Ford F-150 2015 - messages.columnarticles-details.Columns

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Ford F-150 2015

Benoit Charette

7 octobre 2015

Conduite agréable
Habitacle SuperCrew très spacieux
Marche escamotable intégrée au hayon très utile
Finition soignée

Visibilité arrière limitée
Consommation élevée
Marchepieds latéraux de caisse difficile à remettre en place
Hayon à ouverture assistée électrique, mais pas à fermeture assistée

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Données techniques

Marque

Ford

Version

F-150 Platinum FX4 SuperCrew 4x4

Options

Ensemble hors route FX4 : 750 $; peinture Rouge rubis : 450 $; doublure de caisse à revêtement pulvérisé : 550 $; marchepieds latéraux de caisse : 300 $; rallonge de caisse escamotable : 350 $; toit ouvrant à doubles panneaux : 1 750 $.

Échelle de prix

68 499 $ + 1 700 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

F-150 Platinum FX4 SuperCrew 4x4

Marque

Moteur

V6 EcoBoost, 3,5 litres, DACT, 365 ch @ 5 000 tr/min, 420 lb-pi @ 2 500 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

4 roues motrices avec gamme basse

Consommation annoncée (ville)

14,2 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

10,4 L aux 100 km

Consommation enregistrée

15,7 L aux 100 km

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

Voici l’omnipotente camionnette F-150 de Ford, le véhicule le plus vendu en Amérique du Nord toutes catégories confondues. À l’échelle des États-Unis, ce statut s’est traduit par des ventes de près de 755 000 camionnettes en 2014. Au Canada, les ventes de ce véhicule ont dépassé les 126 000 unités. D’ailleurs, chez nous, la F-150 occupe la plus haute marche du podium des ventes depuis 49 ans. Et le constructeur entend répéter ce succès une cinquantième fois en 2015.

Ce serait une belle coïncidence puisque la F-150 2015 adopte une architecture révolutionnaire, puisque sa carrosserie et sa caisse sont désormais fabriquées avec de l’aluminium. Un changement aussi radical pour le constructeur que ses concessionnaires, puisque ces derniers doivent désormais apprivoiser de nouvelles méthodes d’entretien et de réparation.

UN CHANGEMENT RADICAL
Le véhicule tout aluminium n’est pas initiative de dernière minute pour Ford. Le constructeur de Dearborn étudie ce principe sérieusement depuis une trentaine d’années au moins. En 1994, une petite série de prototypes arborant l’acronyme AIV (pour Aluminium Intensive Vehicle) réalisée en collaboration avec le producteur d’aluminium Alcoa avait été présentée au public dans certains grands salons. Mais en voyant ces Mercury Sable, des voitures à vocation familiale, on n’imaginait pas qu’une architecture aussi différente servirait d’abord à une camionnette.

Trente ans plus tard, l’idée de remplacer l’acier par l’aluminium paraît parfaitement logique pour des véhicules aussi énergivores que les camionnettes. C’est un moyen pour réussir à atteindre les normes du Corporate Average Fuel Economy (CAFE dans le jargon des constructeurs). Il s’agit de cotes de consommation globale que le Congrès des États-Unis impose aux constructeurs depuis 1975, en réaction au Choc pétrolier survenu deux ans plus tôt. Chaque constructeur doit atteindre cette norme avec l’ensemble de sa production, sans quoi il doit verser une pénalité financière au gouvernement. Or depuis 1975, cette cote n’a cessé de diminuer. Pour 2016, elle a été fixée à 6,6 L/100 km. En 2025, elle sera à 4,3 L/100 km.

Pour Ford, l’aluminium devient donc un moyen pour atteindre cette norme (tout comme la suralimentation d’ailleurs). Selon le constructeur, l’alliage d’aluminium de « grade militaire » utilisé offrirait une grande résistance aux bosselures et aux écaillures, tout en contribuant à réduire la masse. Ce matériau lui aurait permis de réduire de 318 kg la masse de cette camionnette dans le meilleur cas. En outre, ce matériau qui résiste à la rouille et la corrosion devrait logiquement accroître la vie utile du véhicule, surtout dans nos conditions d’utilisation québécoises.

Par ailleurs, il faut préciser que la camionnette F-150 2015 n’est pas entièrement faite en aluminium. Son châssis à longerons est toujours fabriqué en acier. Le constructeur a d’ailleurs haussé la proportion d’acier à haute résistance utilisée dans sa fabrication de 23 à 77 %, tout en réduisant sa masse de 27 kg dans le meilleur cas.

