Coup double pour Ford à Los Angeles : mise à jour de l’Explorer et une nouvelle Mustang Shelby - Actualités

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Coup double pour Ford à Los Angeles : mise à jour de l’Explorer et une nouvelle Mustang Shelby

Coup double pour Ford à Los Angeles : mise à jour de l’Explorer et une nouvelle Mustang Shelby

Luc Gagné

20 novembre 2014

Los Angeles, Californie — L’édition 2014 du premier grand salon nord-américain de l’année, celui de Los Angeles, a ouvert ses portes cette semaine à la presse mondiale et, comme pour les années passées, les nouveautés foisonnent.

Pour tenter de ressortir de la masse, avec autant de dévoilements auxquels vous, lecteurs, tout autant que nous, journalistes, sommes exposés en une très courte journée et demie, plusieurs constructeurs organisent des événements juste avant. Des « avant-avant-premières », si vous préférez.

Ford a emboîté le pas depuis longtemps. En deux journées consécutives, le constructeur de Dearborn nous a exposé à autant de nouveautés importantes pour son porte-folio de produits : un utilitaire Explorer remis au goût du jour et une énième variante de la nouvelle Mustang, qui ranime le nom mythique de Shelby.

Ford Explorer 2016 : plus de luxe et de puissance

L’Explorer n’est pas le véhicule le plus vendu de Ford. Avec environ 200 000 unités produites par années, son importance pour la marque reste naturellement non négligeable. On est quand même loin du trois quarts de million de camionnettes de la Série F qui a été livrée en 2013 aux automobilistes nord-américains. Et puis, il y a l’Escape, la Fusion et la Focus, dont les ventes surpassent actuellement celles de l’utilitaire de taille moyenne.

Mais l’Explorer jouit d’une grande notoriété, qui joue en sa faveur. Après tout, il existe depuis la fin de 1990 et cinq générations se sont succédé depuis son apparition. Le modèle 2016 constitue une mise à jour de la dernière génération, qu’on avait découverte à la fin de 2010. La présence du nouveau modèle à Los Angeles coïncidait donc avec un 25e anniversaire qu’on a mentionné quelques fois, mais il n’y avait ni gâteau, ni ballon...  

Le constructeur préférait visiblement mettre en valeur l’importance commerciale de ce véhicule. C’était d’ailleurs le point de départ de la présentation de Jim Farley, vice-président exécutif responsable du marketing de Ford, qui nous a fait l’éloge de l’Explorer dans une avant-avant-première organisée dans un petit studio de tournage loin des regards, dans le quartier des Arts de Los Angeles. À ses yeux, cet utilitaire dessert une clientèle importante dans un créneau tout aussi important. Un créneau dont les ventes ont augmenté de près de 90 % depuis 2008 en Amérique du Nord. Un créneau qui, selon M. Farley, générera le tiers des ventes de la marque d’ici 2020.

Pour faire en sorte que l’intérêt des acheteurs envers l’Explorer demeure aussi important, le constructeur mise sur trois de ses aspects critiques : son esthétique, qui a été remise au goût du jour, l’apparition d’un nouveau moteur EcoBoost à haut rendement et, finalement, la création d’une nouvelle version Platinum qui, par sa dotation qualifiée de superlative, devrait attirer une clientèle bien nantie qui a jusqu’ici ignoré l’Explorer.

L’Explorer 2016 conserve une architecture que partagent le Ford Flex et le Lincoln MKT, et dont les origines remontent à des produits Volvo comme le XC90 original. Quant à sa silhouette, elle change surtout au niveau de la calandre avec le dessin des blocs optiques. 

Le nouveau modèle reprend deux moteurs utilisés pour les versions 2015. Les versions de base, XLT et Limited recevront le V6 atmosphérique de 3,5 litres et une boîte automatique SelectShift à six vitesses. Le constructeur n’a pas précisé ses cotes. La version 2015 produisait 290 ch et 255 lb-pi de couple.

