Aston Martin Vanquish 2015 : fantasme réalisé - messages.columnarticles-details.Columns

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Aston Martin Vanquish 2015 : fantasme réalisé

Benoit Charette

26 août 2015

Expérience sensorielle unique
Design spectaculaire
Équilibre entre confort et performance


Prix en comparaison avec une DB9
Certaines options "nécessaires"
Dépréciation affolante


Standard

Données techniques

Marque

Aston Martin

Version

Coupé

Version à l’essai

Coupé

Marque

Moteur

V12, 6,0 litres, DACT, 568 ch @ 6 750 tr-min, 465 lb-pi @ 5 500 tr-min

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Roues motrices arrière

Consommation annoncée (ville)

17,6 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

11,4 l aux 100 km

Garantie de base

3 ans / kilométrage illimité

Garantie du groupe motopropulsteur

3 ans / kilométrage illimité

Nous sommes au printemps 2002, à une époque où quelques amis et moi décidons de prendre la route direction Floride pour un road trip à bord d’une rutilante Mazda MPV 1991 (!). Quelques jours plus tard et nous voilà à destinons, alors que nous circulons en bord de mer dans la région de West Palm Beach. Soudainement, j’entends au loin le vrombissement d’un V12. Un coup d’œil…et je l’aperçois. C’est elle ! La nouvelle Aston Martin Vanquish, que je n’avais jusque là contemplée que dans le plus récent James Bond, Die Another Day.

Depuis ce jour, cette voiture me hante. J’ai encore en tête cette image du milliardaire quittant son domaine en bord de mer au volant de cette splendide automobile, bien sûr peinte en vert, et qui allait disparaitre rapidement au fond d’un paysage digne d’une carte postale, en laissant échapper une mélodie mécanique à faire dresser les poils sur les bras.

Il m’aura donc fallu quatorze ans pour réaliser de façon partielle, le rêve de cette image, soit celle de prendre le volant d’une Vanquish, hélas dans un environnement beaucoup plus familier, qu’est celui de la Rive-Nord de Montréal.

En piste
Ma journée débute sur le désormais célèbre circuit d’ICAR où se tiendra une journée d’essais consacrée aux différents modèles de la marque. Bien sûr, j’aurai aussi eu la chance de goûter à la performance de la V12 Vantage et à la grâce de la berline Rapide, mais vous vous doutez bien que j’avais pris soin de conserver la Vanquish comme dessert, sachant de surcroît qu’on allait ensuite me laisser quitter les lieux à son volant pour une charmante balade dans les Hautes-Laurentides.

Alors que quelques secondes me séparent de mon premier coup de volant à bord de la Vanquish, j’ajuste pour les circonstances mon casque de sécurité pour ensuite empoigner cette portière qui, à son ouverture, s’incline avec style vers le haut, histoire de vous accueillir avec grâce à son bord. Bien installé au volant, j’insère ensuite ce petit module de clé baptisé Emotion Control Unit à l’endroit prévu, me permettant bien sûr de démarrer l’engin. Puis, ne me reste qu’à contempler la sonorité mécanique…dont j’avais tant rêvé.

Quelques tours de piste à bord de la Vanquish me permettent d’abord d’apprivoiser la bête, le temps de constater que l’imposante masse de la voiture ne se fait que peu sentir. Oui, elle est certes plus pataude qu’une Ferrari, mais l’équilibre est remarquable et le comportement de la voiture, en dépit des systèmes d’aide à la conduite, est passablement prévisible. À chaque occasion qui m’est offerte, je laisse bien sûr s’exprimer le V12 qui chante à tue-tête, en passant manuellement les vitesses via ces commandes placées derrière le volant. Les 568 chevaux sont d’ailleurs bien servis par cette nouvelle boîte à huit rapports, logée à l’arrière de la voiture, ce qui permet comme sur la Corvette d’équilibrer plus efficacement les masses.

Remarquablement agile, la voiture impressionne également par une rigidité structurelle nettement supérieure à celle de la DB9, notamment en raison d’une plus grande utilisation de l’aluminium et de la fibre de carbone. Histoire de goûter à une sensation encore plus extrême, venait ensuite le temps d’activer le mode sport, qui en un clin d’œil, modifiait les paramètres de la boîte automatique, de la suspension et du potentiomètre de pédale. Soudainement, la voiture s’empare d’une rage, d’une surdose de testostérone que vous ne voudriez découvrir qu’en circuit fermé. La violence de l’accélération mêlée encore une fois à cette sonorité exaltante vous pousse vers une délinquance qui vous ferait perdre votre permis de conduire en quelques secondes, sur les routes publiques. Heureusement, j’avais encore quelques tours de piste devant moi, question d’apprivoiser la machine encore davantage.

On retire le casque
Curieusement, en dépit de tout l’intérêt que je portais pour cette voiture, la balade sur route était l’expérience qui m’attirait le plus. La voiture avait beau posséder tous les talents du monde en piste, rien ne m’excitait plus que de prendre la route à travers de jolis paysages, en profitant du moment au volant de l’une des plus belles voitures du monde.