ESTHÉTIQUE RENOUVELÉE
D’un point de vue purement esthétique, la nouvelle camionnette F-150 constitue une évolution évidente des deux générations qui l’ont précédée : la onzième (2004-2008) et la douzième (2009-2014). Les parties avant et arrière distinguent clairement la camionnette millésimée 2015 d’un modèle 2014.

Ainsi, la calandre a perdu son allure de bouclier vaguement courbé, qui s’étendait sur toute la largeur d’une F-150 2014. Au contraire, elle donne un effet 3D à l’avant, avec une grille qui se détache des blocs optiques pour se rendre plus proéminente encore. Cette grille établit aussi la hiérarchie des modèles. Celle de la F-150 XL, la version populiste, a une apparence simpliste avec ses trois larges lattes et sa fabrication en vulgaire plastique noir. La F-150 XLT, quant à elle, affiche un statut un brin plus élevé avec cinq barres fines au fini chromé. Les F-150 Lariat et King Ranch, deux versions plus cossues, partagent une grille chromée à trois lattes dans un encadrement aux formes asymétriques. La F-150 Platinum, enfin, signale son statut haut de gamme par la grille la plus volumineuse et toute chromée, cela va de soi !

Pour démarquer sa nouvelle camionnette légère de ses concurrentes, Ford met aussi de l’emphase sur les projecteurs à DEL encadrés de longs rubans constitués d’autres DEL ambrées servant de feux de position. Ces équipements sont toutefois l’apanage des trois versions les plus coûteuses, tout comme les feux de freins à DEL. Et encore, dans le cas de la F-150 Lariat, ces équipements novateurs figurent parmi des accessoires réunis parmi l’ensemble optionnel « Chrome ». L’exclusivité esthétique n’est pas donnée et les versions XL et XLT se contentent de phares à halogènes, tout comme la Lariat pour laquelle l’acheteur n’aurait pas demandé l’ensemble Chrome.

À l’arrière, le hayon adopte des formes plus sculptées. Il est nettement plus original que celui des modèles 2014, qui étaient presque plats de bout en bout.

Le profil, par contre, conserve l’allure anguleuse et certains attributs du modèle antérieur, comme les arches de roues très découpées qui semblent se détacher de la carrosserie. Elles rappellent le modèle 2014. Les portières avant ont aussi conservé l’échancrure prononcée dans leur partie inférieure avant. Un détail apparu sur la F-150 de onzième génération qui apporte un avantage concret en améliorant le champ de vision du conducteur de trois quarts avant. Suffisamment pour aider à repérer un piéton en ville ou un travailleur sur un chantier, qui pourrait passer inaperçu au mauvais moment.

La gamme comprend toujours des modèles à cabines régulières à deux portes, à cabines SuperCab à quatre portes (dont deux plus courtes qui ouvrent à contresens), et à cabines SuperCrew à quatre grandes portes normales. De plus, le constructeur offre des caisses de 5,5 pi, 6,5 pi et 8 pi montées sur des châssis pouvant avoir cinq empattements différents.

Ford offre un marchepied intégré au hayon, qui constitue un moyen fort pratique pour monter dans la caisse dont le seuil est si haut. De petits marchepieds latéraux escamotables, que le constructeur installe devant les roues arrière, constituent une autre option pratique. Des habitués de produits Ford admettent cependant que ces marchepieds escamotables tendent à s’encrasser et cessent rapidement de s’escamoter. Par ailleurs, ils sont fort difficiles à remettre en place.

Enfin, cette camionnette a des roues de 17 à 20 pouces selon la version choisie et la F-150 XL (de base) est la seule à être livrée avec des roues (de 17 po) en acier.

INTÉRIEURS SPACIEUX
À l’intérieur, on découvre un environnement familier dont l’esthétique a été revue. Ainsi, les versions d’entrée de gamme XL et XLT ont des sièges avant fractionnés (40/20/40) permettant au besoin d’asseoir trois personnes, si le dossier de la section centrale n’a pas été rabattu pour servir d’accoudoir. Les versions Lariat, King Ranch et Platinum, plus coûteuses, ont deux larges sièges baquets séparés par une imposante console centrale, qui est aussi large que profonde.

Sur cette dernière se trouve le levier à un mouvement linéaire de la boîte de vitesses automatique. Un levier qui, sur la F-150 Platinum dont nous avons fait l’essai, avait la fâcheuse manie de se déplacer trop librement de la position « P » jusqu’à la position « 1 », sans s’arrêter à « R » ou surtout « D ». C’était franchement irritant. Le levier de vitesses des camionnettes F-150 XL ou XLT 2015, qui est monté derrière le volant sur son boîtier, offre sûrement un maniement plus précis. Ironique...

