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La voiture autonome qui se pointe à l'horizon

La voiture autonome qui se pointe à l'horizon

Gilles Olivier

8 février 2015

Après des essais plus ou moins convaincants effectués dans les années 80 et 90, sur des voitures que l’on disait autonomes, voici que les recherches reprennent de plus belle, pour ne pas dire qu’elles reviennent à la mode et qu’aujourd’hui, elles impliquent plusieurs grands constructeurs automobiles. Une approche technologique à la fois complexe, des plus intéressantes et surtout très onéreuse.

Mais avant de réaliser et de commercialiser la première voiture autonome qui pourra circuler sur nos routes, il y aura plusieurs étapes à franchir et les manufacturiers devront franchir pas à pas, tous les obstacles qui se présenteront devant eux. À titre d’exemple, il est encourageant de voir le manufacturier américain Ford se faire un point d’honneur d’être aujourd’hui, un chef de file avec son système d’assistance au stationnement (Park Assist), qui permet à la voiture de se garer toute seule. Voilà une phase importante qui est devenue réalité, dans le développement de ces technologies de pointe.

D’autres constructeurs ont développé des technologies qui peuvent en impressionner plus d’un, car à titre expérimental, ils ont conçu des prototypes gérés par un téléphone intelligent, qui vont trouver seuls leur place de stationnement et revenir sans une égratignure vers leur propriétaire. Il s’agit là, que les premiers balbutiements qui vont éventuellement nous amener vers la voiture 100% autonome.

Se faire conduire par sa propre voiture
Ici, on ne parle plus de se faire conduire par un chauffeur privé ou par un chauffeur de taxi, mais bel et bien, par sa propre voiture. Dans le concret, on utilise un système de télédétection par laser (LIDAR), dont la principale caractéristique est de scanner sur 360 degrés, et dans un rayon d’au moins 60 mètres, l’environnement d’une voiture.

Dans la plupart des cas, le système LIDAR s’accompagne de capteurs placés au niveau des pare-chocs afin de détecter les véhicules à l’avant et à l’arrière, tout en permettant de comparer leurs vitesses respectives, face à celles de la voiture qui se conduit toute seule. Ainsi, elle pourra accélérer ou ralentir en conséquence. Un capteur supplémentaire se charge de l’orientation qu’elle doit prendre.

À, toute cette panoplie d’instruments essentiels, viennent s'ajouter des caméras placées à des endroits stratégiques pour qu’elles puissent analyser et interpréter, entre autres,  les lignes au sol ainsi que les panneaux de signalisation et feux de circulation. Les informations recueillies sont dirigées vers un logiciel qui va créer une carte GPS en mode 3D, servant à diriger la voiture, tout en lui permettant d’éviter les obstacles qui vont se présenter sur son chemin.

Une technologie généralement utilisée pour réguler le trafic aérien, désormais appliquée au monde de l’automobile.

Une bonne dizaine d’irréductibles
Pour le moment, nous retrouvons une bonne dizaine de constructeurs qui se sont fait un devoir de développer et d’investir dans cette technologie, dont le but ultime est d'offrir dès 2020, des voitures entièrement autonomes. Parmi ceux-ci, nous retrouvons les marques Audi, BMW, Cadillac, Land Rover, Lexus, Mercedes-Benz, Nissan, Tesla, Volkswagen et Volvo. En plus de ces dernières, nous retrouvons le préparateur suisse Rinspeed qui en a surpris plusieurs à Genève, avec son concept XchangeE, et on ne peut passer sous silence la présence du géant de l’Internet, Google, qui développe sa propre voiture autonome. D’ici là, plusieurs d’entre eux vont offrir des nouveaux modèles de série considérés comme semi-autonomes.

Parmi les principales voitures semi-autonomes et autonomes, nous retrouvons les:

Audi RS7 Piloted Driving Concept
C’est la plus impressionnante, la plus puissante et surtout la plus aboutie de toutes ces voitures autonomes qui s’annoncent. À preuve, son tour chronométré sur le circuit d’Ascari aux nombreuses courbes, qui obligeait régulièrement la voiture à accélérer, à freiner et à accélérer de nouveau, et ce, sans l’aide d’un pilote. Son exploit a duré moins de deux minutes et la voiture a atteint une vitesse maximum de 240 km/h.

BMW i3 et M325i
La marque à l’hélice joue à la fois la carte de la voiture qui est fin prête à se trouver elle-même une place de stationnement et de retourner vers son propriétaire, sans rien heurter, avec une berline i3 à motorisation entièrement électrique. Au dernier Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, une BMW M325i s’est amusée à faire toute seule des glissades contrôlées (drift).

Cadillac « Super Cruise »
Le but avoué de Cadillac est de vendre à compter de 2017, tous ses modèles avec le système « Super Cruise ». Ainsi, on aurait droit à des véhicules semi-autonomes pouvant circuler sans conducteur à bord dans les bouchons sur la route, y compris sur de longs trajets. Malgré cela, les passagers devront demeurer vigilants, si jamais un obstacle inattendu se présente, afin de reprendre le contrôle du véhicule.