Les deux versions les plus cossues, les Explorer Sport et Platinum, seront quant à eux livrées avec un V6 EcoBoost suralimenté de 3,5 litres livrant environ 365 ch et 350 lb-pi de couple. Il sera jumelé également à une boîte automatique à 6 rapports dont le mode manuel pourra être exploité à l’aide de palettes de changements de rapports montées derrière le volant.

Ford a, par ailleurs, choisi de remplacer le 4-cylindres EcoBoost de 2,0 litres par un moteur plus puissant : une variante du moteur de 2,3 litres offert pour la Mustang 2015. Selon Ford, ce moteur livrera « environ 270 ch et au moins 300 lb-pi de couple », ce qui représente des gains de 13 et 11 pour cent respectivement par rapport au moteur de 2 litres. Il sera proposé pour les versions de base, XLT et Limited, et permettra le remorquage de charges atteignant 1 361 kg (3 000 lb).

Dotation plus sophistiquée
Pour titiller les acheteurs, le constructeur met en valeur de nouveaux équipements d’aide à la conduite plus sophistiqués à commencer par un dispositif d’assistance au stationnement capable d’effectuer des manoeuvres, non seulement parallèles, mais aussi perpendiculaires. Un duo de caméras grand-angulaires (180 degrés) montées à l’arrière et à l’avant figure également au catalogue d’accessoires du nouvel utilitaire. « Les acheteurs nous disaient que le haut capot de ce véhicule les empêchait de voir les obstacles se trouvant à l’avant. La nouvelle caméra avant résoudra ce problème », nous a expliqué Arie Groeneveld, l’ingénieur responsable du développement du nouvel Explorer.

Un hayon à ouverture assistée activée par le mouvement d’un pied, comme sur l’Escape, sera également offert.

En outre, la nouvelle version Platinum se distinguera par la dotation la plus riche jamais offerte pour un Explorer : cuir Nirvana exclusif, finition intérieure en bois et en aluminium brossé, toit vitré panoramique, roues en alliage de 20 pouces exclusives, etc. Cette nouvelle version recevra aussi une nouvelle chaîne audio Sony de 500 watts et une calandre exclusive à feux de jour à DEL. Pour distinguer cette version, son volant sera même orné d’un ovale Ford en aluminium brossé (sans couleur), une première pour la marque.

L’Explorer 2016 au Canada
Au Canada, Ford offrira des Explorer à deux roues motrices. La version de base sera offerte à partir de 32 499 $ et la version XLT, à partir de 36 499 $.

Le constructeur offre plus de variété pour les modèles à quatre roues motrices, que les acheteurs choisissent à hauteur de 60 %, nous a dit Arie Groeneveld. Au Canada, cela représente cinq niveaux de dotations : de base (35 499 $), XLT (39 499 $), Limited (47 399 $), Sport (49 999 $) et Platinum (57 999 $).

L’Explorer sera toujours assemblé à l’usine Ford de Chicago, qui alimente les marchés nord-américains depuis l’arrivée de la cinquième génération. Depuis 2013, cette usine exporte aussi des véhicules vers la Chine. En outre, cet utilitaire est également assemblé en petites quantités, à partir de « kits », dans des usines au Venezuela et au Tatarstan, en Russie. 

Les Explorer 2016 feront leur entrée dans les salles d’expositions des concessionnaires canadiens durant l’été 2015. Ils suivront les nouveaux utilitaires Edge 2015, lancés au début du printemps.

Ford Shelby GT350 : beau joujou pour les nostalgiques

Les dévoilements grandioses se font de plus en plus rares. L’avant-avant-première de la Ford Shelby GT350 à laquelle nous avons assisté en Californie en atteste.

Dans un entrepôt vide, qui abritera bientôt le Musée Carroll Shelby à Gardena, en banlieue de Los Angeles, les gens de Ford avaient réuni une poignée de journalistes locaux et étrangers. Sans doute pour rehausser un peu l’atmosphère, quelques dizaines de propriétaires de Shelby modernes et anciennes étaient également présents, leurs rutilants bolides constituant une collection bigarrée dans le stationnement extérieur. En outre, six GT350 1965 — le modèle original — et quelques rares affiches constituaient un maigre décor à l’intérieur de cet environnement sombre et dégarni.

