Comment faites-vous pour conserver votre neutralité journalistique? - Chroniques

Question du jour

Comment faites-vous pour conserver votre neutralité journalistique?

Ce lecteur aimerait connaître la mécanique de neutralité derrière le métier de journaliste automobile.

31 mai 2021

Guillaume Fournier

« Bonjour, je sais qu’on vous prête des véhicules chaque semaine et qu’on vous invite même à des lancements de nouveaux produits ; mais comment faites-vous pour demeurer neutres et objectifs ? Les constructeurs d’automobiles vous mettent-ils de la pression pour parler en bien de leur véhicule ? »

- Charles

Bonjour Charles,

En effet, le métier de chroniqueur automobile nécessite que nous fassions preuve de neutralité journalistique afin de bien informer les consommateurs. Après tout, nous travaillons pour les consommateurs, pas pour des constructeurs d’automobiles ; et non, nous ne sommes pas payés par les constructeurs pour évaluer leurs véhicules.

Étant donné que chaque journaliste utilise une approche différente, je vais tenter de répondre à vos questions en me basant sur mes propres expériences et mon éthique de travail.

 

 

Le jeu de politique qui se joue entre les médias et les constructeurs d’automobiles fonctionne dans les deux sens. Autant on a besoin d’eux pour obtenir des modèles de presse à évaluer, autant ils ont besoin de nous pour faire parler de leurs produits.

Je vous dirais cependant que oui, les constructeurs d’automobiles tentent constamment de nous influencer. Dans certains cas, ils tentent même de contrôler le message. Inutile de les blâmer pour ça. Ce sont après tout des entreprises qui doivent vendre des produits et enregistrer des profits. Aucun constructeur n’aime que nous parlions en mal d’un véhicule et que nous ne le recommandions pas, comme nous le faisons parfois à RPM.

Maintenant, comment faire face à des entreprises aussi puissantes avec des ressources financières presque infinies ? La réponse est simple : à titre de journaliste, il faut demeurer respectueux et professionnel. Et cela, ça vient avec l’expérience.

Or, une relation de confiance s’installe entre le journaliste et les responsables des Communications des constructeurs. Autrement dit, ils comprennent notre métier, et nous comprenons le leur. À moins que de l’information ne soit erronée, comme si une erreur s’était glissée dans les caractéristiques techniques, par exemple, la règle non écrite du métier est que le constructeur n’a aucunement le droit de venir jouer dans nos plates-bandes. Du moins, c’est de cette manière que nous fonctionnons chez RPM.

Équipe RPM

Permettez-moi de partager avec vous une petite anecdote : lors de mes tout premiers débuts comme journaliste automobile, j’avais écrit une chronique très négative sur un véhicule. À l’époque, le constructeur en question m’avait carrément empêché d’essayer ses modèles pendant presque un an. Je me souviens d’avoir été dévasté par cette nouvelle.

Un journaliste sénior m’avait ensuite dit que, à long terme, les chroniques authentiques et honnêtes m’apporteraient plus de respect et de notoriété, tant de la part des consommateurs que des constructeurs d’automobiles. Et il avait raison, car aujourd’hui, ce même constructeur me prête des véhicules pour évaluation sans réserve. En outre, le modèle que j’avais durement critiqué n’est resté sur le marché que deux ans à peine. Aujourd’hui, il n’est même plus commercialisé. On se demande pourquoi !

 

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