La « Google Car »
Après s’être acharné sur des Audi TT, Lexus RX 450h et Toyota Prius semi-autonomes, le géant californien de l’Internet a finalement décidé de concevoir sa propre voiture 100% autonome, suivant les règles de l’approche technologique LIDAR. Le drôle de véhicule n’a ni volant, ni pédale d’accélération ou de freinage. Ainsi, la voiture est entièrement à la merci des capteurs, caméras et logiciels qui l’animent. L’environnement de la « Google Car » se limite aux alentours du complexe industriel de la société de Silicon Valley.

Land Rover Range Rover à l’honneur
Le groupe britannique Jaguar/Land Rover va bientôt se lancer dans la course à la voiture autonome idéale, en collaboration avec des entreprises spécialisées dans le domaine et des organismes gouvernementaux, entre autres, afin d’étudier les aspects légaux de ces nouvelles technologies. L’an passé, un Range Rover semi-autonome     a décroché les grands honneurs du consortium « UK Autodrive », qui valorise toutes les démarches qui visent à produire un jour, le parfait véhicule autonome, tout en espérant que ce soit un modèle d’origine britannique.

Lexus LS Integrated Safety Concept
Depuis plusieurs années, Toyota utilise une Lexus LS comme base pour sa voiture autonome. En fait, chez le manufacturier japonais, on parle d’une berline agissant comme copilote, dont l’élément sécurité est son obsession. La Lexus LS semi-autonome est capable de reconnaître les obstacles qui se placent sur son chemin, afin d'envisager à l’avance les risques de collision, et de pouvoir réagir en conséquence afin de les éviter, sans l’aide de personne.

Mercedes-Benz S500 « Intelligent Drive »
Ne voulant pas être en reste, Mercedes-Benz a conçu et développé son système « Intelligent Drive ». Grâce à l’interconnexion, les systèmes d’aide à la conduite de la berline peuvent ainsi analyser des situations complexes afin de détecter les dangers qui peuvent survenir à tout moment. La nouvelle Mercedes-Benz de Classe C en est pourvue.

Nissan Autonomous Drive
Le constructeur nippon s’est engagé à vendre d’ici 2020 ses premiers véhicules 100% autonomes. Jusqu’ici, ce sont des prototypes LEAF à motorisation entièrement électrique qui ont servi au développement de cette nouvelle technologie. Au Japon, on a même construit un circuit routier spécialement dédié au développement de ces véhicules. Dernièrement, Nissan et la NASA ont conclu une entente pour accélérer leurs recherches sur la voiture autonome.

Rinspeed XchangeE Concept
Outre les constructeurs d’automobiles qui se sont engagés à concevoir des véhicules semi-autonomes ou entièrement autonomes, il y a aussi des petits manufacturiers indépendants et des préparateurs qui s’invitent, dont la société suisse Rinspeed. L’an dernier à Genève, Rinspeed a présenté son concept XchangeE à mobilisation autonome, sur la base d’une Tesla Model S. Une vision de l’habitacle de la voiture, nous montre des passagers virtuels qui se font conduire par leur voiture, leur permettant de lire, de consulter leur téléphone intelligent, leur ordinateur ou leur tablette électronique, et pourquoi pas roupiller, pendant que la voiture nous amène toute seule à bon port.

Tesla Model S P85D
Ici, on ne parle pas du futur, mais bien du présent, puisque cette voiture est actuellement disponible et qu’elle dispose d’un système de pilotage automatique appelé « Autopilot ». Il est composé d’un radar qui lui permet de voir plus clair à travers le brouillard, les pluies torrentielles ou les tempêtes de neige. On retrouve également, une caméra dont la particularité est de reconnaître la signification des panneaux de signalisation ainsi que les feux de position. Elon Musk, le grand patron de Tesla Motors, considère son dernier modèle comme une berline semi-autonome.

Volkswagen et son projet « Temporary Auto Pilot »
Avant de passer en mode entièrement autonome, les ingénieurs du géant allemand de l’automobile ont choisi dans un premier temps de mettre leurs énergies à développer une voiture semi-autonome, basée sur une Passat Variant (familiale). Le projet « TAP » de Volkswagen met en relation le régulateur de vitesse adaptatif et le système de reconnaissance de voie. Ensemble, ils permettent à la voiture de garder le cap sur la route, sans l’aide d’un humain, et ce, à une vitesse de pointe pouvant atteindre les 130 km/h.

Volvo S60 « Drive Me »
Après la technologie « Volvo Auto Parking » qui permet à votre voiture de trouver toute seule une place de stationnement, la marque suédoise revient à la charge avec son approche technologique « Drive Me », qui regroupe une centaine de modèles S60 et V60 servant de cobayes au développement de la voiture entièrement autonome Volvo.


 

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