Cadillac SRX 2015 : vraiment sans compromis ? - messages.columnarticles-details.Columns

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Cadillac SRX 2015 : vraiment sans compromis ?

Benoit Charette

24 juin 2015

Habitacle polyvalent
Moteur performant
Conduite agréable
Finition soignée

Visibilité arrière très limitée
Consommation élevée
Dotation de la version de base peu attrayante
Efficacité du système CUE discutable

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Données techniques

Marque

Cadillac

Version

Haut de gamme 4RM

Options

Roues de 20 po au fini poli : 645 $; peinture Lie-de-vin royal métallisé : 520 $; groupe Aide au conducteur (régulateur de vitesse adaptatif5, préparation automatique à la collision et freinage avant et arrière automatique) : 2 495 $; groupe Remorquage : 655 $; système de divertissement à l’arrière avec lecteur Blu-Ray (deux lecteurs de DVD avec casques d’écoute sans fil et télécommande) : 1 995 $

Échelle de prix

56 305 $ + 1 800 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

Haut de gamme 4RM

Marque

Moteur

V6, 3,6 litres, DACT, 308 ch @ 6 800 tr/min, 265 lb-pi @ 2 400 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation annoncée (ville)

14,8 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

10,4 L aux 100 km

Consommation enregistrée

12,1 L aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

6 ans / 110 000 km

Depuis quelque temps, General Motors propose aux acheteurs d’utilitaires compacts de luxe un véhicule qu’il dit sans compromis : le SRX 2015. Cette affirmation était liée, au moment d’écrire ces lignes, à une campagne publicitaire offrant ce Cadillac avec quatre roues motrices « sans frais ». La transmission intégrale suffirait-elle à en faire un objet sans compromis ?

Déjà, je crois que les acheteurs d’utilitaires valorisent ce type de véhicules à cause de leur habitacle transformable qui les rend plus polyvalents qu’une berline de même longueur. C’est leur force. En « bourrant » l’aire cargo modulable d’un SRX, on découvre combien un véhicule de luxe peut aussi s’avérer utile. Et sans compromis. Les quatre roues motrices n’y sont pour rien.

ALLURE DIFFÉRENTE
Depuis 2010 aux États-Unis et 2011 au Canada, le succès de Cadillac dépend de l’utilitaire compact SRX, plus encore que de la nouvelle berline ATS. C’est la vache à lait de la marque.

Au fil des ans, on a observé un changement d’intérêt de la part des consommateurs, qui ont délaissé les automobiles au sein des marques de luxe au profit des utilitaires, et ce autant chez Cadillac que chez ses rivales allemandes et asiatiques, et plus encore chez Lexus.

Chez cette marque de Toyota, par exemple, le RX est devenu « LE » modèle le plus populaire, et de loin. Le nouveau NX, plus petit, est d’ailleurs en passe de reproduire ce succès. Ce qui est arrivé chez Cadillac n’est donc pas le simple fruit du hasard.

STYLE INSPIRÉ DE L'ART ET DE LA SCIENCE
L’allure élégante et exclusive du SRX contribue sans doute à son succès. Ses formes anguleuses faciles à reconnaître trouvent leurs origines dans un concept de design baptisé « Art et science », qui remonte à 1999. Ça donne une allure qu’on aime ou qu’on déteste, mais qui ne laisse personne indifférent.

Mine de rien, le SRX actuel date de 2010. Pourtant, après cinq ans, il n’a pas trop vieilli. Avouons cependant que sa silhouette est nettement mieux réussie que celle de son prédécesseur. Le premier SRX (2003-2009) ressemblait plutôt à un fourgon de livraison, une ambulance ou un corbillard !

En n’imposant pas au SRX de deuxième génération l’habitacle à 7 places de son prédécesseur, les stratèges de GM ont permis à leurs designers de tracer des formes plus stimulantes pour les sens avec des porte-à-faux très courts et une ceinture de caisse haute qui forme une diagonale dynamique, aux dépens de la visibilité de trois quarts arrière cela dit.

Compte tenu de l’importance que les acheteurs de véhicules de luxe vouent à l’esthétique d’un véhicule, cette silhouette réussie a sans doute aidé le SRX à rivaliser aussi longtemps avec des rivaux aussi populaires que les BMW X1 et X3, le Mercedes-Benz GLK, l’Audi Q5 et les deux Lexus.

« CUE » VEUT DIRE TACTILE
En 2013, GM a introduit un dispositif multimédia devant donner une touche futuriste à l’habitacle du SRX. Appelé CUE (pour Cadillac User Experience), il s’agit d’un ensemble de commandes tactiles réunies sur la portion centrale du tableau de bord, sur sa surface externe et sur un écran couleur ACL de 8 pouces.

À première vue, on se croirait aux commandes d’une navette spatiale. Le coup d’oeil est saisissant puisqu’on ne voit que de petites moulures chromées décoratives, qui servent à guider l’utilisateur, plusieurs petits voyants lumineux et cet écran qui ressemble à un iPad incorporé au tableau de bord.