Les sièges baquets d’une camionnette comme la F-150 Platinum SuperCrew dont nous avons fait l’essai sont très larges et très plats. Ils ressemblent plus à des fauteuils de salons et procurent un soutien latéral plutôt moyen. La banquette arrière d’une camionnette à cabine SuperCrew, par ailleurs, procure autant d’espace au niveau des genoux qu’une limousine.

Cette banquette, qu’on retrouve aussi dans les camionnettes à cabine SuperCab, a deux assises asymétriques qu’on peut relever, soit pour découvrir des espaces de rangement situés directement en dessous, soit pour simplement accroître la surface du plancher pour charger des colis.

Naturellement, avec une garde variant de 219 à 239 mm selon la version, l’expression « monter à bord » prend tout son sens avec cette camionnette. Les marchepieds sont presque incontournables pour faciliter l’embarquement et les poignées intégrées aux montants du pare-brise et du pilier B s’avèrent pratiques.

NOUVEAUX V6 SURALIMENTÉS
Pour animer ses nouvelles camionnettes « tout alu », Ford propose quatre moteurs dont deux sont nouveaux. Le V8 de 5,0 L (385 ch et 397 lb-pi) et le V6 de 3,5 L (283 ch et 255 lb-pi), deux moteurs atmosphériques offerts pour les modèles 2014, figurent toujours au catalogue.

À leurs côtés, on retrouve désormais deux V6 EcoBoost (à turbocompresseur) de 2,7 et de 3,5 L. Fort de ses 325 ch et 375 lb-pi de couple, le premier se veut le moteur le plus éconergétique de la gamme. Il est d’ailleurs doté d’un dispositif d’arrêt-démarrage automatique, une première pour les camionnettes de la Série F. Pour une camionnette à deux roues motrices, Ford lui attribue une cote de consommation moyenne de 10,7 L/100 km, ce qui n’est pas beaucoup moins que la cote de 13,1 L/100 km attribuée au V8 de 5,0 L qu’on pourrait aussi choisir pour une F-150 à deux roues motrices.

Avec ses 365 ch et un couple atteignant 420 lb-pi, l’autre moteur EcoBoost devient le cheval de bataille de Ford dans la compétition que les constructeurs se livrent pour le titre de la camionnette offrant la plus grande capacité de remorquage. Ce V6 suralimenté permet à la F-150 de remorquer une cargaison pesant jusqu’à 5 534 kg (12 200 lb), soit la capacité la plus importante de sa catégorie affirme le constructeur de Dearborn. Il lui donne aussi une capacité de charge autorisée de 1 442 kg (3 180 lb).

Par ailleurs, le V8 peut aussi remorquer une masse substantielle atteignant 4 989 kg (11 100 lb), un gain de 500 kg (1 100 lb) par rapport à une F-150 2014 équivalente, en plus d’offrir une capacité de charge de 1 496 kg (3 300 lb).

Enfin, le « petit » V6 EcoBoost de 2,7 L offre, dans le cas d’une camionnette à deux roues motrices, une capacité de remorquage de 3 855 kg (8 500 lb) et une capacité de charge de 1 021 kg (2 250 lb).

Ces quatre moteurs sont jumelés à une boîte de vitesses automatique à 6 rapports doublée d’un mode manuel SelectShift (sauf dans le cas du V6 atmosphérique de 3,5 L). Ce mode manuel ne s’utilise toutefois qu’avec un petit bouton à bascule situé sur le côte gauche du pommeau du levier de vitesses, un emplacement peu ergonomique qui fait qu’on oublie vite ce mode manuel. Notons, par ailleurs, que cette boîte de vitesses dispose aussi d’un mode de remorquage.

La dotation de série de cette camionnette comprend aussi des freins à disques qui se modulent bien, un dispositif d’aide au démarrage en pente parfois pratique, de même qu’un système d’antipatinage qui n’est pas intrusif.

Enfin, Ford offre de nouveau l’ensemble optionnel FX4 pour les amateurs de conduite hors route. Disponible pour toutes les versions de F-150 à quatre roues motrices, sauf celles livrées avec le V6 atmosphérique de 3,5 L, il procure un pont arrière à blocage électronique, des plaques de protection sous le véhicule, un dispositif de retenue en descente et des amortisseurs hors route à tarage spécifique.

COMME UNE GROSSE BERLINE « HAUTE SUR PATTES »
Conduire une camionnette F-150 Platinum donne l’impression d’être au volant d’une grande berline américaine, bien que ce soit un mastodonte « haut sur pattes ». La servodirection est précise et même pas légère à haute vitesse. Les éléments de suspension de cette version luxueuse masquaient bien les défauts du revêtement. Naturellement, lorsque la caisse était vide, l’arrière avait tendance à sautiller légèrement sur les routes bosselées, sans toutefois tendre à chasser.