Avant de prendre la route, il fallait toutefois faire le plein, la consommation d’essence ayant frisé l’indécence sur la piste. J’aurai d’ailleurs remarqué avoir consommé plus d’un quart de réservoir en moins de douze tours de pistes, histoire de me rappeler à quel type de configuration mécanique j’avais affaire. Par la suite, j’allais heureusement pouvoir profiter d’une conduite sans casque, ce qui allait ironiquement me rapprocher encore plus de la sonorité véritable du magnifique V12.


À peine quelques kilomètres parcourus sur l’autoroute 50 m’ont suffi pour découvrir la pure définition d’une authentique GT. Position de conduite sportive et surenchère de puissance, jumelée au luxe extrême et à un confort exceptionnel, font partie de l’ADN même de ce type de voitures, que la Vanquish décrit à merveille. Plus loin, les routes en lacet des Hautes-Laurentides, souvent en piètre état, m’ont aussi permis de constater encore une fois la grande rigidité structurelle de la voiture, ainsi que sa capacité à composer avec une chaussée dégradée. Au volant d’une Lamborghini, croyez-moi, les conséquences auraient pu être catastrophiques. Or, la Vanquish s’équipe d’une suspension très efficace, et démontre une maniabilité franchement surprenante. Bien sûr, son museau très près du sol demande une certaine vigilance à l’approche d’un dos d’âne, mais quel coupé sport ne demande pas telle attention?

Circuler à vitesse normale au volant de la Vanquish m’a aussi permis de découvrir les nombreuses caractéristiques de luxe, ainsi que toute l’attention au détail apportée à la finition. De mémoire, je n’ai d’ailleurs pas le souvenir d’une plus belle qualité de cuir qu’à bord de cette anglaise, avec laquelle on ne vit rien de moins que la quintessence des expériences sensorielles. Les odeurs, la qualité des matériaux, la présentation riche et soignée jumelée au doux vrombissement du moteur à vitesse de croisière sont carrément dignes du fantasme. D’ailleurs, l’ultra puissante chaîne audio Bang & Olufsen qui m’était offerte est demeurée silencieuse tout au long de l’essai.

Séance photo
Ayant trouvé dans le village d’Huberdeau un magnifique point de photographie pour effectuer quelques clichés de mon sujet, j’ai stationné l’Aston Martin pour sortir l’équipement requis. Hélas, à ma grande surprise, j’ai réalisé à ce moment que tout l’équipement était demeuré dans ma voiture, à Mirabel ! Le monsieur n’était pas fier de lui. Et voyant que le soleil annonçait déjà son envie de disparaître, j’ai tout de suite filé en direction de mon point de départ. Arrivé sur place et après avoir récupéré tout le matos, ne me restait rapidement qu’à trouver aux abords d’un aéroport en démolition, un point photo attrayant. Pas facile…

Ironiquement, le stationnement de l’usine de Bombardier, voisine de ce désormais triste site, aura constitué mon élément de décor. Encore un peu déçu par mon oubli, j’ai néanmoins pu prendre le temps d’effectuer le travail, en réalisant à ce moment que l’Aston Martin Vanquish était sans aucun doute la voiture la plus sexy que j’avais photographiée en carrière.  Chaque trait, chaque détail et chaque garniture se marient les uns aux autres pour créer une robe d’une rare élégance, où s’entremêlent audace et sobriété. J’ai ainsi réalisé qu’on pouvait bien sûr apprécier ses lignes en l’observant rapidement, mais qu’on ne pouvait que craquer en s’y attardant davantage.


Le retour
Parce que la réalité nous rattrape rapidement, venait ensuite le temps de remettre la voiture aux gens d’Aston Martin, en réalisant bien sûr que la somme requise pour profiter de ce bolide sur une base quotidienne était de loin supérieure à celle qu’un simple chroniqueur peut acquitter. En fait, les quelque 320 000$ (approximatif) nécessaires pour son acquisition m’ont aussi fait réaliser que le rêve de la Vanquish réside aussi dans son inaccessibilité.

Cela dit, mon expérience au volant de cette belle anglaise m’a aussi fait réaliser à quel point le fait de conduire une voiture de grand tourisme, méconnue du grand public et plus discrète que ses rivales, est un fantasme exceptionnel. Car certes, la Vanquish fait tourner les têtes, mais pas de la même façon qu’une Mercedes-Benz SLS ou qu’une Lamborghini. Ici, c’est la grâce, l’élégance et surtout, une expérience sensorielle inégalée.

 

Marque

Aston Martin

Version

Coupé

Version à l’essai

Coupé

Marque

Moteur

V12, 6,0 litres, DACT, 568 ch @ 6 750 tr-min, 465 lb-pi @ 5 500 tr-min

Transmission

Automatique à 8 rapports

Autre conduite

Roues motrices arrière

Consommation annoncée (ville)

17,6 l aux 100 km

Consommation annoncée (route)

11,4 l aux 100 km

Garantie de base

3 ans / kilométrage illimité

Garantie du groupe motopropulsteur

3 ans / kilométrage illimité

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