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Infiniti QX60 2019 : le retardataire

Ça bouge vite dans la catégorie des VUS intermédiaires, mais l’Infiniti QX60 se déplace plus lentement que le troupeau.

Samuel Lessard

31 octobre 2019

Prix bien étudiés
Places arrière bien configurées
Économie de carburant
Apparence au goût du jour

Intérieur dépassé
Transmission indécise
Direction déplorable
Dû pour une refonte complète

Standard

Données techniques

Marque

Infiniti

Version

ProACTIVE

Marque

Moteur

V6, 3,5 litres, injection directe, DACT, 295 chevaux à 6 400 tr/min et 270 lb-pi de couple à 4 800 tr/min

Transmission

Automatique à variation continue

Consommation enregistrée

10,2 L/100 km

Capacité de remorquage

5 000 lb

Peu importe la catégorie, les VUS évoluent rapidement. Il est normal – et même attendu – que les constructeurs mettent beaucoup d’efforts dans ces véhicules compte tenu du fait que les clients se ruent pour les acheter.

Il semble donc primordial pour un constructeur automobile de suivre la parade, de maintenir ses produits au goût du jour pour éviter d’être en décalage par rapport aux autres. C’est d’autant plus important quand il s’agit d’une catégorie en vogue, où passer de compétent à obsolète peut se faire en un claquement de doigts.

C’est dans ce contexte que j’ai mis à l’essai l’Infiniti QX60 2019, un véhicule qui est arrivé sur notre marché en 2013 en tant que JX35. Au fil de ses sept ans sur le marché, le constructeur a mis quelques minces efforts pour qu’il reste dans la tendance. Est-ce suffisant pour garder la tête hors de l’eau? Pas sûr…

À mon avis, l’apparence de l’Infiniti JX35 – puis successivement du QX60 – a toujours été une de ses forces. Dès 2013, il a su se démarquer dans une catégorie pas évidente où évoluaient les populaires Acura MDX, Audi Q7, Volvo XC90 et Lexus RX. Sa calandre unique, ses phares bien intégrés, sa ceinture de caisse descendante et son arrière ramassé sont autant de caractéristiques qui le rendent agréable à regarder. Soulignons aussi la cassure dans la fenêtre de custode, une nouveauté à l’époque qui a ensuite été reprise pour le QX30, le QX50 et aussi le coupé Q60. C’est simple et beau.

Quelques éléments montrent cependant que le véhicule commence à dater. Remarquez, par exemple, les excroissances de plastique qui se trouvent dans le bas du pare-chocs et qui servent à intégrer les capteurs de stationnement. On ne voit plus ça aujourd’hui. Il y a aussi les poignées de porte dont le design fait démodé. Dommage.

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À bord, c’est moins glorieux. Il y a d’abord, cette forêt de boutons dans le tableau de bord, autant pour contrôler le système multimédia que la climatisation. Leur positionnement et configuration laissent transparaître l’âge de conception, autant que l’écran d’infodivertissement dont la qualité graphique n’est pas digne d’un produit de cet acabit. Il en va de même pour l’instrumentation, tirée directement du beaucoup-moins-cher Nissan Pathfinder et qui mériterait un peu d’attention de la part du constructeur.

Heureusement que cet « archaïsme » n’affecte en rien le confort. Les sièges bien galbés dorlotent le conducteur et les passagers, qui profitent d’un environnement silencieux. Bien que la visibilité vers l’avant soit adéquate, la pléiade d’appui-têtes à l’arrière entrave malheureusement le champ de vision du rétroviseur.

Les places arrière sont, quant à elles, assez accueillantes. La banquette coulissante avec dossier inclinable donne un confort douillet aux passagers, qui pourraient cependant être gênés par sa position assez basse. Un ingénieux système de repli permet un accès généreux à la troisième banquette, qui offre un bon confort aux enfants – et non aux adultes – qui y prennent place.

Ces qualités sont toutefois ternies par un autre aspect où le QX60 aurait besoin d’une cure de jouvence : la finition et l’assemblage des divers matériaux. Une fois de plus, retour en 2013 à ce chapitre.