Les touches tactiles donnent une impression de modernisme, mais elles nécessitent beaucoup d’attention. Pour les repérer et savoir où poser le bout du doigt, il faut nécessairement cesser de regarder la route. Avec une chaîne audio posée sur un meuble à la maison, ce genre de système ne pose pas de problème. Mais dans un véhicule qui est malmené par les cahots et les courbes, impossible d’avoir une main stable. Voilà pourquoi, lorsqu’on conduit à 90 km/h sur un chemin de montagne sinueux, changer la station de la radio ou ajuster le débit de la ventilation exige beaucoup d’attention avec des touches tactiles. Trop. Une attention que le conducteur devrait plutôt consacrer à ce qui se passe sur la route.

Même la rétroaction haptique (une vibration produite au toucher) que génère le système CUE pour signaler à l’utilisateur que quelque chose vient de se produire ne constitue qu’une demie-mesure, puisqu’il ne rend pas l’utilisation de ce dispositif plus intuitive pour autant. De toute façon, aucune commande tactile ne peut engendrer une utilisation intuitive. La mode supplante parfois le bon sens.

En hiver, on constate aussi que le système CUE a été conçu pour des automobilistes d’ailleurs (des Californiens et des Floridiens sans doute), car les touches tactiles du tableau de bord réagissaient à la chaleur du doigt. Les Québécois doivent aussi composer avec l’hiver et le froid. Or, avec une main gantée, ce système ne fonctionne pas systématiquement. Et ici, je ne parle pas de gros gants de ski, mais de simples gants Isotoner minces. Pour pallier cet irritant, la solution n’est pas très compliquée : on retire le gant et on s’expose au froid. En quittant un garage chauffé, ça ne pose pas de problème, mais en reprenant le SRX à la fin d’une journée de ski, l’habitacle risque d’être plus frisquet !

Heureusement, les concepteurs de cet utilitaire n’ont pas choisi de généraliser l’utilisation des touches tactiles jusqu’à la commande des feux d’urgence... comme ils l’ont fait avec la grande berline Cadillac XTS !

SÉSAME OUVRE-TOI !
L’écran ACL constitue aussi une façade motorisée qui masque un espace de rangement de 1,8 litre. Un petit coffret secret pratique auquel on accède toutefois à l’aide d’un commutateur… tactile ! Il faut donc appliquer la « touche magique » au bon endroit, au bas de l’écran, pour que l’écran se soulève. Au fait, ne serait-il pas plus simple qu’on utilise une commande vocale du genre : Sésame ouvre-toi ?!

Trêve de plaisanteries, car le SRX bénéficie d’excellents sièges baquets, qui procurent un support bienfaisant pour l’ensemble du corps. Le volant télescopique et inclinable se prend bien en main et un pédalier ajustable de série (sauf pour le modèle de base) contribue à ajuster finement la position de conduite, quelle que soit la taille du conducteur. La finition, enfin, est digne d’un véhicule de cette trempe.

Les places arrière conviennent à des adultes. Par contre, la visibilité de trois quarts arrière est limitée à cause de la ceinture de caisse haute et de la petite lunette du hayon. La caméra arrière (elle aussi de série sauf pour le SRX de base) réussit à pallier à ce défaut, mais seulement lorsque sa lentille extérieure n’est pas sale — ce qui est rare en hiver et lorsqu’il pleut.

VOLUMINEUX CE COFFRE
Si tant d’automobilistes ont troqué une automobile pour un utilitaire, c’est souvent à cause de son aire à bagages modulable pratique. À ce chapitre, le SRX se distingue par un volume utile satisfaisant qui varie de 844 à 1 730 litres, selon l’usage fait de la banquette arrière à sections asymétriques. Ces cotes sont d’ailleurs supérieures à celles d’un BMW X3 et d’un Mercedes GLK. Cet aspect du SRX plaît, surtout lorsqu’on fait une rafle chez un antiquaire !

Cela dit, le Lexus RX 350 fait mieux en matière de logeabilité puisque le volume utile de son coffre varie de 1 132 à 2 273 litres, et ce bien qu’il ait une carrosserie légèrement plus petite que celle du Cadillac.

Le SRX gagnerait beaucoup cependant à avoir une banquette dotée de dossiers asymétriques opposant moins de résistance lorsqu’on les replie.

UN MOTEUR, LE BON
Le Cadillac SRX est un modèle rare au sein de la grande famille de produits GM. Il a une plateforme relativement exclusive qui porte différents noms : Theta Premium, Theta-Epsilon et GMT166. Seul un illustre inconnu de l’histoire de l’automobile l’a partagée : le Saab 9-4X, un utilitaire produit à seulement 573 exemplaires avant l’arrêt définitif des activités de la marque suédoise, en 2010.