Puis, la présentation du nouveau bolide a débuté, d’abord avec une allocution de John Hinrichs, vice-président de Ford et président de la grande région des Amériques. Mal éclairé, il était toujours aussi vivant et intéressant. Après quelques minutes, le monstre a finalement surgi de derrière des rideaux... à très basse vitesse, son pilote devant exécuter un dérapage bien contrôlé sur un plancher de béton lisse entre des colonnes d’acier qui ne laissait de place à aucune erreur. Après tout, abimer ce qui semblait être le seul prototype de cette voiture n’aurait pas été très médiagénique !

Le bolide blanc aux doubles rayures bleues traditionnelles « nord-sud » s’est immobilisé devant la petite foule qui n’a pas applaudi à tout rompre. Les gens de Ford avaient-ils omis de « réchauffer la salle » avant l’arrivée des journalistes ? Il me semble que des proprios de Shelby auraient pu exprimer un enthousiasme plus intense.

Jim Farley, qui a débarqué de la voiture, y est allé de commentaires sur la voiture. Rivé aux télésouffleurs, ses hésitations trahissaient un manque de préparation. Le voyage de Detroit à L.A. avait peut-être été éprouvant.

Attirer de nouveaux acheteurs
Selon M. Farley, Shelby GT350 vise une clientèle que la Mustang n’a pas : les acheteurs de sportives capables de performer aussi bien sur la piste que dans la rue. Après tout, cette nouvelle Shelby va remplacer la Mustang Boss 302.

Pour y arriver, on a doté ce coupé d’un moteur atmosphérique. Il s’agit d’un nouveau V8 de 5,2 litres doté d'un vilebrequin à plan transversal, une architecture typique aux voitures de course, une conception qui permet d'obtenir une meilleure circulation des gaz dans les cylindres, ce qui contribue aux performances du moteur.

Le constructeur obtient ainsi le moteur atmosphérique le plus puissant de son histoire. Le V8 de la Shelby produira plus de 500 ch et plus de 400 lb-pi de couple. Il sera jumelé à une boîte manuelle à six vitesses et un différentiel à glissement limité Torsen (de série) a été prévu.

Par rapport à la nouvelle plate-forme de la Mustang, qui bénéficie d’une rigidité torsionnelle accrue de 28 pour cent, celle de la GT350 le sera davantage grâce, entre autres, à une ouverture de calandre et à un raidisseur de tourelles d'amortisseurs en composite de fibres de carbone. De plus, la voie avant a été augmentée et la hauteur de la suspension a été réduite par rapport à celle d’une Mustang GT et elle sera naturellement plus ferme. Cette voiture sera d’ailleurs la première chez Ford à utiliser la suspension MagneRide à amortissement piloté.

La GT350 aura des roues en alliage de 19 pouces chaussées de pneus Michelin Pilot Super Sport. Après tout, le credo de ce bolide, c’est la piste, la piste et encore la piste. Du moins, si l’on se fie aux affirmations des présentateurs.

Le nouveau capot en aluminium à prise d’air fonctionnelle est plus bas et plus incliné, comparativement à celui de la Mustang. Il doit améliorer le profil aérodynamique de la GT350 et son comportement, à l’instar du bouclier avant redessiné et le diffuseur arrière.

Cela dit, cette prétendue réincarnation du 21e siècle d’une Shelby des années 60 créée spécifiquement pour la course ne présente pas le même intérieur spartiate comme en témoignent ses sièges sport Recaro en tissu auxquels peuvent se substituer des sièges en cuir à commande électrique, ou encore cette chaîne Shaker Audio doublé d’un écran tactile ACL de 8 pouces avec fonction MyFord Touch, ou ce climatiseur à double zone. Dans la poignée de Shelby GT350 construite en 1965, la sonorisation était assurée par le V8 musclé de 4,7 litres qui les animait !

Le constructeur n’a pas annoncé de prix, de date de commercialisation, ni combien d’exemplaires de ce modèle seront produits. Il n’a même pas soulevé le capot du prototype qu’il nous a dévoilé. Ce n’était donc que le premier chapitre d’une histoire qu’il reste à écrire. 
 

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