Véhicule vieillissant ne signifie pas nécessairement mécanique dépassée. Le moteur V6 3,5 litres, bien connu dans la famille Nissan/Infiniti, est au goût du jour depuis 2017 avec son injection directe de carburant. Il fournit 295 chevaux à 6 400 tr/min et 270 lb-pi de couple à 4 800 tr/min. Il est jumelé, sans surprise, à une transmission automatique à variation continue avec rapports simulés.

Ce combo mécanique est relié à une traction intégrale intelligente pouvant être contrôlée à l’aide d’une molette sur la console centrale. Une suspension indépendante aux quatre roues est de la partie, avec jambe de force MacPherson à l’avant et configuration multibras à l’arrière. Néanmoins, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la direction est à pignon de crémaillère à assistance hydraulique, comme dans le temps!

Une des forces de l’Infiniti QX60 est sa capacité de remorquage. Elle s’élève à 5 000 lb pour toutes les versions, car elles sont toutes équipées d’un système de refroidissement pour la transmission.

Comme toujours, le moteur V6 3,5 litres de Nissan/Infiniti n’est pas un problème. Il livre une bonne performance d’ensemble, accordant aussi une bonne douceur et une économie de carburant appréciable. En conduite coulée, il est bien marié avec la boîte automatique à variation continue, qui est elle aussi transparente dans son exécution. Deux bons points ici.

Cependant, quand on décide d’accélérer le rythme un peu et de brusquer la mécanique pour obtenir un peu plus de jus, elle se met à protester. On sent la transmission confuse, comme ne sachant pas danser entre rapports simulés et simple variation continue. Le régime moteur monte ou descend contre toute logique, donnant une accélération qui n’a rien à voir avec ce à quoi on s’attend. Rapidement, l’envie de calmer nos ardeurs nous gagne.

J’ai aussi été déçu par la direction qui fait preuve d’une lourdeur inutile lors des manœuvres à basse vitesse. Ce n’est guère mieux à plus haute vitesse; elle devient trop légère, imposant au conducteur une correction continuelle, ce qui ne contribue pas à la stabilité générale du véhicule. Il s’agit d’une conséquence directe de la direction à assistance hydraulique, qui n’a plus sa place dans un tel produit compte tenu du prix demandé. Une direction à assistance électrique serait la bienvenue.

Je ne peux cependant critiquer le travail de la suspension. Elle donne un bon confort et coopère bien en virage à cadence élevée, signe qu’elle est bien calibrée. On sent qu’on a affaire à un véhicule assez lourd, mais ça n’affecte pas la tenue de route.

Marque

Infiniti

Version

ProACTIVE

Options

Aucune

Échelle de prix

48 695 $ à 61 395 $

Transport et préparation

2 095 $

Marque

Moteur

V6, 3,5 litres, injection directe, DACT, 295 chevaux à 6 400 tr/min et 270 lb-pi de couple à 4 800 tr/min

Transmission

Automatique à variation continue

Consommation annoncée (ville)

12,5 L/100 km

Consommation annoncée (route)

9,0 L/100 km

Consommation annoncée (combinée)

10,9 L/100 km

Consommation enregistrée

10,2 L/100 km

Volume du coffre

450 / 1138 / 2146 litres

Longueur (mm)

5 095

Largeur (mm)

1 960

Hauteur (mm)

1 748

Empattement (mm)

2 900

Poids à vide

2 075 kg

Réservoir d’essence

74 litres

Capacité de remorquage

5 000 lb

Garantie de base

4 ans/100 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

6 ans/110 000 km

Comme vous l’avez sans doute compris, je ne suis pas particulièrement impressionné par l’Infiniti QX60. À la lumière de cet essai, je considère que les défauts font trop d’ombre pour que les quelques bonnes qualités du véhicule puissent briller.

Par chance, son prix est plus bas que celui d’autres concurrents comme le Lexus RX L et le Cadillac XT6. En version de base, le QX60 demande 48 695 $, ce qui le positionne avantageusement par rapport aux versions de base des autres. La preuve qu’on paie (presque) toujours pour ce que l’on obtient dans le monde automobile.

Cependant, pour seulement quelques milliers de dollars de plus, vous pouvez vous tourner vers l’Acura MDX. Un bien meilleur choix qui, même s’il est lui aussi en fin de carrière, est largement plus compétent que l’Infiniti. Un choix plus sensé, plus performant, mieux fini et plus agréable à conduire.

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