On a tué la Toyota Matrix ! - Chroniques

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On a tué la Toyota Matrix !

On a tué la Toyota Matrix !

Ce n’est un secret pour personne, la Toyota Matrix lancée en 2003 n’était en fait qu’une Corolla vêtue d’une robe plus jeune et d’un habitacle plus versatile. Tous les éléments mécaniques et structuraux en étaient d’ailleurs identiques, à un point tel qu’elle aurait pu elle aussi porter le nom de Corolla. Or, les stratèges de la marque qui avaient décidé de ramener sur le marché une compacte à hayon, suite à l’abandon de la Corolla familiale en 1996, on vu la chose d’un autre œil. Pour eux, il n’était plus question d’offrir une simple compacte familiale. Il fallait attirer de jeunes acheteurs au mode de vie actif, avec un véhicule à leur image. Ainsi est donc née en 2003 la Matrix.

Lancée à une époque où les Ford Focus ZX5, Hyundai Elantra GT et Mazda Protegé5 faisaient toutes leur apparition, la Matrix se distinguait grâce à une ligne plus aventurière, un habitacle plus pratique, ainsi que par sa performante version XRS, équipée du moteur de la défunte Celica GT-S. Résultat, le succès de la Matrix au Canada allait permettre à Toyota de rejoindre pendant plusieurs années, plus de 20 000 acheteurs par an. Son succès était tel qu’on allait même réussir en 2004 et 2005 à pratiquement égaler les ventes de la populaire Camry, qui se méritait à cette même époque le titre de voiture la plus vendue chez nos voisins du sud.

L’intérêt de la clientèle canadienne pour la Matrix s’est cependant affaibli en 2010 et 2011, soit quelques années à peine après la refonte du modèle. En plus d’une ligne qui ne faisait pas l’unanimité, la Matrix de nouvelle génération (lancée en 2009) n’innovait pas vraiment sur le plan technique. Qui plus est, la concurrence de plus en plus féroce proposait pour sa part des produits plus charmants et mieux adaptés aux besoins de la clientèle.

Néanmoins, Toyota Canada réussissait en 2013 à écouler un peu plus de 10 600 unités de la Matrix, un chiffre tout de même honorable pour une compacte à hayon. Or, parce que le succès de la Matrix chez nos voisins de sud étant proportionnellement encore moins élevé que chez nous, Toyota a tout simplement choisi d’abandonner le modèle en fin d’année 2013. Et même si Toyota Canada a choisi d’étirer la sauce un peu plus longtemps en produisant quelques milliers d’unités pour 2014, on l’a tout de même discontinuée quelques mois plus tard.

Bien sûr, le sort de la populaire  Corolla n’allait pas être le même, la voiture ayant droit en 2014 à une refonte complète. Cela indique donc qu’il aurait été simple de créer une troisième génération de Matrix à partir de cette même base, ou tout simplement de relancer un modèle qui aurait par exemple pu être baptisé Corolla5. Sans l’ombre d’un doute, cette voiture aurait pu connaître un succès honorable.

Ironiquement, si la relance de la Matrix ne s’est pas concrétisée, cela n’a pas empêché Toyota de poursuivre la production d’une multitude de modèles qui se vendent littéralement au compte-goutte. Bien sûr, on pourrait ici penser à des véhicules comme le Sequoia ou le Lexus GX460, mais  pour demeurer dans le créneau des compactes, il ne suffit que de penser à la totalité des modèles de la marque Scion, dont l’insuccès constitue une véritable catastrophe. D’ailleurs, en cumulant les chiffres de ventes de l’ensemble des modèles (iQ, xB, xD, tC et FR-S), on ne parvient même pas à totaliser la moitié des ventes de Matrix en 2013.

Bien sûr, les concessionnaires qui ont investi des sommes colossales pour accueillir la marque Scion en 2011 crient aujourd’hui leur mécontentement, mais contestent aussi l’abandon de la Matrix, qui leur était plus lucrative. Ceux-ci savent également qu’il leur sera très difficile de rediriger les acheteurs de Matrix vers une voiture comme la Scion xB, ou même vers un RAV4 d’entrée de gamme.

Essentiellement, en raison d’une mauvaise stratégie de marketing, on pourrait ainsi conclure que le refus de Toyota de relancer la Matrix privera cette année ses concessionnaires de 10 000 à 20 000 ventes potentielles, uniquement au Canada.

En terminant, même si Scion a récemment évoqué la possibilité d’abandonner prochainement plusieurs de ses modèles (iQ, xD, xB), et même si des rumeurs courent quant à l’arrivée prochaine chez Scion d’un utilitaire compact à la façon du Chevrolet Trax, il faudra au constructeur bien plus qu’un produit intéressant pour convaincre les acheteurs. Car si la Toyota Matrix jouissait d’une réputation encore plus forte que sa popularité, il en va tout autrement pour les produits de la marque Scion, que les acheteurs canadiens n’ont pas encore adoptés.

 

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