu’une ATS? Croyez-moi, ce genre d’exercice parait plus simple qu’il ne l’est en réalité, surtout dans l’optique où l’on sait que l’image est en grande partie responsable des ventes de certains modèles du segment.

D’entrée de jeu, il faut mentionner qu’en dépit d’un logo prestigieux et bien connu, cette Jaguar est novice dans un segment où la compétition est hyper féroce. L’écusson prestigieux permet bien sûr de bien se positionner face à des marques aux prises avec des problèmes d’image, telles Acura ou Lincoln, mais Jaguar a le lourd mandat de séduire des acheteurs déjà très bien servis chez d’autres marques.

La première impression doit donc être excellente, pour que l’acheteur puisse la considérer. Et pour que celle-ci soit réellement positive, ce dernier n’aura d’autre choix que de prendre la route. Bien sûr, la ligne est charmante et l’équipement offert est cossu, mais cela ne suffit pas. Par contre, la sonorité du V6 au démarrage constitue selon moi un premier élément de séduction. Vous est-il déjà arrivé d’entendre la symphonie mécanique d’une Jaguar F-Type? Si oui, alors vous savez de quoi je parle.

Une fois lancée, la puissance du V6 impressionne réellement. Celle-ci ne se définit pas comme enragée, mais le muscle est toujours présent. Et bien sûr, les différents modes de conduite vous permettent de profiter d’une souplesse mécanique en tout confort, ou encore d’une nervosité démoniaque. Vous n’aurez toutefois pas la même impression avec le diesel, généreux en couple, mais plutôt limité en matière de puissance. Est-ce que ma perception aurait été affectée par le fait d’avoir conduit d’abord une version 35t, pour ensuite passer à la 20d? Peut-être, mais ce diesel pourtant très fort sur papier, ne m’a pas semblé réellement plus performant que le défunt TDI de l’Audi A3, handicapé de 30 chevaux.

Solide
Une fois sur la route, la voiture a de quoi surprendre. D’abord, pour sa puissance, mais surtout pour le sentiment de légèreté et de solidité. Quelques kilomètres sur de belles routes tortueuses ont suffi pour me prouver les bénéfices de ce nouveau châssis d’aluminium, très rigide, et qui permet d’amplifier les qualités dynamiques de la voiture. Direction précise, freinage puissant et très bel équilibre en virage s’ajoutent aux compliments qui permettent de qualifier cette Jaguar comme une authentique berline sport. Mais le comble, c’est qu’on y trouve aussi son compte en matière de confort, alors que certaines rivales comme la Cadillac ATS n’y parviennent pas.

Tout un défi
Après une longue journée de route, les stratèges de la marque discutaient avec nous de l’éventuelle possibilité que la XE soit en lisse pour le titre de voiture nord-américaine de l’année. Convaincus que cette voiture fera un tabac, ils mentionnaient également que Jaguar allait sans aucun doute doubler ses ventes en 2017, grâce à l’arrivée de ce modèle et du F-Pace. Et sur ce point, je suis 100% d’accord. Mais qu’en sera-t-il du réel succès de la XE?

Il est selon moi certain que le comportement routier général et le design extérieur constituent les cartes les plus fortes de cette berline. Et tous ceux qui se lassent des ces berlines allemandes désormais trop communes, et trop souvent noires ou blanches, pourraient facilement y trouver leur compte. Parce qu’un brin d’exotisme est toujours le bienvenu! En revanche, l’absence d’un quatre cylindres à essence risque de faire mal, tout comme la réputation de fiabilité sur laquelle JLR (Jaguar Land Rover) travaille très fortement.
 

Marque

Jaguar

Version

Prestige 35t AWD

Options

Groupe climat hivernal (1 000$), Radio satellite (450$), Couleur Italian Red (600$)

Échelle de prix

50 550$ + 2 470$ (transport et préparation) = 53 020$

Version à l’essai

Prestige 35t AWD

Marque

Moteur

V6, 3,0 litres, 340 ch @ 6 500 tr-min, 332 lb-pi @ 4 500 tr-min

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

4 ans / 80 000 km

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