La F-150 peut être équipée d’un système de caméras périmétriques devant aider le conducteur lors des manoeuvres plus difficiles. Bien entendu, comme n’importe quel autre véhicule, ce genre de système reste complémentaire à une paire d’yeux utilisée à bon escient et à des rétroviseurs bien ajustés. De plus, pour être utiles, les minuscules lentilles de ce système doivent être propres. Il faut donc les nettoyer régulièrement en été et chaque fois qu’on prend le volant en hiver ou les jours de pluie. Et encore, en hiver, leur propreté est éphémère.

Fait à noter, lors d’un essai réalisé antérieurement, l’hiver dernier, nous avons constaté l’efficacité des grands essuie-glace, qui nettoient une surface généreuse du pare-brise. Mais surtout, puisqu’ils ne sont pas encastrés sous la partie arrière du capot-moteur, il est relativement facile de les relever pour nettoyer leur lame lorsque de la glace se forme.

CONSTATS SURPRENANTS DE L’IIHS
Dans un communiqué publié en juillet 2015, l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS) a attribué la cote « Top Safety Pick » à la camionnette F-150 2015. Sans être la meilleure cote émise par cette organisation de recherche indépendante financée par des grandes entreprises étatsuniennes d’assurances, il s’agit tout de même d’un résultat très louable. 

Cependant, les tests de collisions réalisés par l’IIHS ont mis en lumière certains aspects moins glorieux de ces nouvelles camionnettes. D’abord, des tests de collisions avant et arrière décalées à basse vitesse (16 km/h) ont démontré qu’une F-150 à carrosserie tout aluminium pourrait avoir des dommages plus importants qu’une F-150 2014 à carrosserie en acier. Selon l’IIHS, les dommages encourus par la nouvelle F-150 pourraient impliquer des déboursés 26 % supérieurs.

Par ailleurs, des tests de collisions frontales décalées sur un obstacle immobile à vitesse moyenne 64 km/h ont démontré que l’habitacle SuperCrew offre une protection supérieure à l’habitacle SuperCab puisque la première dispose de renforts structurels que la seconde n’a pas. Ce constat démontre que toutes les versions d’un même modèle ne sont pas nécessairement conçues exactement de la même façon.

LE CHOIX NE MANQUE
Avec une gamme aussi diversifiée et une échelle de prix allant d’un peu plus de 21 000 $, pour la F-150 XL 4×2 la plus humble, à plus de 70 000 $, pour une F-150 Platinum SuperCrew richement équipée, la F-150 ne manque pas d’attrait. D’autant plus que les stratèges de Ford ont su raffiner sa conception en multipliant les options, tant fonctionnelles qu’esthétiques qui permettent de la personnaliser.

L’apparition de nouveaux accessoires utiles, dont certains sont encore exclusifs à Ford, contribuent largement au succès de ce véhicule. Je pense, par exemple, à ces nouvelles prises électriques à haute tension (400 w/110 v) dans l’habitacle, au hayon à ouverture assisté (à quand la fermeture assistée?), à la caméra arrière à guide dynamique servant à faciliter les manoeuvres d’arrimage à une remorque, à ces lampes à DEL incorporées aux rétroviseurs pour éclairer le sol près des portes et ces autres qui éclairent l’intérieur de la caisse, ou ce fabuleux marchepied escamotable intégré au hayon facilitant l’embarquement dans la caisse (qui est si haute). Le choix ne manque pas… et ça se reflète dans les prix !


Photos originales : Luc Gagné
 

Marque

Ford

Version

F-150 Platinum FX4 SuperCrew 4x4

Options

Ensemble hors route FX4 : 750 $; peinture Rouge rubis : 450 $; doublure de caisse à revêtement pulvérisé : 550 $; marchepieds latéraux de caisse : 300 $; rallonge de caisse escamotable : 350 $; toit ouvrant à doubles panneaux : 1 750 $.

Échelle de prix

68 499 $ + 1 700 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

F-150 Platinum FX4 SuperCrew 4x4

Marque

Moteur

V6 EcoBoost, 3,5 litres, DACT, 365 ch @ 5 000 tr/min, 420 lb-pi @ 2 500 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

4 roues motrices avec gamme basse

Consommation annoncée (ville)

14,2 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

10,4 L aux 100 km

Consommation enregistrée

15,7 L aux 100 km

Garantie de base

3 ans / 60 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

5 ans / 100 000 km

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