Le grand retour de la fourgonnette - Chroniques

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Le grand retour de la fourgonnette

Le grand retour de la fourgonnette

Il y a quelques semaines à peine, je me trouvais chez un concessionnaire GM de la Rive-Sud de Montréal à discuter avec des représentants qui m’expliquaient à quel point l’absence d’une fourgonnette leur faisait mal. En effet, ces derniers pleurent la disparition de la Chevrolet Uplander, puisqu’il ne se passe pas une semaine sans qu’un client se présente dans le but d’acheter une fourgonnette.

Le même phénomène existe également du côté de Ford, qui a bien sûr connu ses heures de gloire, notamment avec les Aerostar, Windstar et Freestar. Aujourd’hui la réponse de Ford à la fourgonnette se nomme Flex, que très peu d’acheteurs choisissent d’adopter. Pourquoi donc est-ce que Ford et GM s’entêtent-ils à bouder ce marché? Après tout, avec 500 000 ventes annuelles aux États-Unis, et tout près de 80 000 au Canada, ce segment de véhicules n’a rien de marginal.

Bien sûr, il faut comprendre que l’Américain moyen n’est pas amateur de fourgonnettes depuis longtemps. Les sommes colossales englouties par Ford et GM, à éponger de pertes financières encourues par la commercialisation des fourgonnettes, donnent froid dans le dos. On se souviendra que Ford commercialisait par exemple en 2004, une Freestar que l’on vendait officiellement à 30 000$ (à titre d’exemple), laquelle ne valait à peine que la moitié après deux ans de service. La location massive de ces modèles sur 24 mois aura été la cause principale des pertes encourues par Ford, qui après deux ans, devait revendre à perte ses fourgonnettes, beaucoup plus nombreuses sur le marché d’occasion que les acheteurs. Par exemple, après 24 mois, alors qu’une balance d’environ 21 000$ ou 22 000$ devait être couverte pour absorber le manque à gagner d’une unité, on ne réussissait qu’à en obtenir que 14 000$ ou 15 000$ à l’encan. Imaginez ainsi les pertes, considérant que près d’un million de fourgonnettes étaient vendues chaque année à cette époque.

Cela explique donc pourquoi GM et Ford ont quitté le marché. Maintenant, Chrysler a pour sa part choisi de demeurer présent dans ce segment, un choix logique considérant que ce constructeur a littéralement ouvert la voie en 1983 à ce qui était alors un tout nouveau segment. Évidemment, les ventes demeurent aujourd’hui très importantes pour Chrysler dans ce segment, au point où celles de ces modèles (Grand Caravan et Town & Country) constituent au Canada le deuxième en importance du constructeur, après la camionnette Ram. Uniquement en 2015, 54 000 fourgonnettes Dodge/Chrysler trouvaient preneur au pays, et ce malgré leur âge vénérable. Bien sûr, leur prix alléchant explique le succès, mais il n’en demeure pas moins que le côté pratique de ce type de véhicule demeure un incitatif majeur. Du côté de Honda et Toyota, on conserve depuis des années une moyenne d’environ 10 000 unités annuellement au Canada, avec un prix de vente moyen toutefois supérieur à celui des modèles Dodge et Chrysler.

Detroit 2016
Sans contredit, le véhicule le plus médiatisé du dernier Salon de l’Auto de Detroit aura été la nouvelle fourgonnette Chrysler Pacifica (remplaçante de la Town & Country), laquelle a fait énormément jaser. Tous les médias présents sur place ont présenté ce modèle qui visiblement, apportera un nouveau souffle à ce segment de marché. On explique le retour de cette nomenclature (Pacifica) par son association à un véhicule d’abord polyvalent, mais aussi parce que le nom Town & Country demeurait dans la tête de bien des gens, toujours associé à un véhicule traditionnel datant d’une autre époque. Ainsi, comme l’ère des faux panneaux de bois latéraux est révolue, il fallait passer à autre chose.

Bien sûr, Chrysler mise beaucoup sur ce modèle qui pourra pour la première fois recevoir une technologie hybride enfichable, mais qui pourrait aussi bénéficier de la traction intégrale, malgré la présence du système de sièges Stow N’ Go. Évidemment, cette fourgonnette résolument plus moderne que l’actuelle Town & Country ne sera pas offerte à prix d’aubaine comme la Grand Caravan. Voilà pourquoi FCA confirme que la Grand Caravan demeure au catalogue, du moins jusqu’en début d’année 2017. Les concessionnaires auront donc deux gammes de fourgonnettes à offrir cette année, ce qui risque de faire grimper encore davantage leur part de marché.

Évidemment, reste à savoir si le succès de ce modèle sera au rendez-vous, mais puisque le marché de la fourgonnette est maintenant stable depuis plusieurs années, malgré le non-renouvellement des modèles, peut-être assisterons-nous à une relance du segment. Et si c’est le cas, est-ce que d’autres constructeurs comme Ford et GM pourraient être tentés de revenir dans la course? Après tout, la relance du segment des camionnettes intermédiaires par GM et Toyota a incité Ford à songer très sérieusement au retour de la camionnette Ranger...

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