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Le passionné contre la voiture électrique

L’univers de l’automobile a donné naissance à des générations entières de passionnés d’automobiles. Comment prennent-ils le virage vers l’électrification ?

William Clavey

Si vous visitez ce site, il y a fortes chances que l’automobile vous interpelle. Certains d’entre vous sont sans doute même des passionnés ou des propriétaires d’un bolide quelconque sur lequel ils ont une histoire mémorable à raconter.

Mieux encore, certains d’entre vous y ont entrepris une carrière qui a transformé leur passion en gagne-pain. C’est du moins ma réalité car, comme vous, je suis un mordu de voitures depuis ma tendre enfance.

Alors. Ce virage vers l’électrique, parlons-en. Vous le prenez comment ?

Comment expliquer une passion ?

Une passion peut se manifester à tout moment dans la vie. Elle se rattache parfois à des émotions très fortes en lien avec des événements symboliques. La passion se renforcera dans l’éventualité où l’individu s’y sentira épanoui et talentueux.

En remontant dans mes souvenirs les plus lointains, c’est à mon père que j’associe ma passion pour l’auto. Papa avait toujours un projet automobile quelconque. Je me souviens de sa Ford EXP – oui une Ford EXP – mue par un moteur d’Escort GT. Ou de sa Mustang 1968 à moteur V8 351 Cleveland qui réveillait tout le cartier quand il la démarrait. J’ai adoré sa Dodge Stealth R/T qu’il m’avait prêtée pour mon bal des finissants à l’été 2000.

La passion pour l’automobile se manifeste certes par de beaux souvenirs, mais fondamentalement elle nécessite un intérêt pour ce domaine. Par exemple, j’apprécie l’automobile pour son ingénierie, son design, la relation de ses performances par rapport aux lois de la physique, sa conception, sa commercialisation et les émotions qu’elle véhicule.

Car après tout, si l’humain n’avait besoin que de se rendre du point A au point B, nous roulions tous dans des boîtes carrées, sans couleur et sans saveur.

Étant des êtres émotifs qui doivent se sentir appréciés, acceptés et stimulés, nous avons développé une relation avec ces machines au point d’en faire des objets sociaux et émotifs. C’est ce qui explique la grande variété de modèles sur le marché, de couleurs, de formes et de prix.

On aime l’auto parce qu’elle a une personnalité, une forme, une odeur et une sonorité. On apprécie la complexité de sa mécanique, les heures passées à tenter de comprendre un mauvais fonctionnement, pour finalement le régler afin que tout fonctionne dans la même synchronicité qu’une horloge.

L’auto nous permet de nous évader, de nous enfuir, de rêver. D’aller voir ailleurs si nous y sommes, de transporter nos êtres chers vers les passions qui les allument eux aussi ou même aller à leur rescousse.

Enfin, l’automobile comme on la connaît ressemble beaucoup à l’être humain. Elle a un visage, un cœur et des organes. Elle nécessite de l’oxygène, doit être alimentée en énergie et réagit aux changements atmosphériques. Elle respire, parle, grogne, vibre et pète. L’automobile est vivante.

Une relation avec l’essence

Certains pourraient donc voir l’arrivée de l’électrification comme une menace à leur passion. L’électrification fait transformer l’auto en un objet hautement numérique, contrôlé par des logiciels et, la plupart du temps, à distance.

Fini la liberté mécanique, les moteurs qui font du bruit, l’odeur d’essence et d’huile. Les vibrations, les réglages de la motorisation, les boîtes de vitesses, les embrayages, les pistons et les différentiels. On jette tout cela par la fenêtre.

En effet, l’auto électrique altère complètement notre relation avec l’automobile, cette longue histoire d’amour qui perdure depuis plus d’un siècle et qui a traversé une multitude de bouleversements, comme des guerres, des crises économiques et des pressions provenant d’agences environnementales. La pandémie de COVID-19 a certainement été l’épreuve la plus difficile pour cette industrie.

Mais malgré mon amour et mon respect pour la mécanique, plus je découvre les nouveaux modèles électriques, plus je constate à quel point ma passion peut très bien persister sans la présence du pétrole. En fait, je réalise que ce qui est plutôt menacé, ce n’est pas ma relation avec l’automobile. C’est ma relation avec l’essence.

La période difficile

L’époque que nous traversons me fait penser aux années malaises de l’industrie de l’automobile américaine, quand les véhicules étaient étouffés pas des systèmes antipollution entre les années 1973 et 1988. Ç’aura pris presque 20 ans, jusqu’au début des années 1990, pour que les constructeurs finissent par surmonter les défis associés aux restrictions.

Autrement dit, nous traversons la période difficile de l’évolution de la voiture électrique. On doit faire des compromis, comme attendre à une borne de recharge ou parcourir de plus courtes distances en hiver, par exemple. On n’aime pas le fait qu’il n’y ait pas de sonorité, de feeling en la conduisant.

Mais tout cela n’est que temporaire car, comme l’ingénierie nous l’a démontré par le passé, elle se pointera tôt ou tard avec une nouvelle patente technologique qui aura réglé ces problèmes.

Adapter sa passion

Cette semaine, je conduis un Jaguar I-PACE, un VUS électrique de luxe hautement performant, attrayant et concurrentiel malgré son jeune âge. Certes, il n’est pas donné – mon exemplaire coûtait plus de 100 000 $ –, mais son look est superbe, il est maniable, pourrait pulvériser une Ford Mustang GT dans une course d’accélération et, surtout, il est amusant à conduire !

Je me dis que son seul défaut c’est qu’il n’a pas la sonorité enivrante d’un moteur V8, par exemple. Mais Jaguar lui a programmé une sonorité futuriste que j’adore. Tout est numérique et faux. Mais ce n’est pas grave, car c’est plaisant !

Ma passion s’est donc adaptée aux autres plaisirs que procure la voiture électrique : silencieuse, précise dans son comportement, hautement technologique et, surtout, moins coûteuse à faire fonctionner.

C’est donc en débarquant de ce félin électrique que j’ai observé une de mes voitures à essence, une MINI Cooper 2006. Je me questionne sérieusement à savoir si j’ai éprouvé plus de plaisir au volant de ce Jaguar que dans ma vieille minoune que je conserve en raison de ses propriétés « analogiques ».

La réponse, c’est oui, car finalement, ce n’est que de la tôle. L’automobile électrique ne menace absolument rien, si ce n’est que rendre notre civilisation plus efficace énergétiquement et évidemment, moins polluante.

J’accueille donc l’arrivée de l’électrification les bras grands ouverts car, en plus de permettre à l’automobile d’exister dans un monde plus durable, je suis confiant qu’elle continuera de nourrir les passionnés pendant plusieurs années encore.


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