Subaru remporte le titre de Constructeur en rallye canadien… encore ! - Chroniques

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Subaru remporte le titre de Constructeur en rallye canadien… encore !

Subaru remporte le titre de Constructeur en rallye canadien… encore !

Les Subaru et le rallye vont de pair, surtout lorsqu’il est question de la WRX. Il semblait donc tout naturel d’apprendre, le 2 novembre dernier, que la marque aux six étoiles avait remporté le titre de champion constructeur du Championnat des rallyes canadiens (CRC). Un titre que le Québécois Antoine L’Estage et l’Ontarien Alan Ockwell ont procuré à l’équipe de Subaru Canada inc. (SCI), le Subaru  Rally Team Canada (SRTC).

Pour L’Estage, c’est un huitième titre en carrière, mais son premier au sein du SRTC. Il avait remporté cinq titres au volant d’une Mitsubishi Lancer EVO X (2010 à 2014 inclusivement) et deux autres avec une Hyundai Tiburon (2006 et 2007). Pour Subaru, par ailleurs, c’est la onzième fois que le titre de constructeur lui est attribué depuis le début des années 90 et la première apparition d’une voiture de la marque dans ce championnat.

C'ÉTAIT ÉCRIT DANS LES... ÉTOILES
Le duo L’Estage/Ockwell a scellé l’issue de ce championnat aux termes du rallye Rocky Mountain, la cinquième épreuve de la saison disputée à Invermere, en Colombie-Britannique, les 31 octobre et 1er novembre. Les points accumulés jusqu’ici par le pilote, son copilote et le constructeur ont suffi à confirmer les trois titres sans qu’il soit nécessaire d’attendre la sixième et dernière épreuve, le rallye Tall Pines, qui aura lieu à la fin du mois à Bancroft, en Ontario.

Antoine L’Estage s’est dit heureux de terminer au premier rang son année inaugurale avec le SRTC. « C'est une superbe équipe composée de gens passionnés qui nous ont permis d'obtenir des résultats fabuleux tout au long de l'année », a déclaré le Québécois de 42 ans.

Pour SCI, cette victoire revêt autant d’importance. « Remporter le championnat des constructeurs 11 fois confirme notre excellence en rallye automobile et témoigne de la durabilité, de la qualité et de la fiabilité de nos véhicules », a déclaré Shiro Ohta, le président et chef de la direction.

UNE HISTOIRE QUI DURE DE UN QUART DE SIÈCLE
Cette victoire de SCI en rappelle plusieurs autres, puisque son premier gain dans ce championnat remonte à 1992. Cette année-là, TnT Racing, une équipe indépendante composée de Tom et Trish McGeer, avait choisi de disputer les épreuves du CRC au volant d’une Legacy Turbo, une berline introduite un an plus tôt au Canada. Une nouveauté qui semble les avoir favorisés puisqu’elle leur a permis de terminer la saison en remportant le titre dans leur catégorie : Production GT (voitures de série à moteur turbocompressé de plus de 2,0 L). L’année suivante, les McGeer poursuivent sur leur lancée en remportant, cette fois, le championnat national, en plus du titre en Production GT. SCI récoltait alors pour la première fois le titre de champion des constructeurs au Canada.

Il faudra cependant attendre l’arrivée du nouveau millénaire pour que Subaru renouvelle ce titre, car jusqu’en 1999 l’Ontarien Frank Sprongl va dominer le championnat avec une Audi Quattro.

En 2000, SCI choisit de s’impliquer officiellement en apportant un soutien technique à TnT Racing. Cette équipe adopte alors une Impreza WRX RA, une nouveauté inspirée des voitures qui dominent les rallyes européens de l’époque. Elle permettra Tom McGeer, désormais assisté du vétéran étatsunien Mark Williams, de dominer les épreuves du CRC et de remporter le championnat, de même que la première place des catégories Overall et Open 2000.

