Mazda2 : viendra, viendra pas ? - Chroniques

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Mazda2 : viendra, viendra pas ?

Mazda2 : viendra, viendra pas ?

En grande pompe, Mazda Canada dévoilait au dernier Salon de l’auto de Montréal la toute nouvelle Mazda2, laquelle roule sa bosse du côté de l’Europe depuis déjà quelques mois. Censée reconquérir le marché de la sous-compacte, cette jolie voiture à hayon semblait vouée selon Mazda à un succès commercial qui allait en quelque sorte faire oublier le demi-échec du modèle de précédente génération.

Or, Mazda présentait à la même période son nouveau multisegment compact, le CX-3, sur lequel le constructeur met aussi beaucoup d’espoir. En fait, ce véhicule aux lignes audacieuses arrive actuellement dans le segment automobile qui connait la plus forte augmentation de parts de marché. Pas surprenant que Fiat, Honda et Jeep nous arrivent aussi avec de nouveaux modèles cette année, qui rivaliseront tous directement avec le CX-3, mais aussi avec les Chevrolet Trax, Mitsubishi RVR et Nissan Juke.

Au cours de l’hiver, l’engouement entourant le CX-3 était tel que Mazda Canada a finalement choisi de changer son fusil d’épaule, repoussant la date de commercialisation de sa Mazda2. En clair, on ne souhaitant plus introduire deux nouveaux modèles d’importance, coup sur coup, considérant aussi que le CX-3 avait fait drôlement plus jaser que sa petite sœur.

Selon Mazda, l’arrivée d’un tout nouveau véhicule sur le marché (un CX-3 sans précédent) est également un gros défi, qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il faut rappeler que Mazda demeure un petit constructeur, aujourd’hui indépendant, qui rivalise avec des géants comme GM, FCA, Toyota et Volkswagen.

Bien sûr, plusieurs questions quant à l’éventuel abandon définitif de la Mazda2 ont été posées, ce à quoi Mazda répondait qu’il ne s’agissait qu’une question de temps, avant que la voiture ne soit commercialisée. Or, on annonçait la semaine dernière que Mazda USA renonçait finalement, de façon définitive, à l’importation de la Mazda2. Pas surprenant, lorsqu’on connaît le faible engouement des Américains face aux voitures sous-compactes et surtout, à hayon.

Qui plus est, le week-end dernier, Denis Leclerc, président du Groupe Albi, nous mentionnait l’impertinence d’offrir selon lui, une Mazda2 peu profitable, qui ne viendrait que cannibaliser les ventes de Mazda3. Ce dernier se disait en revanche enchanté par le nouveau CX-3, voyant en ce produit une forte relance pour la firme d’Hiroshima. « Arrivé en concession vendredi dernier, nous avons vendu huit CX-3 en moins de douze heures, dans une seule concession », a-t-il mentionné. « Ce phénomène me rappelle l’époque de l’arrivée de la première Mazda3, qui nous a valu une année record de vente en 2004 ».

Malgré cela, Mazda Canada affirme toujours avoir l’intention d’offrir la Mazda2 en cours d’année 2016, probablement comme modèle 2017. Or, avec l’Oncle Sam désormais hors circuit, le défi de commercialisation et de distribution sera encore plus grand. Rappelons que Mazda doit rivaliser avec des produits comme la Hyundai Accent, la Kia Rio et la Nissan Micra, dont les prix extrêmement agressifs ne laissent que peu de chances pour de nouveaux joueurs.

En contrepartie, Toyota commercialisera dès l’automne une Yaris berline qui dérive directement de cette même Mazda2, que nous étions supposés voir en concession dès cet été. Seuls quelques éléments esthétiques propres à Toyota permettront d’ailleurs d’identifier la voiture comme telle, puisqu’on reconnaît à travers les lignes de cette Yaris une conception typiquement Mazda. D’autre part, hormis le logo se trouvant sur le volant, l’habitacle de la Yaris berline, qui sera aussi vendue chez nos voisins du sud sous le nom de Scion iA, est en tout point identique à celui de la Mazda2. Rappelons que l’association entre ces deux constructeurs pour le développement d’une sous-compacte destinée au marché américain a été conclue l’an dernier.

Personnellement, mon petit doigt me dit que le sort de la Mazda2 au Canada est plutôt incertain. Bien sûr, les prochains mois seront déterminants pour le constructeur, qui devrait connaître un bon succès avec le CX-3. Et si tel est le cas, le regroupement de concessionnaires Mazda des différentes provinces canadiennes pourrait lui aussi se ranger derrière l’opinion de Denis Leclerc, qui ne souhaite tout simplement pas s’embarrasser d’une sous-compacte sur laquelle il faudra dit-il, accorder des rabais, quelques mois après son arrivée.

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