Philippe Couillard rêve en vert - Chroniques

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Philippe Couillard rêve en vert

Philippe Couillard rêve en vert

Prenant la parole à une table ronde organisée par l'Alliance internationale sur les véhicules zéro émission (Alliance VZE), dans le cadre de la Conférence de Paris sur les changements climatiques, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a traduit la volonté de son gouvernement d’aller de l’avant avec l’instauration d’une norme à émission zéro semblable à celle que l’on retrouve en Californie.

Encore au stade de projet
En Californie, comme dans neuf autres États américains, dont ceux de New York, du New Hampshire et du Vermont, les constructeurs automobiles sont tenus de vendre un nombre précis de véhicules « verts », à défaut de quoi ils se voient infliger des pénalités pouvant varier entre 10 000 $ et 15 000 $ par véhicule non vendu. Au Vermont, 15 % des voitures vendues doivent être électriques. À ce jour, l’aventure n’a pas été très positive, pour les constructeurs automobiles. En Californie par exemple, pour éviter de payer des pénalités, les constructeurs offrent des rabais importants à la location de véhicule électrique, ce qui serait un avantage pour les acheteurs. Est-ce une manière d’atteindre les 100 000 véhicules électriques sur nos routes d’ici 2020? C’est là que M. Couillard rêve en vert.

Loin de la coupe aux lèvres
Il y avait au 6 octobre 2015, 7 313 véhicules électriques au Québec. La Californie qui est la Mecque de la voiture électrique en Amérique du Nord possède à peine plus de 50 000 véhicules électriques pour une population de plus de 35 millions d’habitants. Difficile de croire que le Québec pourra atteindre les 100 000 dans 4 ans, même en incluant les véhicules enfichables (il s’est vendu 1 072 Volt au Québec en 2014).

Bien sûr, le 8 000$  de rabais à l’achat d’un véhicule électrique est un excellent incitatif, mais je crois que le gouvernement procède à l’envers. Au lieu de mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête des constructeurs, le gouvernement devrait plutôt songer à mettre une carotte au bout du bâton. Prenons l’exemple de la Norvège qui est le pays au la voiture est la plus populaire au monde. Les propriétaires ont droit aux stationnements gratuits partout au pays, possèdent des voies réservées, des exemptions de péage sur les ponts, la recharge gratuite à toutes les bornes publiques. Voilà des solutions qui risquent d’inciter plus d’un automobiliste à y penser deux fois. Les lois contraignantes n’ont jamais donné de très bon résultat. Les mesures d’encouragement donnent de bien meilleurs résultats.

Un réseau en plein développement
Le Québec compte déjà 778 bornes de recharge, dont 400, sur le Circuit électrique du Québec. Il faut augmenter l’apport des bornes de recharge rapide qui sont encore très rares, avec seulement 24 sur le territoire québécois. Mais il faut surtout être patient. La recherche évolue rapidement, mais nous sommes encore loin de l’autonomie d’un plein d’essence, les recharges sont longues et le prix à payer n’est pas encore à la portée de tous, surtout en tenant compte des limites de cette technologie. Mais il faut préparer l’avenir et le Québec est déjà le chef de file canadien, mais un conseil, utiliser une belle carotte va donner de bien meilleurs résultats que de sortir le bâton.

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