Sous le capot du SRX, par contre, on découvre un V6 à injection directe de 3,6 litres qui n’a rien d’exclusif. Monté en position longitudinale, il sert à une panoplie de produits Cadillac : les ATS, CTS et XTS.

Adopté pour le SRX 2012, il avait remplacé deux V6 : un atmosphérique de 3,0 litres (265 ch) et un turbo de 2,8 litres (300 ch). Il transmet 308 ch et 260 lb-pi aux roues motrices (avant ou intégrale) par le biais d’une boîte de vitesses automatique Hydra-Matic à 6 rapports offrant un fonctionnement très doux.

Ce moteur se caractérise par une courbe de puissance très linéaire, mais aussi un couple généreux dont le conducteur dispose dès que le régime atteint 2 400 tours. Il permet au SRX d’accélérer de 0 à 100 km/h en 8 secondes et des poussières.

En outre, cet utilitaire peut remorquer une charge atteignant 1 588 kg, du moins dans la mesure où l’acheteur opte pour le groupe Remorquage qui figure parmi les options (sauf de la version de base).

AGRÉABLE À CONDUIRE
Ce véhicule plaît pour sa silhouette, son habitacle polyvalent, mais aussi pour l’agrément de conduite. Sa servodirection est précise et l’assistance bien dosée. De plus, le freinage se module avec précision, ce qui contribue à rendre sa conduite prévisible. L’habitacle est également bien insonorisé, ce qui permet de profiter pleinement de la qualité de la reproduction sonore de sa chaîne audio.

La transmission intégrale effectue ses transitions de manière transparente et efficace. De plus, les dispositifs d’antipatinage et d’antidérapage n’entrent pas en conflit avec le rouage intégral à basse vitesse, comme c’est le cas avec certains véhicules concurrents.

En outre, la consommation de ce véhicule est relativement élevée. Est-ce surprenant pour ce véhicule qui pèse environ deux tonnes ? Le constructeur annonce une moyenne de 12,8 L/100 km pour la version à transmission intégrale, une cote réaliste comme en témoigne la moyenne de 12,1 L/100 km obtenue au terme de notre essai, qui a été réalisé en été sur plus de 4 000 km.

BIENTÔT UNE TROISIÈME GÉNÉRATION
À l’époque de la restructuration de GM, en 2008-2009, les stratèges auraient pu remettre en question l’existence de Cadillac, comme ils l’ont fait pour Pontiac, Oldsmobile et Saturn, si le SRX n’avait pas existé. Son succès seul justifiait peut-être l’existence de la marque.

Bien entendu, à l’époque on ne connaissait pas toutes les nouveautés qui étaient en gestation. De plus, la croissance du créneau des utilitaires de luxe, qui était déjà entamée, a donné raison aussi au maintien de la marque et de ce modèle. Son succès actuel, tout relatif qu’il soit, ouvrir la voie à un successeur.

Or, avec cinq années de présence sur le marché sans avoir subi de refonte importante, le SRX arrive à terme. Nos sources nous apprennent d’ailleurs qu’un remplaçant devrait faire son apparition sur le marché au début de 2016. Reprenant le moteur actuel, il serait le premier produit GM doté d’une nouvelle boîte de vitesses automatique à 9 rapports mise au point conjointement avec Ford. Il serait encore assemblé à l’usine de Ramos Arizpe, au Mexique.

L’arrivée prochaine d’un nouveau SRX ne peut que bénéficier à l’acheteur intéressé par le modèle actuel. Après tout, dès que le calendrier de commercialisation de ce successeur sera connu, l’argument du modèle en fin de carrière pourra devenir un précieux outil de négociation.


Photos originales : Luc Gagné

Marque

Cadillac

Version

Haut de gamme 4RM

Options

Roues de 20 po au fini poli : 645 $; peinture Lie-de-vin royal métallisé : 520 $; groupe Aide au conducteur (régulateur de vitesse adaptatif5, préparation automatique à la collision et freinage avant et arrière automatique) : 2 495 $; groupe Remorquage : 655 $; système de divertissement à l’arrière avec lecteur Blu-Ray (deux lecteurs de DVD avec casques d’écoute sans fil et télécommande) : 1 995 $

Échelle de prix

56 305 $ + 1 800 $ (transport et préparation)

Version à l’essai

Haut de gamme 4RM

Marque

Moteur

V6, 3,6 litres, DACT, 308 ch @ 6 800 tr/min, 265 lb-pi @ 2 400 tr/min

Transmission

Automatique à 6 rapports

Autre conduite

Traction intégrale à prise temporaire

Consommation annoncée (ville)

14,8 L aux 100 km

Consommation annoncée (route)

10,4 L aux 100 km

Consommation enregistrée

12,1 L aux 100 km

Garantie de base

4 ans / 80 000 km

Garantie du groupe motopropulsteur

6 ans / 110 000 km

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