L'ARMADA SUBARU
En 2001, SCI relève la barre d’un cran en alignant trois voitures, du jamais vu en rallye canadien. Trois Impreza WRX Turbo menées par autant d’équipes différentes : TnT Racing avec Tom McGeer, Van Gogh Promotions avec les frères John et Clarke Paynter, et Rocket Rally Racing avec Patrick Richard. Cette offensive portera fruit de manière récurrente. En 2001, McGeer remporte le championnat avec Williams; en 2002, c’est au tour de Richard et McCurdy; en 2003, McGeer reprend le titre, cette fois avec Philip Erickson; en 2004, ce sont Patrick et Nathalie Richard qui mène Subaru au sommet du palmarès; enfin, en 2005, l’Ontarien Peter Thomson et l’Étatsunien Rod Hendrickson procurent un dernier titre à SCI. Après un hiatus de deux ans, durant lequel Antoine L’Estage règne sur le championnat avec sa Mitsubishi, en 2008 et 2009, un nouveau duo formé par le Québécois Patrick Richard et le Torontois Alan Ockwell ramène Subaru sur la première marche du podium.

Le championnat de 2010 sera âprement disputé, et ce jusqu’à l’épreuve finale du Tall Pines. Il se terminera favorablement pour Subaru grâce à une mince différence d’un seul point obtenue, non pas par l’équipe du SRTC (Pat Richard et Alan Ockwell s’étant retirés à cause d’un bris mécanique), mais grâce à la deuxième et la troisième place qu’allaient décrocher les deux équipages du Team Swap Shop du Québec (Craig Henderson et Lyne Murphy de New Richmond, et des Lavallois Bruno Carré et Yvan Joyal).

La suite aujourd’hui, on la connaît. En 2015, Subaru réussit à séduire L’Estage et à l’intégrer au SRTC. Avec l’aide d’Ockwell, au volant des WRX STI préparées par Rocket Rally Racing, l’entreprise de Patrick Richard basée à Squamish, en Colombie-Britannique, il a gagné le championnat des pilotes du CRC une sixième fois, tout en permettant à Subaru Canada de récupérer son titre une onzième fois.

UNE IMAGE QUI PERDURE
La réussite d’Antoine L’Estage contribue à cultiver l’image mythique des Subaru victorieuses dans le monde des rallyes. Ted Lalka, le vice-président du Marketing de SCI, est cité à cet effet par le journaliste de La Presse Pierre-Marc Durivage dans un article publié en février sur le rallye canadien et l’arrivée d’Antoine L’Estage au sein du SRTC : « Pour bien des gens, les Subaru sont des voitures fiables et sécuritaires, mais on les associe aussi très souvent à ces courses folles en forêt. Ça montre que nos efforts trouvent un écho bien au-delà des amateurs de sport motorisé. Nous allons donc utiliser notre nouvelle association avec Antoine pour augmenter encore cette reconnaissance du public. »

Cette image mythique, les stratèges du marketing du constructeur et de ses filiales la font perdurer, même sur le site Internet de la marque, pour mousser la réputation de la marque. On n’hésite pas d’ailleurs à rappeler les victoires obtenues par Subaru dans le Championnat du monde des rallyes (World Rallye Championship ou WRC) en 1996, 1997 et 1998. C’est sans oublier les trois titres décrochés au championnat des pilotes du WRC par le Norvégien Petter Solberg (2003) et les Britanniques Richard Burns (2001) et Colin McRea (1995). Et ce même si Subaru s’est retiré du WRC en 2008.

Les prouesses d’Antoine L’Estage au sein du SRTC  permettent d’alimenter ce mythe, malgré le faible rayonnement des épreuves du championnat. Car le CRC n’a que six rallyes : trois au Québec et les autres en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. En 2000, il y en avait neuf. Qui plus est, ces épreuves ont lieu loin des grands centres et n’attirent pas de grandes foules.

Ce qui importe, ce sont les images qu’on garde en tête du rallye de performance, un sport motorisé où des pilotes aidés de leur précieux copilote doivent faire preuve d’une extrême habileté pour réaliser des étapes aussi rapidement que possible sur le gravier, le sable ou la neige, sous le soleil ou la pluie, dans le brouillard, le jour comme la nuit. Et ça, L’Estage sait le faire !
 

Photos originales : Luc Gagné, archives Auto Diffusion, CRC et Subaru Canada.

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